Mohamed Condé, fonctionnaire des Nations-unies à Kaboul
Mohamed Condé, fonctionnaire des Nations-unies à Kaboul

Un pays aux ressources minérales pillées et dont l’immense richesse n’a jamais profité au peuple muet. La pauvreté aigüe et la misère qui ravagent la guinée rendent explosive la tragédie guinéenne.

Cette tragédie, cependant, n’est pas une fatalité ; on sait que la fatalité est causée par les voies de Dieu et les voies de Dieu sont insondables ; pour cette raison, devant une fatalité on ne peut s’en remettre qu’à la volonté divine.

Mais la tragédie guinéenne n’est pas une fatalité, c’est le fait des hommes incompétents, incapables et un système de gestion médiocre, désuet et révolu.

Cette tragédie est donc le résultat d’un ensemble de facteurs dont entre autres :

  1. La dégradation des repères moraux qui a miné la société guinéenne : une société dans laquelle la corruption et les vols font partie des mœurs acceptables et admises ; l’impunité érigée en principes législatifs ; les ministres volent sans vergognes, des ministres font construire des hôtels hyperluxueux à coûts de millions d’euro à Kankan en toute impunité, des simples douaniers font construire des universités de haut standing à Kankan a coûts des millions de dollar, en toute impunité et cela ne dérange personne.
  2. Le recrutement des cadres médiocres, incapables et incompétents sur la base des critères obscures ; c’est le cas de la nomination de Kassory Fofana comme premier ministre ;
  3. L’exploitation et l’instrumentalisation des ethnies à des fins politiques : Celou Dalein instrumentalise le Fouta ; dans chacun de ses discours il n’arrête pas de dire qu’Alpha Conde n’aime pas les peulhs. Le Président, à son tour instrumentalise la basse cote en nommant successivement 3 premiers ministres de cette région ; un message fort pour cette région pour leur dire qu’il est de leur côté et une manière indirecte de s’assurer de leur soutien électoral dans l’éventualité d’un troisième mandat. C’est une stratégie politique dangereuse. Les politiciens du pouvoir et de l’opposition s’enferment dans une logique identitaire pour masquer leur faiblesse et leur incompétence en utilisant l’ethnie comme armes de guerre dans la bataille politique au lieu de fonder leurs stratégies sur des programmes et des projets de société concrets et conséquents.
  4. La faiblesse et la fragilité des institutions étatiques ;
  5. La centralisation et la concentration des pouvoir d’Etats par l’exécutif ;
  6. Le manque de maturité de la classe politique ;
  7. Le manque de sérieux des hommes politiques ;
  8. Le manque de dialogue francs et sincères entre le pouvoir et l’opposition ;

Le Président Alpha Conde, au pouvoir depuis 8 ans, a été incapable de lutter contre la corruption et l’impunité et pour justifier son incapacité de lutter contre ce fléau pire que le cancer, il évoque des rasons plutôt ridicules ; il dit que la corruption est structurelle en guinée alors qu’elle est conjoncturelle dans les pays développés ; donc la corruption est un phénomène complexe impossible à combattre. Il dit aussi qu’il ne peut pas informatiser la fonction publique guinéenne parce que les fonctionnaires guinéens ne savent pas manipuler les outils informatiques. Or, sans informatisation de l’administration publique, il n’y a aucune chance de combattre la corruption de façon efficace.

Aujourd’hui, à travers le monde, ce sont les enfants de 6 à 7 ans qui manipulent des outils informatiques pour réaliser des choses extraordinaires ; Si Alpha Conde dit que les fonctionnaires guinéens ne peuvent pas apprendre à utiliser les matériels informatiques, c’est une véritable honte pour la guinée.

Tout cela veut dire qu’Alpha Conde pointe ses limites ; c’est-à-dire qu’il est à la limite de ses capacités ; aussi, il montre qu’il vit dans le 20eme siècle ; c’est-à-dire, il est en retard d’un siècle ; qu’il n’est pas en phase de l’évolution du monde contemporain.

Tout dirigeant branché et informé aujourd’hui est conscient qu’un pays ne peut jamais se développer dans la corruption et dans l’anarchie.

