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« L’ancien bureau dirigé par Koïta s’est évertué à violer les statuts et Règlement intérieur de l’UNOG », dixit Mory TRAORÉ président de l’UNAJOG(Interview)

Fort de ses soutiens, le PDG du Groupe Limanaya Business (GLB) a pris ses responsabilités face à la crise qui secoue l’Union nationale des orpailleurs de Guinée (UNOG). M. Mory Traoré est porté à la tête de la nouvelle structure dénommée Union nationale des jeunes orpailleurs agréés de Guinée (UNAJOG). Pour en savoir davantage sur ce sujet, Afriquotidien.com l’a interrogé. M. Traoré fustige la gestion de l’ancien bureau « incapable d’assumer son rôle ». Dans cette interview, il exhorte l’ensemble des orpailleurs de Guinée à rester mobilisés derrière l’UNAJOG. Lisez !

Jusque-là vous étiez membre de l’Union nationale des orpailleurs de Guinée (UNOG) qu’est-ce qui vous a poussé à créer la nouvelle structure appelée UNAJOG ?

Mory Traoré: La création de l’Union nationale des jeunes orpailleurs de Guinée (UNAJOG) découle du constat que le Bureau exécutif de l’UNOG dirigé par Tidiane Koïta n’arrive pas à assumer ses responsabilités. C’est ainsi que les orpailleurs ont jugé nécessaire de mettre en place un nouvelle structure dont j’ai l’insigne honneur d’être élu président. Tout cela est arrivé par l’incompétence de l’ancien bureau dirigé par Koïta qui s’est évertué à violer les statuts et Règlement intérieur de notre organisation. Le texte statutaire dispose en son préambule que c’est à la suite des crises constatées au sein du secteur minier que les professionnels de l’or se sont mis ensemble pour mettre en place un seul bureau qui va se pencher sur toutes les problématiques liées à l’activité de l’orpaillage.

Qu’est-ce vous reprochez concrètement à M. Koïta ?

Aujourd’hui, le problème crucial auquel nous sommes confrontés c’est la non-stabilité des prix sur le marché. Le marché est complétement spolié. Tu peux avoir la valeur de 2 kilos d’or et être incapable de nourrir ta famille. Les orpailleurs ne font pas de profits, ils sont obligés de prendre dans leur capital pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le circuit est long et la cause est profonde. Tout ça c’est parce que le bureau que nous avions n’a pas pu jouer son rôle. Je vous assure que si on ne prend pas garde, l’activité artisanale de l’or va disparaitre en Guinée. Alors que c’est un secteur capital dans l’économie du pays. Si les devises sont stables dans notre pays c’est en grande partie grâce à nous, orpailleurs, qui avons accepté de travailler, envoyer de l’or à l’étranger et rapatrier les devises en Guinée. Mais si ça continue comme ça, ça va monter. Vous avez dû remarquer, ces jours-ci, l’augmentation graduelle des prix des devises sur le marché. C’est parce que ça ne marche pas. Si ça continue comme ça, ça va être grave. C’est pourquoi, les orpailleurs ont décidé de mettre en place un autre bureau après s’être rendu compte que le bureau dirigé par Koïta ne peut pas faire leur affaire.

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Qu’en est-il du mandat de Tidiane Koïta parce qu’on estime qu’il lui reste encore 6 mois ?

On est dans un État de droit où il y a des mécanismes même de dissolution d’une Assemblée nationale avant même l’expiration de son mandat. Les textes statutaire et règlementaire de l’UNOG ont prévu des mécanismes pour la dissolution du bureau exécutif. On ne peut laisser finir le mandat quand on sait que le bilan est globalement négatif.

Par contre, le camp de M. Koïta se targue d’avoir un bilan, notamment, la sortie des enfants dans la mine et leur scolarisation des enfants, le reboisement, l’appui aux orpailleurs victimes de perte, mais aussi leur accompagnement dans des dossiers judiciaires. N’est-ce pas un bilan positif ?

Le ridicule ne tue pas. Prenons un exemple sur le reboisement, tout le monde sait que les machines qui sont à Siguiri sont arrêtées aujourd’hui. Cela veut dire que l’exploitation artisanale est arrêtée parce que l’Etat a constaté une dégradation poussée de l’environnement. Si le reboisement avait été fait, l’Etat n’aurait pas stoppé l’exploitation artisanale. L’armée a été réquisitionnée pour  sécuriser les zones. Beaucoup d’exploitants sont arrêtés, d’autres sont en fuite. Tout cela est arrivé parce que l’Etat a constaté que l’environnement est gravement agressé et qu’il n’y a rien qui est fait par le bureau exécutif dirigé par Koïta pour la restauration de l’environnement. En ce qui concerne la scolarisation des enfants, ils n’ont qu’à dire dans quelle école ils ont inscrit ces enfants. C’est faux.

Et par rapport à la défense des orpailleurs ?

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Les orpailleurs qui ont perdu les 59 milliards Gnf sont là. L’année passée, j’ai été victime d’un braquage à Kindia. Ils ne m’ont apporté aucune assistance. Non seulement, ils ne m’ont pas assisté, plutôt ils m’ont arnaqué. Quand j’ai récupéré une partie des colis volés, ils sont venus dans mon bureau me demander de payer 10 mille USD pour des soi-disant démarches qu’ils ont menées alors que j’avais perdu 3 kilos d’or d’une valeur de 180 mille USD. J’ai dû payer 20 mille USD pour les démarches. Ils n’ont pas pensé à ce que j’ai subi pour venir me réclamer 10 mille USD. Bon sang ! Ceux-ci peuvent-ils me venir en aide. Dans l’affaire de 59 milliards GNF dont j’ai parlé tantôt, j’ai 160 mille USD dedans, mais ils ne se sont jamais intéressés pour aider les orpailleurs victimes. Tout ce que j’ai dit est vérifiable. Au-delà de tout ça, l’article 18 du règlement intérieur prévoit la mise en place d’un commissariat aux comptes composé de 3 personnes qui doivent passer au peigne fin la gestion du bureau exécutif. Ils ont fait deux ans, ça n’a jamais été fait. Il n’y a aucun rapport.

Quel appel avez-vous à l’endroit des orpailleurs ?

Je lance un appel à l’ensemble des orpailleurs de rester soudés, à se donner la main pour sauver notre activité. Je les remercie pour leur mobilisation et le choix porté en ma modeste personne pour diriger le nouveau bureau. Il était temps de changer la situation. Tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, les orpailleurs sont mobilisés. Déjà, Kouroussa a donné le ton aujourd’hui, ils sont sortis pour réitérer leur soutien au bureau exécutif  de l’Union nationale des jeunes orpailleurs de Guinée (UNAJOG). À Kankan, Mandiana et Dinguiraye en passant par Siguiri, les orpailleurs nous ont témoigné leur soutien et encouragement à poursuivre notre engagement. Je les exhorte au courage et à la ténacité, on dit que ‘’qui ose gagne’’. Donc, nous devons rester droit dans nos bottes parce qu’on est en train de défendre une cause noble. On doit aller jusqu’au bout. Pas de recul. Ensemble nous vaincrons.

Avec  Afriquotidien.com et  Sinceryguinee.info

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