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Malgré d’énormes efforts consentis pour l’éradiquer, la pêche illicite persiste dans les eaux guinéennes. Au cours d’une patrouille mixte Guinée-Greenpeace, trois navires battant pavillon chinois ont été arraisonnés avec des ailerons de requins à bord.

Le ministère de la Pêche à travers le Centre national de surveillance et de police des pêcheries (CNSP) a organisé une patrouille conjointe avec l’ONG Greenpeace international pour une surveillance maritime et aérienne de 8 jours allant du 30 mars au 7 avril 2017. L’opération vise à lutter contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN) dans la Zone économique exclusive (ZEE) de la Guinée.

Des gros moyens ont été déployés par les deux parties pour bien mener la mission. Du côté du CNSP, un comité de coordination a été créé et un bureau de suivi VMS et communication a été installé. Et toutes les bases côtières opérationnelles ont été mobilisées à intervenir 24 h sur 24 pour empêcher les navires récalcitrants d’agir.

Greenpeace a, pour sa part, mis à disposition son navire ‘‘Esperanza’’ de 63 mètres de long équipé d’appareils de communication, de détection et d’identification de dernière génération avec un équipage de 30 membres d’une quinzaine de nationalité. A cela, s’ajoute un hélicoptère de 4 places et de 6 zodiacs de capacité divers.

Au cours de cette opération qui a duré 8 jours en mer dont 2 pour le voyage aller-retour, 45 navires de pêche ont été identifiés à l’AIS. Quatre séances de vols d’hélicoptère ont permis d’identifier 27 navires dont 14 ont été inspectés. Parmi ceux-ci, 11 navires en activité réglementaire et 3 autres arraisonnés dont 2 pour des infractions liées à : l’enlèvement et à la conservation d’ailerons de requins à bord et 1 à l’obstruction des mailles au cul du chalut par des cordages entrelacés entre les ouvertures de celles-ci. D’autres constats généraux ont été faits pour lesquels la patrouille mixte n’a pas entrepris des actions. Ce sont: le mauvais traitement de l’équipage guinéen à bord de certains navires chinois et des prises accessoires abusives.

En plus des ailerons de requins, Greenpeace a trouvé de nombreuses carcasses de requins, de requins-marteaux (une espèce menacée) et de raies manta à bord de plusieurs navires. Les deux navires ayant des ailerons de requins à bord ont écopé d’une amende de 250 000 euros chacun, et le troisième d’une amende de 350 000 euros. Leurs prises ont été saisies et confisquées par les autorités guinéennes.

Actuellement, seulement 41 navires pratiquant la pêche démersale et la pêche pélagique disposent d’une autorisation de pêcher dans les eaux guinéennes. 85 % de ces bateaux appartiennent à des Chinois.

La pêche illégale en Guinée, avec 98 contrevenants arrêtés en 2016, représente l’équivalent de 64 % des prises légales déclarées. Elle a en outre augmenté, passant de 40 000 tonnes par an en 2010 à plus de 150 000 tonnes par an en 2015. En moyenne, les contrevenants sont passibles d’une amende de 30 000 USD pour falsification de documents ou de nom de navire et pour faute de marquage. Cette situation s’explique, selon les experts, par la faiblesse du système MCS et la modicité des sanctions.

C’est pourquoi, Greenpeace appelle les gouvernements ouest-africains à unir leurs forces pour gérer les activités de pêche étrangères et locales se déroulant dans leurs eaux, afin de garantir une exploitation juste et durable des ressources halieutiques.

Abdoul Malick Diallo
+224 655 62 00 85
dialloabdoul110@gmail.com

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