D’autre part, ce n’est pas la politique à elle seule qui dirige une nation ; c’est avec le pragmatisme et l’intelligence du monde que les leaders éclairés dirigent leurs nations vers le développement et la prospérité. Qui dit intelligence du monde, dit maitrise de l’information. Aujourd’hui, l’information est la matière première stratégique de tout processus de développement économique et sécuritaire de la nation. La maitrise de l’information est un impératif économique et stratégique.

Aujourd’hui, tous les pays, riches ou pauvres sont plongés dans l’effervescence de la mondialisation ; dans cette dynamique de mondialisation, un pays comme la guinée est présent, pas en tant qu’acteur, mais en tant que spectateur passif. Mais en revanche, nous subissons cette mondialisation parce que nos ressources sont intégrées dans ce processus de mondialisation par les multinationales qui viennent piller nos ressources à leurs avantages au lieu qu’elles soient exploitées pour aujourd’hui et pour demain ; c’est-à-dire de manière à ce que la guinée gagne aujourd’hui mais aussi dans le long terme.

Aujourd’hui, les redevances minières versées à la guinée sur les revenus d’exploitation de nos bauxites sont de 35%. Or, selon les experts les plus avisés en la matière, ces redevances sont loin de compenser les couts de tous les risques engendrés suite aux exploitations abusives de nos gisements.

D’abord, les ressources minérales sont des ressources finies non renouvelables ; ce qui veut dire que leur exploitation appauvrit de façon permanente le stock de ressources du pays ; ensuite, il y a des dégradations écologiques, les exploitations abusives causent des dégradations des terres qui ne pourront plus être utilisées à des fins agricoles ; et enfin, il y a des conséquences environnementales néfastes – la pollution de l’air et des eaux qui, à long terme, va engendrer de sérieux problèmes sanitaires qui auront des couts économiques et sociaux énormes.

Il faudra donc parer à toutes ces éventualités ; mais à cause de la corruption, l’insouciance, l’inconscience et de la carence des cadres impliqués dans les négociations, le pays sort toujours perdant des négociations, et plus tard le pays va devoir faire face à des conséquences désastreuses de ces exploitations abusives.

C’est pour cette raison que la Malaisie et l’Indochine ont chassé les chinois pour réorganiser les exploitations minières en tenant compte des conséquences écologiques et environnementales ; mais aussi en s’assurant que leurs pays contrôlent toute la chaine de valeur de transformation ; de l’extraction de la bauxite à la transformation de l’alumine. Une politique volontariste qui permet au pays de créer la richesse.

La carence de ces cadres nationaux est due en partie à l’incompétence, mais essentiellement au manque d’information pertinente ; aujourd’hui, l’information est une arme de guerre redoutable dans cette violence économique internationale caractérisée par une guerre économique sans merci.

Les multinationales qui viennent chez nous ont du personnel rompu aux techniques et aux pratiques de l’intelligence économique, mais aussi aux techniques et aux pratiques de business diplomatie ; c’est-à-dire la diplomatie du business. Ces gens-là ne sont pas seulement des businessmen, ils sont aussi des diplomates chevronnés. Ces prédateurs viennent donc trouver en face d’eux des cadres nationaux qui n’ont aucune idée de l’intelligence économique et même pas une idée de la veille stratégique. C’est-à-dire, aucune notion de la gestion stratégique de l’information. Cela explique pourquoi, dans ces négociations, le rapport des forces est toujours déséquilibré au détriment de notre pays ; en conséquences, nos contrats miniers sont toujours mal négociés, à nos désavantages ; nos ressources continuent à être pillées pendant que le pays continue sa chute libre dans la pauvreté et la misère.

Selon toute évidence, quel que soit la volatilité du prix des matières premières minérales, les exploitations minières ont la capacité de générer une plus-value des recettes, au-delà de tous les coûts de production. Cette plus-value est connue sous le nom de rente économique, elle est la marge réalisée après compensation sur les revenus bruts de tous les coûts de production, ainsi que du « bénéfice normal » qui compense les investisseurs pour avoir abandonné les meilleures opportunités d’investissement alternatives ; donc un bénéfice qui compense leurs couts d’opportunité.

