Le feuilleton Mamadou Sylla et son ancien numéro deux se prolonge. Les déclarations contradictoires par médias interposés entre les deux hommes se multiplient depuis la dernière vague de démission des cadres du parti. Soriba Sorel Camara, démissionnaire et secrétaire général du ministère de l’élevage, dans un entretien qu’il nous a accordé, parle de circonstances de ce divorce. Il explique ses relations avec le RPG arc-en-ciel [parti au pouvoir, NDLR], ses perspectives politiques avec ses amis démissionnaires.

 

Aminata.com: récemment vous aviez tenté de temporiser le bras de fer qui vous oppose à Mamadou Sylla. Le lendemain vous avez démissionné du parti. Qu’est-ce qui explique ce passage à la vitesse supérieur?
Soriba Sorel Camara: vous vous souvenez il y a plus de trois semaines maintenant, le secrétaire général de l’UDG a été suspendu par son président pour avoir commis le seul crime d’aller à l’assemblée générale du RPG arc-en-ciel se prononcer au nom du parti son soutien au Président de la République. Mais aussi, réaffirmer son soutien au candidat du RPG arc-en-ciel, Monsieur Kory Koundiano au poste de président de l’assemblée nationale. A la vitesse supérieur, parce que nous avons compris qu’il y a une dénonciation tacite du Président de l’UDG de notre alliance. Il disait sur les ondes qu’il a un deal, il doit être élu au poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. Etant donné que le Pr. Alpha Condé qui était candidat comme lui, étant que l’UDG devient la troisième force politique et la quatrième force du pays avec trois députés. Donc, selon lui, si le président de l’assemblée revient au RPG, le vice-président revient de facto non au parti mais lui en personne. Il y a eu de quiproquo, la suspension qui était intempestive et inappropriée a été décriée à bon nombre de cadres. Cela a abouti à cette démission car nous ne sommes pas de divisionnistes et on ne peut pas accepter la dictature au sein du parti.

 

Des négociations entre vous et Mamadou Sylla étaient en cours. Elles avaient échoué à la dernière minute?
Autant on a voulu négocier autant le Président de l’UDG montait au créneau sur les médias pour exprimer la fermeté de sa position vis-à-vis du Président de la République, du RPG arc-en-ciel, de l’ensemble de députés.

 

La revendication de Mamadou Sylla du poste de vice-président est à l’origine de votre suspension suivie par votre démission du parti. Selon vous, il ne mérite pas d’occuper ce poste?
Non! Ce n’est pas parce qu’il ne mérite pas mais la démarche qu’il a observée n’est pas légale. Ce n’est pas le Président de la République qui élu ou désigne le vice-président, c’est les députés. Et mieux, cette revendication ne doit pas être l’objet d’une revendication stérile qui le pousserai à suspendre son secrétaire général.

 

Mais, Mamadou Sylla accuse le pouvoir d’être derrière votre démission
Ça, il n’a qu’à le dire. Je pense que le pouvoir ne peut pas être la cause de démissions des hommes libres et conscients comme nous. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on a commencé la politique. Mais qu’il sache aussi parmi nous, y en a des commis de l’Etat qui ont bénéficié de décrets du pouvoir. Alors si créer une contradiction de fond entre lui et le pouvoir peut nous créer de problème, ce qu’il veut exposer l’avenir de ces cadres qui sont au sein de ce parti.  Et ceux-là aussi comme on vient en politique pour bénéficier des avantages politique et administratif, ne peuvent pas s’asseoir  sans se désolidariser de cette déclaration du Président de l’UDG. Ce pour n’est pas avoir de situations désagréables à l’avenir.
Le divorce entre M. Sylla et le RPG arc-en-ciel allait-il compromettre les cadres de l’UDG?
Je ne pense pas désormais que la confiance existe entre le RPG et l’UDG.  Il y a maintenant la méfiance mais l’avenir aussi de cadres environ 10. S’il dit que l’UDG n’a rien eu du Pr. Alpha Condé, je lui dis non. Il y a de ministres tel que Dorval Doumbouya, ministre du commerce, le secrétaire général de l’élevage, les préfets de Mandiana, de Dubréka sans compter les autres cadres qu’il a cités dans ses déclarations antérieures. Imaginez que l’avenir de ces cadres soit compromis par les guéguerres qu’il a provoquées entre lui et l’Etat. Si d’une manière unilatérale, il prend des décisions sans qu’il y a réflexions du parti ce que il compromet l’avenir de cadres de son parti.

