Francis Haba, vice-président du parti UGDD a accordé cette semaine aux sites d’informations générales notamment, Aminata.com et Justinmorel.info. Au cours de laquelle, ce jeune politicien s’est largement exprimé sur certains sujets brulant  marquant l’actualité dans la cité à savoir, la célébration de l’an 60 de l’indépendance de la Guinée, la destination du président de la cour constitutionnelle Kélèfa Sall en faveur de Mohamed Lamine Bangoura et tant d’autres sujets abordés.   

Aminata.com/justinmore.info : Votre impression  sur l’an 60 de l’indépendance  de la Guinée ?

Francis Haba : La Guinée a effectivement fêté les 60 ans de son indépendance. C’est une fierté nationale et c’est une fête qui doit être honorée fond à comble.

Naturellement, les militants de l’UGDD, certains étaient à l’organisation. Partout à l’intérieur du pays, les guinéens ont fêté.

Ils ont rendu hommage aux pères de l’indépendance, s’agissant,  de Sékou Touré, Barry Diawadou, Telly Diallo et tant d’autres. Par ailleurs, en rendant hommage à ces pères fondateurs, il faut que les guinéens et le gouvernement aient le courage de poser un véritable diagnostic concernant le développement socio-économique du pays.

Que s’est-il passé depuis 60 ans ? Sommes-nous fiers de notre développement économique, social et technologique ? Je dis non parce que si nous jetons un regard sur la gestion pendant la première République, disons qu’elle a été un peu empêchée par certaines puissances coloniales qui  n’étaient pas favorables à cette indépendance de  la Guinée.

Je veux dire qu’il faut regretter les exécutions sommaires sans justice. Je me souviens, on nous a appris pendant qu’on était enfant que l’un de nos frères Niankoé Samoé, étant un éminent compagnon de cette même indépendance a été malheureusement éliminé juste quelques mois de cette souveraineté.

Nous nous posons la question jusqu’à présent pour savoir ce qui s’est passé. Alors est-ce que le guinéen a aujourd’hui le courage de poser ce diagnostic-là, afin de penser que les fils du pays doivent se donner la main et développer leur nation  parce que jusqu’à présent, vous sentez que les guinéens sont profondément divisés.

Pendant que certains  fêtent l’indépendance, il y a d’autres qui pleurent encore leurs morts parce que naturellement, ils ont des parents qui ont été éliminés sans justice dans cette première République.

Il faut aussi saluer l’organisation de ces festivités de l’an 60 de l’indépendance de la Guinée qui a été faite sous le contrôle vigilant du président Alpha Condé, En ce sens que les guinéens ont pu  rendre hommage aux différents défilés.

Même s’il faut noter quelques failles parce que le défilé civil était un peu catastrophique. Nous à l’UGDD, nous nous sommes posé le diagnostic et nous serons prêts dans les années à venir à participer à la gestion de notre pays pour que la Guinée puisse sortir enfin  de l’ornière.

Aminata.com/justinmorel.info : Pour vous, depuis l’an 60 de son indépendance, la Guinée en a tiré profit dans le cadre de son développement     socio- économique ?

Francis Haba : Je vais dire que c’est dommage parce que les choix politiques et économiques qui ont été faits dans la première République, n’ont pas véritablement donné tout l’espoir que le peuple de Guinée attendait.

On se souvient que tous les pays qui se sont tournés vers le régime socialisme, n’ont pas réussi à véritablement se développer  sur le plan socio-économique et politique  comparativement aux pays qui ont épousé  le libéralisme et par plus ou moins la démocratie. Et ces pays-là sont aujourd’hui devant nous.

Aminata.com/justinmorel.info : Malgré certaines  pressions protestant contre la destitution de KelefaSall, Alpha Condé a finalement confirmé son successeur, Mohamed Lamine Bangoura.  Quel en est votre avis ?

Francis Haba : Les conseillers de la cour constitutionnelle  devraient franchement avoir pitié de la population parce que les leaders des partis politiques, de la société civile et certains juristes éminents ont dénoncé sans détour cette violation flagrante de la constitution relative à cette cour.

Je me dis que cet entêtement de ces conseillers est une fuite en avant. En ce sens qu’ils devraient normalement suivre les procédures de destitution qui sont prévues par nos lois.

Je ne sais qu’est-ce qui se passe là-bas, mais je pense qu’il faut que la société civile se lève et les partis politiques d’opposition continuent de mettre  la pression afin que ces lois au niveau de la cour constitutionnelle soient respectées parce qu’une cour constitutionnelle qui est illégale, je ne sais pas comment notre président de la République va être élu dans deux ans.

Alors que c’est qui  la cour constitutionnelle qui valide la prestation de serment du président de la République. Ceci dit puisque c’est des éminents juristes qui ont eu le courage de dire au peuple de Guinée qu’ils se sont  trompés et de revenir  sur leur décision. Mais, malheureusement, ils n’ont pas été entendus par ces conseillers de cette cour  et le président de la République, le Pr Alpha Condé qui d’ailleurs, a pris un acte présidentiel pour confirmer l’élection de Mohamed Lamine Bangoura à la tête de cette institution aussi stratégique pour le pays.

A cet effet, je m’en vais vous dire  que c’est une nouvelle crise  serrée qui s’annonce à l’horizon dans le pays.

Aminata.com/justinmorel.info : les élections législatives et les présidentielles de 2020  se dessinent à l’horizon. Dites-nous si votre parti en serait prêt à être au rendez-vous ?

Francis Haba : Effectivement, notre président est décédé, malheureusement après les élections présidentielles de 2015, cela  fait déjà plus de deux ans.

Nous continuons à faire développer notre parti politique et nous effectuons des tournées à l’intérieur du pays. Personnellement avec certains militants, nous avons prévu la semaine prochaine, de nous rendre  en Guinée forestière pour redynamiser nos structures et, pour leur dire de s’apprêter pour les futures élections législatives et présidentielle de 2020.

Nos statuts et règlements intérieurs donne la possibilité au bureau politique national d’élire un président par intérim en n attendant qu’on organise un grand congrès. Si nous n’avons pas la possibilité d’organiser un congrès dans les règles de l’art dans les mois à venir, nous allons nous réunir au sein du bureau politique national,  nous allons élire un président par intérim qui va conduire les structures jusqu’en éventuel congrès avant les législatives ou alors qui va conduire l’UGDD lors des prochaines élections législatives.

Interview réalisée par Ibrahima S Barry pour Aminata.com et Léon Kolié pour JMI

Tel: (+224) 656 77 52 34

 

 

 

 

 

 

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