Ce qui reste après toutes ces déductions est imposée seulement 35%, et c’est la part de la guinée. Les multinationales s’emparent du gros lot, c’est à dire les 65%. C’est pour dire combien nos ressources sont pillées à cause de la carence et l’insouciance de nos dirigeants.

Dans la première république, les redevances qui étaient versées à la guinée sur les revenus d’exploitation de nos bauxites étaient de 49% contre 51% pour les multinationales ; C’était un marché gagnant-gagnant. A l’époque, la guinée exportait environ 10 millions de tonnes de bauxite par an, et la part de la guinée était de 300 millions de dollar.  Ces données étaient publiées parce qu’a l’époque la gestion des biens publics se faisait dans la transparence.

Dans la guinée de Lansana Conte, la situation était encore pire ; les redevances versées à la guinée à cette époque étaient de 15%. De 49% dans la première république à 15% avec Lansana Conte. Chaque année la guinée perdait 210 millions de dollar au profit des multinationales, mais aussi au profit des cadres guinéens malhonnêtes et corrompus ; en 24 ans de gestion désastreuse et calamiteuse, la guinée a enregistré une perte de plus 5 milliards de dollar. Cette fortune aurait pu servir à réaliser d’importants projets sociaux dans le domaine de l’éducation, de la sante, de l’énergie, des logements sociaux, du transport…. C’est le lieu de rappeler que Kassory Fofana était un élément clé de l’équipe de Lansana Conte ; il était les yeux et la tête pensante de Lansana Conte ; son conseillé économique. Malheureusement, la présence de Kassory auprès de Conte n’a pas évité le pire à la guinée. Les décisions de Lansana Conte basées sur les conseils économiques de Kassory ont été catastrophiques, la guinée a connu des chaos économiques les plus désastreux de son histoire.

Kassory n’est pas seulement incompétent, il est l’expression même de l’incapacité et de l’incompétence. Quand Lansana Conte se rendait compte de son incapacité et de son incompétence, pour se débarrasser de lui, il était trop tard ; le mal était déjà fait. Tous les indicateurs macroéconomiques étaient dangereusement au rouge.

Celou Dalein, lui a simplement brillé par son incapacité et son incompétence notoire aux travaux publics. Toutes les routes qu’il a fait construire n’ont pas résisté plus de 3 ans alors que le financement de ces routes par la banque mondiale et autres bailleurs de fonds a été fait sur la base des études qui ont pris en compte toutes les normes internationales de construction routière ; si ces normes avaient été respectées dans la pratique des faits, ces routes auraient pu registrer près de 30 ans avec des entretiens.

Par le biais de la corruption et des vols, l’essentiel de ces fonds sont finis dans les poches ou dans les comptes bancaires, et le plus souvent à l’étranger, et le pays est resté endetté inutilement. Il faut noter ici que Celou Dalein n’était le seul à profiter de ces fraudes ; c’est tout le gouvernement qui était impliqué,

C’est dire donc que si Alpha Conde n’est pas la solution pour la guinée, Celou Dalein est loin d’être une solution pour la guinée. Celou Dalein fera pire qu’Alpha Conde.

Comme Alpha Conde, Celou Dalein n’a aucune vision pour la guinée, aucuns projets concrets pour la guinée. Depuis 2010, Celou Dalein a organisé près de 1200 grèves en guinée ; toutes ses revendications sont axées soient sur les questions électorales, soit sur les critiques improductives contre Alpha Conde. Ces revendications sont essentiellement autour des questions électorales parce qu’il veut être président et il faut passer par les élections ; cela veut dire qu’il ne pense à lui-même, il ne pense pas à la prochaine génération, ni à l’avenir de la nation. S’il était soucieux de l’avenir de la nation, il se serait battu corps et âme contre la corruption, l’impunité, l’anarchie et les inégalités sociales qui ravagent la guinée et compromettent dangereusement toute perspective d’avenir pour la jeunesse guinéenne.

