Les « cinq réponses à Mori Diané » récemment publiées de longue main par Kassus Dioubaté dans la presse en ligne appellent cinq répliques irréfutables. Les voici.

  1. Non, Kassus Dioubaté n’a pas 60% des actions de K-Énergie et n’en est pas le fondateur

À la création de la société K-Énergie, qui installera une centrale thermique à Coronthie pour venir en appui à la société publique guinéenne d’énergie EDG (Électricité de Guinée), Kassus Dioubaté n’est dès le départ qu’un simple démarcheur : il n’y apporte ni sous ni équipements ni savoir-faire. Les documents parlent plus haut que ses affirmations gratuites.
D’une part, le contrat entre K-Énergie SA et l’État guinéen, daté du 30 juillet 2014, est signé pour K-Énergie par Sam Zormati, en sa qualité de représentant de la compagnie américaine Miami Capital Holding Corporation (actionnaire majoritaire) et pour l’État guinéen par Nava Touré (DG d’EDG), Idrissa Thiam (ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique) et Mamadi Condé (DG de l’ACGP). Le contrat est immatriculé le 1er août 2014 à la direction générale des Marchés publics, représentant le ministère de l’Économie et des Finances. Nulle part n’apparaît le nom de Kassus Dioubaté, qui se dit pourtant fondateur de K-Énergie et actionnaire majoritaire (voir document 1 ci-dessous).

D’autre part, Sam Zormati est le représentant officiel de la compagnie américaine Miami Capital Holding Corporation qui est l’actionnaire majoritaire de K-Énergie. Cette compagnie est liée par un contrat à Miami Capital Group, propriétaire des turbines fabriquées par la société américaine PW Power Systems. C’est en cette qualité que Sam Zormati a signé le contrat entre K-Énergie et l’État guinéen. Ni Miami Capital Group ni PW Power Systems n’a vu Kassus Dioubaté en peinture lors des tractations.
Donc ni l’État ni le fabricant des turbines n’a un contrat de quelque nature que ce soit avec Kassus Dioubaté. Sa signature n’apparaît sur aucun document officiel (authentique) qui pourrait le lier à l’un ou à l’autre. Comment peut-il alors prétendre que non seulement il est le fondateur et l’actionnaire majoritaire de K-Énergie mais aussi que les turbines lui appartiennent. Qu’il excipe donc de ses titres de propriété et les soumettent à l’authentification à la source ! Ça vaudrait mieux que mille gesticulations dans les médias.

  1. Non, Kassus n’a ni emprunté ni remboursé 51 millions de dollars à UBA

Le prêt de 51 millions de dollars à la banque UBA pour lequel Kassus Dioubaté s’est juste porté caution et qui a permis l’installation et le fonctionnement de la centrale thermique de Coronthie a été intégralement remboursé par la société et non par Kassus Dioubaté. Expert en procès contre ses propres partenaires pour les gruger, il a perdu en deuxième instance lorsqu’il a voulu obtenir une saisie conservatoire sur l’une des trois turbines installées (voir document 2 ci-dessous : extrait de l’arrêt de la cour d’appel de Conakry rétractant la saisie conservatoire).

Kassus joue sur la confusion suggestive de la lettre K dans la désignation de la société K-Énergie pour faire croire au K désigne Kassus. Mais il n’en est rien. Dans la législation internationale en matière de performances énergétiques contre le réchauffement climatique et l’émission de gaz à effet de serre, des coefficients allant de la lettre A à la lettre G sont affectés aux différents niveaux de valeur. Il y a ainsi une E-énergie, une K-énergie, etc.
D’ailleurs, dans un arrêt de la cour d’appel de Conakry, en date du 21 novembre 2016, les appelantes sont les sociétés K-Énergie et Miami Capital Group Corporation et l’intimé est « Monsieur Ibrahima Kassus Dioubaté ». Comment Kassus pourrait-il être à la fois appelant (puisqu’il s’identifie à K-Énergie) et intimé ? Autrement dit, comment pourrait-il interjeter appel contre lui-même ? La vérité est qu’il y avait d’un côté les deux sociétés K-Énergie et Miami Capital Group Corporation dûment liées par un contrat, dont Kassus n’est pas partie prenante. En face des deux il y avait lui et il s’échinait à s’approprier leurs biens à travers une magouille judicaire menée en première instance et cassée en appel (voir document 3 ci-dessous).

