Mon cher François

Je suis cette pauvre insurgée du ghetto peulh qui ne sait si elle doit faire le deuil de son mari ou non. J’espère que tu me répondras,  du moins ma conscience se soulagera.

Oui en ce malheureux matin du 28 Septembre 2010, je fis un bon petit déjeuner à mon cher petit mari,  que je le vois encore s’éloigner pourvu que je ferme mes yeux.

J’entends raisonner sa voix, oui cette voix qui disait mon amour nous allons réclamer des élections libres et transparentes, Je te reviens ce soir, oui ce soir disait-il.

Ce soir n’est toujours pas arrivé. Arrivera-t-il  un jour ou devrais-je faire son deuil ? J’espère que tu me répondras.

Mon cher François,

Je suis ce malheureux adolescent ayant assisté, impuissant, au lynchage et à la calcination en ce malheureux lendemain du 22 octobre 2010, de Papa et Maman, de la maison qui m’a vu naitre, du magasin qui m’a toujours nourri.

Mon cher François

Comme un poisson, comme une boite de conserve, je fis exfiltré au fond d’un frigo de cette capitale de ton soldeur. J’étais élève, j’avais des rêves, j’ai tout perdu !                                                                        J’espère que tu le plumeras à tes enfants !

Mon cher François

Je suis ce jeune désœuvré de l’axe du mal qui il y a 20 ans ne trouvât de métier que cirer des chaussures par-ci par- la, de pluie comme de soleil. Pourtant en ce jour où tu écrits, j’ai construit des écoles ou tous les fils  de la Guinée   viennent étudier, travailler.

Mon cher François

N’as-tu pas dit que tu voudrais être jugé sur ce que tu écrits ?

Eh bien n’est-ce pas  que l’un des  principes fondamentaux du journalisme est la neutralité ?

Je sais que tu es neutre et que ta conscience ne te le reprochera point !

De tes pratiques, tu feras un bel récit à tes enfants!

Ne serait-ce qu’une faveur pour leur dire qui est vraiment leur père !

N’as-tu pas dit que ce qui te préoccupe en Afrique c’est ce que les dirigeants font pour leur population sur le plan santé, éducation, développement économique ?

  • N’est-ce pas que la césarienne est tout à fait gratuite en Guinée ? Que les ambulances sont en bon état ?
  • N’est-ce pas que chaque étudiant à un ordinateur ? une tablette comme l’avait promis ton dieu ?
  • N’est-ce pas que seuls les délinquants désœuvré de l’axe ne petent et ne puent de chômage ? Oui ces tarés qui empêchent la finition de la rénovation de la mairie de Siguiri ? Plongé dans un noir semblable à celui de la tombe de pharaon ! Oui ces pauvres insurgés qui barricadent les routes, qui pillent et caillassent jusqu’à  Boké ?
  • N’est-ce pas ces gens-là qui refusent que Conakry soit assainie ? Cette capitale ou chacun a son rat, s’exclamait ce petit gueulard
  • N’est-ce pas qu’on a notre usine de transformation de pomme de terre, de livre et quoi encore?
  • N’est-ce pas lui, ton bosse, qui justifiait le recours aux armes lorsque les élections sont volées ?
  • N’est-ce pas lui qui disait en 1993 que tout Malenké qui vote pour Lansana Conté est un Bâtard ? N’est-ce pas lui qui appelait a une Guinée de trois régions

Les faits sont nombreux, j’en passe!

Il est vrai que les blessures sont nombreuses, les plaies béantes, abyssalement profondes mais j’y crois encore.

Oui je crois en une Guinée unie et indivisible surmontant cette tempête  comme  jamais elle surmonta celle de la révolution.

Oui je crois puisqu’il existe dans ce monde des personnes assez bien intelligent pour ne point te ressembler.

Des gens qui sont convaincus qu’il n’y a qu’une seule Guinée, qu’elle ne saurait être , une fois décapitée,  ce qu’elle est aujourd’hui « LA REPUBLIQUE DE GUINEE »

Oui de gens qui ont lu et compris ces paroles de Montesquieu «  Lorsque vous serez tous d’accord, ce qui n’arrivera peut-être jamais, Celui qui pense le contraire pardonnez-le car c’est moi qui le fait penser ainsi… »

Mon cher François

Nous autres guinéens, nous sommes conscients de nos différences, divergences mais nous avons choisis de vivre ensemble, chose dont tu n’es point capable même au niveau le plus primaire de la vie en société.

Mon cher,

Il se dit que tu as un penchant pour les régimes forts pour ne pas dire dictatoriaux, pourtant tu ne vis ni en Corée du nord, ni en Chine encore moins en Syrie ;

C’est plus tôt incohérent, lamentablement cynique!

Je m’y arrête !

Parler d’une personne dont les parents ont ratés la mise éducative n’est pas reluisant.

SOW Ghaly Ingénieur Géologue QHSE

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