L’ONG AGUT réclame la libération immédiate des prisonniers politiques arbitrairement détenus

Fodé Diakité, Président de l'Association guinéenne pour l'unité et la transparence (AGUT)
Fodé Diakité, Président de l'Association guinéenne pour l'unité et la transparence (AGUT)

L’Association Guinéenne pour l’Unité et la Transparence (AGUT) condamne avec fermeté les violences et les attaques contre les populations civiles, les défenseurs des droits humains et les acteurs politiques guinéens qui se sont déroulées au cours de ces derniers temps en Guinée. Nous appelons tous les acteurs et en premier lieu les autorités nationales à faire preuve de retenue et de modération.

Les scènes de violence et les interventions disproportionnées des forces de défense et de sécurité qui se seraient rendues responsables de violations graves des droits humains dont  entre autres agressions, arrestations et détentions arbitraires, vols, violations de domicile, constituent des actes contraires au droit national et, pour ce qui concerne les forces de sécurité de l’État, des actes violant le droit international des droits humains. Ces faits soulignent à nouveau, comme lors des événements du 28 septembre 2009 et ceux de 2007, l’impunité dont jouissent toujours les membres des forces de défense et de sécurité impliqués dans des violations des droits humains.

Notre organisation, invite les autorités nationales guinéennes civiles et forces des ordres, à prendre les mesures nécessaires afin de faire la lumière sur les événements de ces derniers jours et de sanctionner les auteurs de violations des droits humains ; Notre organisation dénonce aussi toutes velléités ou volontés de dresser les communautés nationales les unes contre les autres, dont l’objectif principal serait de saper le processus de l’alternance et porter atteinte à l’avènement de la démocratie en Guinée chèrement acquise.

Nous demandons aux citoyens guinéens de ne pas tomber dans le piège des autorités qui cherchent à faire croire que c’est une lutte ethnique car il s’agit de préserver les acquis de la démocratie alors nous vous implorons à ne pas revenir en arrière. Alors que le climat politique est déjà tendu, les homicides du 14 octobre et les arrestations arbitraires d’au moins 14 personnes le week-end précédent ne font qu’ajouter de l’huile sur le feu et ne favorisent pas une manifestation pacifique dans un pays où plus de 100 personnes sont mortes lors de manifestations ces 10 dernières années.

Au vu de ce bilan désastreux, il faut que les autorités prennent des mesures immédiates pour briser le cercle vicieux de la violence avant que la situation ne devienne incontrôlable. Elles doivent commencer par arrêter de nier les exactions, faire en sorte que les personnes arrêtées arbitrairement pour avoir organisé les manifestations soient libérées immédiatement et sans condition et prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter les manifestations pacifiques et permettre à la population de s’exprimer pacifiquement sans craindre de représailles.

Nous demandons le respect des droits constitutionnels à pouvoir s’exprimer librement (article 7) et à manifester pacifiquement (article 10) ; pour cela nous lançons un appel aux leaders politiques et aux membres de la société civile qu’avant tout appel à la mobilisation qu’il faut aussi sensibiliser les citoyens guinéens aux civismes et au respect des biens publics et privés. Nous encourageons le FNDC pour le combat patriotique et républicain qu’il mène afin de préserver les acquis de la démocratie.

Nous interpellons les partenaires extérieurs de la Guinée, en premier lieu l’Union Européenne et ses États-membres, sur la crise démocratique actuelle. Les risques d’une déstabilisation majeure pèsent sur la Guinée et la sous-région. Nous les appelons à condamner publiquement la répression et le coup de force constitutionnel en cours, et de prendre des mesures concrètes afin que les droits et libertés fondamentales de citoyens guinéens soient respectés.

Nous appelons la jeunesse africaine à se joindre aux guinéens pour stopper le virus de changement constitutionnel pour un troisième mandat car dans notre continent en général dès que la fin du dernier mandat pointe à l’horizon, la constitution devient automatiquement mauvaise alors mettons fin ce fléau.

Nous demandons au président de la république de mettre fin à sa volonté de continuer au-delà de son dernier mandat. Si la constitution a des lacunes, laissez le soin à votre successeur d’entamer les modifications. Préparez l’alternance et mettez fin à ces violences. Vous méritez comme tout homme une retraite paisible et c’est une occasion unique à ne pas manquer d’entrer dans l’histoire.

Toutes nos sincères condoléances aux victimes de ces exactions.

Nous remercions toutes les personnes physiques, morales, organisations nationales et internationales pour les efforts menés pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée.

Vive la Guinée

Vive la paix

M. Fodé DIAKITE, Président de l’Association Guinéenne pour l’Unité et la Transparence (AGUT)