Les expériences à la tête des États [Par Amadou Oury Diallo]

Amadou Oury Diallo, Consultant International en Développement Rural
Amadou Oury Diallo, Consultant International en Développement Rural

Depuis toujours le monde a connu des expériences diverses et variées en matière de gestion des Etats ; expériences dont la signature a toujours porté le nom et l’influence d’un homme. Des styles différents, des visions différentes, des personnalités différentes ont ainsi influencé les modes de gouvernement. Les expériences sont de plusieurs natures : Monarchie, Monarchie constitutionnelle, Républiques Socialistes, Républiques Démocratiques, etc. Des hommes se sont retrouvés à la tête de ces Etats et ont imprimé des modes de gestion avec des effets quelques fois heureux et quelques fois malheureux, voire désastreux.

J’ai alors, dans mes pensées, jeté un regard dans le rétroviseur de l’histoire récente de quelques pays et j’ai imaginé un homme en passe d’être promu à la tête d’un Etat . J’ai imaginé les scénarii et les choix possibles qui pourraient s’offrir à lui en matière de mode de gouvernement. Ce papier parle alors à cet homme hypothétique qui se retrouve devant ce poste hypothétique de Président d’une République hypothétique.

Je le compare à des hommes qui se sont illustrés dans un sens ou dans un autre et je dis que : 

            S’il était, 

  • Nelson Mandela, Homme providentiel, exemple à suivre, l’homme qui a su, en toute sagesse et clairvoyance réunifier son peuple, jeter les bases d’une Nation et redonner la fierté à SON peuple Noir. S’il était cet HOMME, on lui aurait tissé une couronne de laurier à l’image des anciens Grecs.
  • Che Guevara, Symbole de droiture, de fraternité et de combat pour la libération des peuples. S’il était cet HOMME, on lui aurait composé un hymne à valeur internationale.
  • Kwame Nkrumah, Panafricaniste vrai, amoureux de son peuple et de l’Afrique ; Homme qui a su magnifier la valeur des peuples africains. S’il était cet HOMME, on lui aurait construit une statue qui aurait dépassé celle du Colosse de Rhodes en hauteur et en signification.
  • Mahatma Gandhi, Promoteur de la stratégie réussie de la non-violence dans la lutte contre les oppresseurs, homme qui, pétri d’amour pour son peuple n’a pas hésité devant la prison pour que ses frères et sœurs retrouvent la liberté et la joie de vivre. S’il était cet HOMME, on l’aurait plébiscité comme idéologue du présent et du futur.
  • Jerry Rawlings et Thomas Sankara, Exemples de droiture et de respect du bien public, hommes qui ont su sortir leurs pays et leurs peuples de la gadoue et renouer avec la moralisation de l’Etat. S’il était l’un de ces HOMMES, on aurait enseigné son exemple dans nos écoles et nos universités.

            Et s’il n’est pas : 

  • Paul Kagamé, Ce Président providentiel, messie pour son peuple, Homme qui a réussi en 25 ans, à faire-faire à son peuple, un bon de plusieurs siècles en matière de développement, Homme dont les réussites économiques font pâlir d’envie les occidentaux, Homme qui, du haut des montagnes de cadavres a conduit son peuple sur les sommets de la réussite économique, Homme qui a montré qu’une telle chose était possible en Afrique. S’il était un tel PRESIDENT, on le proposerait pour diriger l’ensemble du continent.
  • Alassane Ouattara, Ce Président, avec ses multiples autoroutes, échangeurs, grands ponts, métro urbain, transport lagunaire, Homme qui, en 10 ans a permis à la Côte d’Ivoire de renouer avec le développement économique laissé en héritage par son illustre premier président. S’il était cet PRESIDENT, on l’acclamerait le jour de son départ du pouvoir.
  • Sereste Kama Ian Khama, Ex-Président du Botswana, Ce Président qui, en Mars 2018 a choisi librement de se « libérer du Pouvoir » en démissionnant de son poste de Président avant le terme de son mandat pour donner la chance à la démocratie de se raffermir dans son pays. Le Botswana, un des pays les mieux gérés d’Afrique avait au moment de sa démission, un Indice Global de Démocratie de 7,87 sur un maximum de 10, soit 0,18 de moins que les Etats Unis à cette date. Ce président, malgré son livre des réussites a choisi de s’effacer pour vivre une autre vie certainement heureuse. S’il était ce PRESIDENT, on le choisirait pour servir de conseiller à ses collègues présidents.
  • Nana Akufo-Addo. Ce Président, exemple de bonne gestion qui, fier d’être AFRICAIN a fait la leçon à Macron et soustrait son pays des DIKTATS du FMI. S’il était ce PRESIDENT, on le plébisciterait comme candidat au poste de Secrétaire Général de l’ONU.
  • Macky Sall. Ce Président d’un pays dont les seules ressources humaines ont été pour longtemps reconnues comme étant la seule richesse nationale, fait, dans la continuité des actions de ses prédécesseurs, pâlir d’envie beaucoup de gouvernements par ses multiples réussites économiques et sociales. Ce Président avec son train express urbain, son aéroport des plus modernes d’Afrique, ses autoroutes et services sociaux de qualité oblige à se demander quel est le secret de ses prouesses. S’il était ce PRESIDENT, on l’inviterait en permanence à des colloques à travers le continent.
  • Mahamadou Issoufou. Ce Président du Niger, l’unique et le seul président africain en exercice à avoir attaqué en justice des personnes qui l’ont invité et incité à briguer un troisième mandat en violation de la constitution de son pays. S’il était ce PRESIDENT, on l’élèverait au rang de HERO Africain.