En plus, Celou Dalein n’est pas intelligent ; il est indélicat, impulsif et instinctif. Il manque de pondération. Sous l’effet de la frustration, c’est quelqu’un qui est capable des actes terribles. Celou Dalein n’a pas hésité de demander aux enfants de 15 et 16 ans, s’ils étaient prêts à se faire tuer pour lui alors qu’il a ses enfants qui vivent en toute sécurité à l’extérieur ; une attitude méchante et égoïste. Celou Dalein manque le contrôle de soi ; il ne peut pas diriger une nation.

C’est le moment pour les guinéens de se réveiller et de se mettre au-dessus des ethnies pour sauver la guinée. Le pays est en danger. Ce n’est plus le moment de s’enfermer aveuglement dans ce repli identitaire et regarder le pays dans sa chute libre aux enfers

Les partis politiques en guinée sont riches en cadres compétents, honnêtes et patriotes ; des cadres capables de transformer la guinée en un pays prospère. Ces hommes et femmes ne gagnent pas en visibilité parce que parce que Alpha Conde, Celou Dalein et d’autres leaders de parti bloquent leur émergence. Ces politiciens sont égoïstes, ils sont inconscients de leur incapacité et de leur incompétence, et refusent toute ouverture politique au sein des partis pour donner la chance aux cadres capables et compétents d’émerger.

De 2010 à nos jours, la guinée n’a pas fait de progrès dans le sens véritable du mot. Quand Alpha Conde est parti en Europe pour s’adresser au parlement européen, le président du parlement européen lui a dit en face que le seul progrès réalisé en guinée depuis 2010 jusqu’à nos jours, c’est l’absolution de la peine de mort en guinée.

Cependant, le président du parlement européen n’a pas manqué de rappeler à Alpha Conde les défis majeurs à relever à savoir : la corruption et l’impunité, la pauvreté et la misère, le climat des affaires et la non-transparence dans la gestion des affaires de l’Etat.

Alpha Conde et Kassory insistent à parler de progrès en guinée parce qu’ils ont une conception erronée du progrès économique.

Le progrès social trouve son fondement dans l’égalité des capacités pour tous ; c’est-à-dire une capacité égale et continue d’accès aux biens publics : éducation et formation de qualité, infrastructures sanitaires et système de sante performants, logements sociaux pour tous, transports, électricité et eau potable. Ces besoins fondamentaux, ce n’est pas le marché qui en assure le financement, c’est bien l’Etat, un Etat responsable qui assume ses fonctions régaliennes.

Aujourd’hui l’indifférence et l’insouciance totale des dirigeants guinéens ont plongé le pays dans un libéralisme sauvage inqualifiable ; c’est ce qui explique le fait qu’aujourd’hui, les maisons construites par Diamond Plaza ou Plaza Diamond se vendent entre 1 à 6 millions de dollar l’unité dans un pays ou le salaire moyen annuel d’un fonctionnaire est autour de 600 dollar. Ce qui veut dire qu’il va falloir à un fonctionnaire normal honnête de travailler plus de mille ans pour pouvoir s’acheter une de ces maisons.

Aujourd’hui, le Singapour est un pays développé avec un revenu annuel par tête d’habitant autour 35,000 dollar ; mais malgré cette réalité, les logements sociaux sont gérés directement par l’Etat et il y a un programme national de subvention qui permet et qui encourage tout citoyen à posséder un logement personnel a des couts presqu’insignifiants. C’est ça la fonction régalienne de l’Etat.

Chez nous l’Etat manque des moyens pour faire face aux projets qui répondent aux attentes du peuple à cause de la corruption, l’indifférence, l’insouciance et la carence de nos dirigeants qui sont ignorants des potentialités et des capacités disponibles mais aussi qui sont inconscients jusqu’à l’irresponsabilité des possibilités qui s’offrent à la guinée pour réaliser les potentiels du pays et créer des opportunités et des capacités pour tous.