La confusion savamment entretenue par Kassus entre K-Énergie et sa propre personne est donc clairement levée. Kassus Dioubaté n’est ni fondateur ni actionnaire majoritaire ni représentant légal de K-Énergie. On l’avait juste nommé directeur général adjoint en récompense de ses démarches administratives et bancaires. Pour celles-ci, la société lui avait également versé 7 millions de dollars. Est-ce peu pour un simple démarcheur ? Pour lui oui, car on lui a donné la main et il a voulu prendre tout le bras en cherchant à accaparer et la société et les turbines à travers des procès interminables. C’est toujours son comportement final avec ses partenaires.
Après ces récompenses, les statuts harmonisés du 12 juin 2015 lui ont accordé gratuitement un statut d’actionnaire minoritaire détenant 1% du capital (voir document 4 ci-dessous).

Où est la preuve de toutes ses prétentions dans les médias ? Ce ne sont qu’affirmations gratuites ! Ne vous étonnez pas qu’il publie très prochainement de nouveaux faux documents (dont il a le secret) pour semer encore la confusion.

  1. Non, Mori Diané n’a rien à voir avec K-Énergie

L’État n’a fait appel à l’entrepreneur Mori Diané que bien après la mort de la société K-Énergie survenue par les propres défaillances de Kassus Dioubaté envers la compagnie Miami Capital Group, seule et unique propriétaire des turbines installées dans la centrale thermique de Coronthie. Directeur général adjoint, il percevait l’argent que l’État guinéen payait pour l’achat de l’énergie fournie à EDG par K-Énergie mais il ne payait pas régulièrement les redevances locatives dues à Miami Capital Group pour ses turbines. Ainsi des millions de dollars ont été détournés. Face à ses multiples défaillances, Miami Capital Group et sa partenaire Miami Capital Holding Corporation ont retiré leurs billes du jeu, la centrale a été arrêtée et la société K-Énergie a disparu. Tuée et enterrée par Kassus lui-même. C’est lui qui a fait fuir les deux investisseurs.
La centrale est restée longtemps à l’arrêt. Cependant, l’État guinéen avait besoin des dizaines de mégawatts qu’elle produisait. Pour sa connaissance du monde des affaires américain, Mori Diané, établi aux États-Unis où il dirige plusieurs entreprises qu’il a fondées, a alors été sollicité par l’État. Miami Capital Group et Miami Capital Holding Corporation ne voulaient plus entendre parler de la Guinée et avaient hâte de rapatrier leurs équipements. Kassus était comme Adam chassé du paradis par sa propre faute. Il s’est rendu au domicile de Mori Diané avec des personnes (que, par respect, nous ne nommerons pas). Il s’est présenté à lui comme le fondateur de K-Énergie trahi par des étrangers. Il s’est lamenté et a joué sur la corde sensible. Mori Diané, face aux dires de son jeune compatriote, a voulu y voir clair avant de s’engager. Mais ses investigations ont vite mis à nu les défaillances de Kassus Dioubaté et il a buté sur une décision ferme de ses partenaires : ils ne voulaient plus travailler avec cet homme. Ce sont des Américains, on comprend bien qu’ils ne transigent pas avec les principes.
Que restait-il d’autre à faire pour Mori Diané face aux instances de l’État guinéen et au refus catégorique des partenaires majoritaires de K-Énergie (98% des actions) de continuer à travailler avec leur démarcheur Kassus Dioubaté ?  Eh bien, renégocier avec eux et relancer la centrale, comme le lui demande l’État, afin qu’EDG ne soit pas privée des précieux mégawatts fournis par leurs turbines électriques. C’est ce qu’il a fait tout naturellement. Ainsi est née la Guinéenne d’énergie (GDE), qui a signé un contrat avec l’État guinéen le 12 janvier 2017, plusieurs mois après la disparition de K-Énergie (voir documents 5 et 6 ci-dessous).

Depuis 13 mois et demi, la GDE fournit régulièrement ses quotas d’énergie à EDG, de surcroît à un prix concurrentiel par rapport à la moyenne sous-régionale (cf. le Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA)). La centrale de Coronthie tourne cette fois à la grande satisfaction des partenaires : l’État guinéen, Miami Capital Group et Miami Capital Holding Corporation.
Kassus, dépité et furieux à la fois contre lui-même (dans son for intérieur) pour sa cupidité insensée mais aussi contre son ‘’tonton Mori’’ qui lui a ‘’préféré’’ l’État et l’opportunité d’entreprendre en Guinée, s’est lancé dans une campagne judiciaire et médiatique fondée sur le mensonge et les faux documents, visant à salir des opérateurs sérieux et à usurper des turbines qu’il n’a ni commandées ni achetées ni installées.
La vérité c’est que Kassus présente de faux documents aux juridictions guinéennes et donne une version fallacieuse des faits dans le but d’induire en erreur les magistrats et en obtenir des arrêts iniques.