            Il doit être différent de : 

  • Idi Amine. Ce Président, accident de parcours dans l’histoire de l’Uganda, cet homme qui a confondu durant son règne, la clairvoyance et le devoir envers son peuple avec la force du muscle pour asservir sa population. Cet homme qui a fini, malgré son titre de champion de boxe, par prendre la fuite pour se réfugier en Arabie Saoudite, pays qui en donne la chance à tout musulman.
  • « L’Empereur » Bokassa. Ce Président, autre accident de parcours qui a hissé l’Africain au niveau le plus élevé du ridicule, homme qui a fini sans le sou, ridiculisé en Europe par ses anciens « amis et maîtres ».
  • Mengistu Hailé Mariam. Ce Président Ethiopien, autre accident de parcours dont le seul signe distinctif a été l’assassinat en une dizaine d’années de plus de 1,2 millions de ses compatriotes.

            Et il doit analyser les exemples de : 

  • Robert Mugabé. Ce Président dont le passé glorieux dans la lutte de libération, cité en exemple à l’image de Amilcar Cabral, Samora Machel et Agostino Neto qui n’a malheureusement pas su résister aux tentations de s’éterniser au pouvoir ; Président qui, au lieu de finir grand, finit terré dans un « territoire » dont les seules frontières se limitent aux bornes de son terrain.
  • Abdel Aziz Bouteflika. Ce président dont la logique est difficile à comprendre ; Président, malade, perclus sur une chaise roulante, incapable d’articuler un mot qui s’est voulu encore et toujours dirigeant d’un pays. Cet Homme, une limace qui aurait pu être poursuivi comme le sont aujourd’hui ses compagnons mais que même la justice de son pays dédaigne d’inculper malgré ses multiples fautes.
  • Omar El Béchir. Symbole encore tout chaud du devenir des dictateurs. De la grandeur à la déchéance, des fastes au bord du Nil noir ; homme qui a, durant une trentaine d’années prêché la vertu et les préceptes de la religion musulmane le jour et festoyé au Whisky la nuit, réfléchit aujourd’hui au fond d’une cellule, encore au bord du Nil à ce que fut sa grandeur à jamais perdue.
  • Ben Ali. Totalitaire, prisonnier d’un clan mafieux qui a dirigé son pays avec des gants de fer et qui a confondu les caisses de l’Etat avec l’héritage reçu de ses parents vit aujourd’hui, contraint et forcé loin de sa Tunisie natale.
  • Hosni Moubarak. Homme de poigne qui a dicté et régenté la vie Égyptienne durant des décennies et mené une vie au style d’un pharaon voit aujourd’hui son horizon et celui de ses fils se limiter aux quatre murs d’une cellule dans ce qu’on peut appeler une véritable déchéance et un déshonneur difficiles à décrire.

Je lui dirais alors cher Monsieur,  

Que de leçons, Que de sources d’inspiration pour ceux qui veulent apprendre, Que de livres ouverts pour donner de la lumière à ceux qui en manifestent le désire, Que de leçons bien proches de nous aussi bien géographiquement qu’historiquement !!!

Monsieur, Il y a bien une vie après la vie et les fonctions officielles, et certainement une bien meilleure vie !!!

Monsieur. Que c’est beau et que ce serait beau de vivre des jours heureux et paisibles après avoir vécu des jours heureux en tant que chef !!!

Monsieur. Les exemples de Mandela (en son temps), Obama, Rawlings, respectés, voire vénérés, sollicités et invités en des lieux respectables pourraient servir de sources d’inspiration pour les PRESIDENTS en exercice afin qu’ils préparent et se préparent à vivre bien et mieux après le temps ô, combien court de la vie de PRESIDENT.

Monsieur, Qu’il serait beau de pouvoir, après ses fonctions, marcher dans les rues de son pays pratiquement sans gardes du corps, comme le fait Rawlings et de s’arrêter et discuter avec ses concitoyens. Sachons que cela est possible et bien possible ? Mais au prix de quoi ? Au prix de la probité, de la droiture, de la justice et de la bonne gouvernance.

Monsieur, Travaillons à cela et choisissons de faire de notre futur, un ensemble de jours heureux en respectant nos lois et en respectant nos peuples et nos engagements.

Voilà mon coup de cœur

Amadou Oury Diallo

Citoyen guinéen

Ourydiallo87@yahoo.fr