Alpha Conde est incapable de combattre la corruption parce qu’il a déjà la certitude que la corruption est un phénomène complexe impossible à combattre ; cette certitude forge ses convictions qu’il prend pour la réalité et du coup il méconnait son ignorance. Quelque part, Alpha Conde ignore que la corruption peut être combattue et éliminée des structures étatiques. Un dirigeant ne s’étonne pas devant une situation difficile ; un dirigeant se pose des questions et tente d’y apporter des réponses pour élargir sa connaissance du monde. D’après Socrate, la certitude limite l’accès au savoir et renforce l’ignorance.

La corruption a été combattue et éliminée complètement des structures étatiques des pays comme le Singapour, le Rwanda, le Botswana, la République de Maurice (Ile Maurice). Aujourd’hui, la Tanzanie et la Namibie sont en luttes engagées pour l’élimination totale de la corruption. Ce n’est donc pas impossible en guinée. Ce qui manque en guinée c’est la volonté politique.

Contrairement à ce qu’Alpha Conde pense, il est plus facile de lutter contre la corruption structurelle, comme en guinée, que la corruption conjoncturelle, comme dans les pays développés. Dans les pays développés la corruption est conjoncturelle parce que la corruption structurelle est complétement éradiquée de toutes les structures de l’administration publique ; la corruption conjoncturelle, c’est-à-dire la corruption occasionnelle ne peut pas être éliminée tant que la terre reste peuplée d’êtres humains.

Aujourd’hui en guinée, les mérites de l’équipe gouvernementale se limitent uniquement à sa capacité de mobiliser des dettes pour financer pour des projets, ou à sa capacité de faire annuler une partie ou la totalité- des dettes en allant se faire humilier devant les portes des clubs de Paris ou de Londres.

La mendicité qui est devenue un réflexe et une habitue normale sape le fondement de toute réflexion objective rationnelle pour inciter la créativité et l’innovation. Aujourd’hui, les dirigeants guinéens sont incapables de réaliser que l’utilisation effective des potentiels du pays pourrait réduire énormément la dépendance de la guinée de la dette extérieure.

Un exemple qui est aujourd’hui une notoriété publique est le cas d’un businessman franco-israélien qui est venu se faire une fortune de 5 milliards de dollar en guinée avec seulement 130 millions de dollars.

Au temps de Lansana Conte, ce businessman est venu acheter une portion de gisement de minerais de fer d’une valeur de 5 milliards de dollar à seulement 130 millions de dollar ; il a vendu la moitié de ce gisement à 2 milliards 500 millions de dollar cash aux brésiliens. Ce qui veut dire qu’il y a de l’argent liquide en guinée ; les dirigeants guinéens en sont inconscients et ignorants. C’est pour cette raison qu’Alpha Conde court tout le temps pour aller tendre la main aux occidentaux, parce que la mendicité est devenue un réflexe pour lui.

Le Président Alpha Conde et Kassory Fofana parlent de progrès en guinée parce qu’ils se contentent des analyses comparatives irrationnelles. Ils tentent de comparer la guinée à elle-même dans un horizon temporel. C’est-à-dire on compare la guinée de 2010 et la guinée de 2018 et on montre les réalisations médiocres dans cet intervalle de temps comme progrès. Mais Alpha Conde et Kassory ignorent qu’entre 2010 et 2018, les attentes du peuple guinéens ont changé et évolué. Est-ce que les progrès dont ils parlent correspondent aux attentes du peuple guinéen aujourd’hui ? la réponse est NON.

L’analyse objective serait de comparer la guinée de 1965 au Singapour de 1965 et la guinée de 2018 au Singapour de 2018. Ou alors de comparer la guinée de 1994 au Rwanda de 1994 et la guinée de 2018 au Rwanda de 2018. Si Alpha Conde et Kassory veulent apprécier le progrès réalisé en guinée, c’est le genre d’analyse qu’il faut faire. Pas une analyse irrationnelle et médiocre.