  1. Non, Kassus Dioubaté n’a été trahi par personne, il est victime de lui-même

Passons les épithètes vulgaires lancées à Mori Diané et à Sam Zormati dans l’article commandité par Kassus Dioubaté, ainsi que les qualités mirifiques dont le signataire, caché sous la fictive appellation « le collectif des journalistes investigateurs », l’affuble (« patriote », « pétri de talents », « moralité irréprochable », etc.) pour le présenter en victime d’un complot à l’échelle internationale et en jeune entrepreneur bon, naïf et innocent qui n’a pensé qu’à servir son pays pour se voir finalement dépouillé et mis sur la paille. Ne faisons pas de la projection psychologique : tout le monde sait qui trahit qui en affaires. Disons aussi qu’en business on n’agit pas par patriotisme, on saisit des opportunités. Si des affaires, en plus de leur homme, servent le pays, tant mieux, mais le patriotisme n’en est jamais la motivation première. Il ne faut pas prendre les gens pour des crétins !
Passons aussi les paragraphes de l’article qui suivent l’intertitre « Kassus Dioubaté a bien remporté des procès contre Zormati et Cie ». Pour ce qu’il en est, il suffit de lire la toute récente riposte sur la presse en ligne guinéenne et internationale de John E. Mills, le communicant attitré de Sam Zormati. Ça remet les choses à l’endroit.
Cliquer sur le lien http://www.africaguinee.com/articles/2018/02/25/affaire-k-energie-kassus-invente-les-faits-dementent ou, pour aller vite, écouter sur YouTube https://m.youtube.com/watch?v=uui3ROpzMUQ

  1. Non, les turbines de la centrale de Coronthie n’appartiennent pas à Kassus Dioubaté

Pour terminer et ruiner toute prétention de propriété de Kassus Dioubaté sur les machines de la centrale thermique de Coronthie, le lecteur voudra bien retenir une bonne fois pour toutes qu’une juridiction américaine (la cour du district de Maryland) s’est définitivement prononcée sur la question. Selon les termes de la décision judiciaire américaine (qui met expressément certains en majuscules), le fabricant « PW Power Systems, Inc. est LIBÉRÉ comme dépositaire suppléant de la Chose (les turbines). La Chose est remise à Miami Capital Group Corp. K-Énergie et Ibrahima Kassus Dioubaté sont ENJOINTS DÉFINITIVEMENT de s’abstenir d’interférer avec le titre que Miami Capital Group Corp a sur la Chose ni avec sa possession. »
Lire le jugement en ligne sur le site du tribunal américain en cliquant sur le lien :
https://www.pacermonitor.com/public/case/20467708/Atlantic_Container_Line_AB,_et_al_v_Tangible_Personal_Property_known_as_Used_Unpacked_Vehicle_s_Electric_Power_Turbine_in_2_Parts_Control_Room_Trailer_General,_et_al
Voici une copie intégrale de l’arrêt suivie de sa traduction officielle en français (documents 7, 8, 9 et 10) :

Les États-Unis ne sont quand-même pas une république bananière, où la justice c’est foulée aux pieds par des magistrats stipendiés qui négocient avec une partie et lui vendent leurs ordonnances. On ne peut donc pas douter de l’impartialité de l’arrêt déboutant Kassus Dioubaté et affiché sur le site du tribunal.
Voilà qui devrait clore ce regrettable feuilleton médiatico-judiciaire produit par Kassus Dioubaté. Cette malheureuse campagne ternit l’image de la justice guinéenne et nuit à l’investissement étranger dans le pays. À n’en pas douter, elle décourage l’afflux de capitaux occidentaux vers la Guinée, car tout se sait aujourd’hui sur la toile.
Une chose est sûre, en violant la loi américaine en Guinée, par son refus d’obéir à l’injonction de la cour de Maryland qui lui interdit toute réclamation, Kassus Dioubaté s’est rendu ipso facto persona non grata aux États-Unis. Et cela est une autre paire de manches.
Par le Collectif de journalistes pour la sécurisation de l’investissement en Guinée