 

Quels sont ses défauts?
Je ne peux pas aller jusqu’à ce niveau. Nous gérons la situation qui a été posée. On ne peut pas suspendre un secrétaire général du parti par téléphone. Il était à Boké, il l’a fait. Il n’est pas passé par un congrès statutaire. Il dit que les statuts ont dit que celui le Président, le propriétaire du parti. Il dit aussi que tous les cadres du parti sont ses travailleurs, ses ouvriers qu’il paie à la fin de mois, qu’il chasse quand il veut et qu’il ramène quand il veut. Cela ne pas de nature à créer un climat démocratique favorable au parti.

 

Personnellement, il vous paie par mois?
C’est lui qui le dit. Il faut le demander à combien il paie chacun par mois. Il ne me paie par mois, je suis le secrétaire général du parti, j’ai mon carburant d’un millions de francs guinéens par mois (1 000 000 GNF) pour cent litres pour me permettre de circuler. Il me le donne en tant que président mais dans les caisses du parti. Je ne suis pas le seul, c’est moi qui assure le fonctionnement du siège du parti. Il y a un budget de fonctionnement qui est payé. Parfois, c’est dans ce budget que le secrétaire général a son carburant, l’administrateur, les secrétaires, tout le monde.

 

A part cet avantage?
N’Y a aucun autre avantage. Il m’avait donné un premier véhicule comme il l’a dit dans les médias. Le premier véhicule vous vous souvenez en 2009, le CNDD qui avait pris d’assaut la ville de Conakry. Le CNDD est venu jusqu’à chez moi, prendre mon véhicule. Lui-même avait démarché, il n’a pas eu. Après il m’a donné un véhicule de génération de 2003 que le PUP avait utilisé à l’époque pour la campagne. Il l’a retiré de main du PUP. Ce véhicule ce cal bien dans ce garage à l’heure où je vous parle. A part de ça, je ne pense pas qu’il y ait de quelque chose qu’il m’a donné.

 

Qu’est-ce que vous comptez faire après votre démission de l’UDG?
D’abord, le contact avec le RPG arc-en-ciel est quotidien. Dans la déclaration nous avons dit que la suite sera définie par un point de presse. Nous sommes en train d’observer les hauts et les bas de l’évolution sur le terrain.

Mais vous ne pouvez pas être allié avec le RPG arc-en-ciel sans que vous ne soyez dans une formation politique
Non! Il y a des militants de l’arc-en-ciel, y a de sympathisants.

Donc, vous allez intégrer le RPG arc-en-ciel?
Ça serait défini au temps opportun. Pour le moment nous observons. Nous n’allons pas vite en besogne. On profite des opportunités mais nous ne sommes pas des opportunistes. Ça c’est en politique.

 

Est-ce qu’il y a une possibilité de réconciliation entre vous et Mamadou Sylla?
Même dans les grandes guerres ancestrales dans la lutte de classes, dans l’évolution sociale, les guerres mondiales mais tout a fini autour des tables de négociations. C’est la suite de négociation qui va déterminer la suite de notre position.

 

Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui vous accusent d’être un opportuniste?
Personne ne m’a accusé, c’est Mamadou Sylla qui a dit dans ses émissions. Il dit que j’ai démissionné parce que je veux être ministre de l’élevage. Mais il oublie que le poste d’un ministre est un pouvoir discrétionnel du Chef de l’Etat. Il oublie qu’avant les partis politiques, je suis un commis de l’Etat. Je suis un ingénieur de formation, j’ai mes certificats en géo-mines, j’ai mon diplôme d’université en agronomie, j’ai mon certificat en langue communication. J’ai tout ça avant de tomber en politique.

J’ai été député à l’assemblée nationale, Conseiller politique du Président Lansana Conté, gouverneur de la ville de Conakry aujourd’hui secrétaire général du ministère de l’élevage. Si Dieu veut que je suis une ascension plus que ça, c’est Dieu qui le voudra. Si le Chef de l’Etat dit que Sorel peut être utile ailleurs qu’ici celui qui le décidera.
Mais on ne fait pas un mouvement politique de ce genre que lui-même a provoqué pour requise tout ça sur le dos des autres. Tout ça, il le fait pour bloquer l’avenir de ses cadres dans le temps. Surtout c’est ce qu’on a dénoncé. Sinon il n’allait pas intérêt à aller jusqu’à ce niveau.  Si l’avenir de cadres de son parti le préoccupait au lieu de s’occuper à chercher à avoir le poste de vice-président.

 

Propos recueillis par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com
alpha.oumar@aminata.com
+224 666 62 25 24

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