Le Singapour accède à l’indépendance de l’empire colonial britannique en 1959 ; en 1963, le Singapour s’intègre dans la fédération des Etats de Malaisie parce que le pays était perçu comme non viable tout seul ; il est expulsé de la fédération 2 ans plus tard, en 1965. Le Singapour est alors abandonné à son sort sans ressources naturelles, sans terres cultivables, sans eaux potables, le pays importait l’eau potable de la Malaisie, sans projets de développement et sans amis dans la région. Le leader singapourien, Lee Kuan Yee, eut l’idée de créer une Cité-Etat avec une population de 2 millions environ. La lutte contre la corruption devient le premier chantier à abattre ; il lance les projets de développement et en moins de 30 ans, la Cite-Etat devient un pays développé. Aujourd’hui, le Singapour est l’usine du monde de la pusse informatique ; le premier pays au monde dans la lutte contre la corruption, le premier pays au monde dans l’enseignement de mathématiques, premier pays au monde pour le climat des affaires, premier pays au monde en matière de sécurité. L’Etat singapourien est géré comme une entreprise privé avec critères de performance et de résultats. C’est pour dire qu’un pays ne se développe pas par hasard ou par tâtonnements comme c’est le cas en guinée.

Le Rwanda est déchiré et ravagé par une guerre fratricide et génocidaire en 1994 qui a transformé le pays en cendre ; le socle social et économique complétement sapé. En 2000, Paul Kagamé prend le pouvoir après une période transition durant laquelle il était premier ministre ; en 10 seulement, le pays est transformé en miracle économique. Aujourd’hui la société rwandaise qui était une société de subsistance est transformée en une société basée sur l’économie du savoir. Aujourd’hui, la santé pour tous est une réalité ; la couverture de sante universelle est une réalité au Rwanda. La corruption est complétement éliminée au Rwanda, l’administration publique informatisée ; la fonction publique rwandaise est une fonction publique de mission avec obligation de performance et de résultats. Elle est gérée comme une entreprise privée avec rigueur et discipline. Des centre d’innovation partout dans le pays et des parcs de technologies mis gratuitement à la disposition des jeunes qui viennent profiter de la gratuité des lieux et de l’internet connexion pour réaliser leur potentiel. Des grandes universités telles que Université Carnegie Mellon et I ’Institut Africain des sciences mathématiques ont ouvert leurs campus à Kigali, la capitale rwandaise.

Le Président Alpha Conde est fier de dire à qui veut l’entendre que la guinée a désormais la capacité d’exporter 20 millions de tonnes de bauxite chaque année et que la vision est d’élever cette exportation à 40 millions de tonnes à partir de 2018. Ce qui est important pour le peuple de guinée n’est pas la quantité de bauxite exportée chaque année mais l’impact social de ces exportations ; combien la guinée gagne dans ces exportations et quels effets d’entrainement ces exportations ont sur les niveaux de vies des guinéens. Rien n’est moins sûr tant que la corruption reste encrée dans les normes du pays. Tant que la corruption n’est pas éliminée, ce serait dangereux, voire un suicide de se fier à ces discours présidentiels. Si les guinéens n’en profitent pas, ces milliers de tonnes de bauxite exportées n’ont aucune signification pour la société guinéenne.

Selon certains rapports des organisations internationales, de 2010-2017, les recettes d’exportations de bauxite de guinée sont de l’ordre de 6 milliards de dollar. On ne saura jamais le montant versé à au gouvernement guinéen durant cette période compte tenu de la non transparence dans la gestion de l’administration Alpha Conde.

Les richesses immenses du pays ne profitent jamais au peuple guinéen ; il appartient donc aux guinéens de se libérer de cette oppression économique de la part des multinationales mais aussi des fonctionnaires guinéens malhonnêtes corrompus. On ne peut plus continuer à fuir nos responsabilités. Ce qui se passe aujourd’hui est pire que la colonisation française ;

Pour que la situation change en guinée et que le pays trouve le chemin de développement il faut absolument changer les hommes pour pouvoir changer le système. Pour y parvenir, il faut un véritable projet et de culture de citoyenneté, une véritable maturité politique, une sensibilisation collective qui va nous aider, les uns les autres, à nous mettre au-dessus des logiques identitaires ethnocentriques très nuisibles pour notre société.

 

Mohamed Condé

Depuis Kabul

 

 

 

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