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Takana Zion charge Elie Kamano : « Trop, c’est trop… »

Takana Zion, la colère en étendard

Takana Zion charge Elie Kamano : « Trop, c’est trop… »

La scène musicale guinéenne est secouée par un nouveau clash retentissant entre deux figures emblématiques du reggae : Takana Zion et Elie Kamano. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Takana Zion a vertement critiqué son ancien complice, aujourd’hui exilé, l’accusant à la fois d’irrespect envers le président Mamadi Doumbouya et de mauvaise gestion d’un fonds public. Décryptage d’un duel qui dépasse largement les frontières de la musique.

Takana Zion, la colère en étendard

C’est un Takana Zion visiblement agacé qui s’est exprimé dans une vidéo de 17 minutes, dénonçant avec virulence les agissements de son compatriote Elie Kamano. Au cœur de son coup de gueule : une série d’accusations lourdes.

D’abord, l’artiste reproche à Kamano un manque de respect répété envers le chef de l’État, affirmant qu’il est mal placé pour donner des leçons de morale. Il critique également la mise en avant, par Kamano, de conversations privées avec le président, qu’il considère comme une manœuvre pour se donner une influence fictive.

Mais c’est sur le terrain financier que le ton monte d’un cran. Takana Zion révèle qu’un montant de 1,5 milliard de francs guinéens aurait été alloué à Kamano pour un projet collectif. Une somme, selon lui, mal gérée, voire dilapidée : « Tu n’arrives pas à gérer 1,5 milliard et tu veux être président ? » s’insurge-t-il.

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Respect des institutions et gestion des deniers publics

Au-delà du clash personnel, ce coup de gueule pose deux questions de fond.

Critiquer oui, insulter non

Takana Zion insiste : on peut être critique vis-à-vis du pouvoir, mais sans franchir certaines lignes rouges. Pour lui, Elie Kamano est allé trop loin dans ses prises de parole, confondant liberté d’expression et diffamation. L’artiste prône un engagement respectueux, même dans l’opposition.

La transparence, au cœur du débat

La gestion opaque du fonds d’un milliard et demi devient le nerf de la guerre. Dans un pays où les deniers publics sont souvent sujets à polémique, Takana Zion semble vouloir rappeler l’importance de la redevabilité, surtout quand on aspire à des responsabilités politiques. Pour lui, cet épisode est révélateur des limites d’Elie Kamano.

Deux trajectoires, deux visions

Takana Zion : l’artiste rassembleur

Mohamed Mouctar Soumah, alias Takana Zion, est né en 1986 à Conakry. Figure centrale du reggae africain, il est reconnu pour sa musique engagée et ses prises de position mesurées. Depuis ses débuts, il mêle spiritualité rastafarienne et conscience sociale, bâtissant une carrière internationale entre Conakry et Kingston.

En 2022, il célébrait ses 15 ans de carrière avec un concert monstre qui a rassemblé près de 100 000 personnes, preuve de son ancrage populaire.

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Elie Kamano : du micro au micro politique

Originaire de Guéckédou, Elie Kamano s’est imposé dès les années 1990 comme une voix forte de la contestation. Engagé d’abord dans la musique, il bascule en politique en 2019 en créant son propre parti. D’abord critique virulent du régime d’Alpha Condé, il apporte ensuite son soutien à la junte militaire arrivée au pouvoir en 2021.

Aujourd’hui en exil, il se pose en opposant à la transition actuelle. Pour ses partisans, il incarne une parole libre ; pour ses détracteurs, il flirte avec l’opportunisme.

Une dispute révélatrice

Au-delà de l’anecdote, cet affrontement symbolise des enjeux plus profonds.

L’artiste engagé : entre critique et responsabilité

La querelle relance le débat sur la place des artistes dans l’espace politique. Doivent-ils se contenter de dénoncer ou aussi proposer ? Ont-ils une responsabilité dans la manière dont ils interpellent les institutions ?

L’exigence de clarté

La question des financements publics touche un nerf sensible. Qu’il s’agisse de projets culturels ou sociaux, la jeunesse guinéenne attend des comptes. Et Takana Zion, en portant cette affaire sur la place publique, se positionne en défenseur de cette exigence.

Deux styles d’engagement qui s’affrontent

Là où Kamano incarne une radicalité assumée, Takana Zion prône un équilibre entre engagement et respect. Leur divergence est aussi générationnelle : deux visions de la politique, deux manières d’incarner la contestation.

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Et maintenant ?

Vers une escalade ?

Si Elie Kamano venait à répondre, le clash pourrait prendre une tournure encore plus publique, voire politique. Le risque : transformer un débat d’idées en querelle d’egos.

La crédibilité en jeu

Pour Kamano, ce sont sa parole et son projet politique qui sont mis en cause. Réagir sans perdre la face, tout en clarifiant la gestion du fameux milliard et demi, pourrait être vital pour son avenir.

Une jeunesse attentive

Ce duel passionne parce qu’il révèle les tensions d’une société en quête de repères. Les jeunes guinéens attendent des leaders intègres, pas seulement des punchlines.

Le clash continue

Le clash entre Takana Zion et Elie Kamano dépasse de loin la simple querelle entre artistes. Il questionne la frontière entre musique et politique, l’éthique dans l’engagement, la gestion des biens communs. C’est un miroir tendu à toute une génération, partagée entre colère et espoir, entre radicalité et responsabilité.

Au final, chacun devra choisir son camp : celui de la critique pour critiquer, ou celui d’une parole exigeante mais respectueuse, tournée vers l’intérêt collectif.

 

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