Guinée : morts et criminalité lors des violences post-électorales

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Alpha Oumar Diallohttp://aminata.com
Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

Dans un rapport publié en date du 24 juillet, l’ONG internationale des défenses des droits de l’homme Human Rights Watch dénonce l’usage disproportionné des forces de l’ordre dans la répression des manifestations. “Des preuves crédibles montrent que les forces de sécurité guinéennes ont eu recours de façon excessive à la force létale et ont adopté d’autres comportements non professionnels lors des violentes manifestations de rue qui se sont déroulées en février et mars 2018“, peut-on lire dans le rapport.

Depuis l’élection communale et communautaire suivi de la grève des enseignants, l’ONG affirme qu’au moins sept personnes ont été tuées par balles et au moins 80 blessés. L’organisation qui s’appuie des témoignages et des rapports médicaux estime que des policiers et gendarmes se sont lancés dans répressions excessives de manifestations contre le régime du Président Alpha Condé. Par ailleurs, Human Rights Watch fustige l’impunité dont jouissent les forces de sécurité impliqués dans la tuerie des opposants.

Le seul moyen de rompre le cycle de violence politique en Guinée et de rendre justice aux victimes est de mener une enquête digne de foi et de réclamer des comptes aux personnes impliquées” a déclaré Corinne Dufka, directrice de recherches sur l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch

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Des centaines d’opposants en prison

En Guinée, les manifestations de l’opposition sont régulièrement endeuillées par la répression policière. Le 19 juillet, pour protester contre les fraudes électorales qui ont découlé des élections locales, l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo a organisé une marche pacifique qui a été très vite réprimée.

Au moins deux personnes avaient été tuées, une dizaine de blessés par balles et des centaines d’arrestations. Dans les commissariats de police et des escadrons de gendarmerie des opposants sont derrière les barreaux sans être jugé. C’est le cas du jeune opposant Thierno Sadou Diallo, incarcéré depuis une rencontre sportive qui a mal tourné. Depuis le 8 juillet, sa famille s’inquiète de son sort.

Ce jour-là il a organisé des matchs de football au relent politique. Des gendarmes s’étaient intervenus pour disperser la foule venue suivre le match. Il y a eu plusieurs arrestations. Depuis, Thierno Sadou et ses collègues sont amenés par des gendarmes. “Nous avons appris qu’ils sont frappés et torturés, ça nous inquiète énormément. Ils ont juste exercé un droit constitutionnel. Nous voulons qu’ils soient libérés“, indique son frère interrogé par Aminata.com. Des ONG locales comme le Même droit pour tous (MTD) s’activent dans les commissariats et tribunaux pour tenter d’obtenir la libération des opposants politiques.

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Déni de responsabilité

Human Rights Watch accuse les forces de sécurité d’ouvrir le feu sur des manifestants désarmés. L’ONG a interrogé certains officiers de sécurité. “Les responsables de la police et de la gendarmerie ont fait remarquer à Human Right Watch que les forces de sécurité n’étaient pas autorisées à porter des armes dans le cadre de leurs interventions lors de manifestations. Ils ont au contraire blâmé les manifestants pour les morts, les accusant d’avoir été en possession d’armes automatiques, sans toutefois avancer que des membres des forces de sécurité avaient été blessés par des balles du type utilisé par les armes automatiques. De nombreux témoins ont vu des policiers et des gendarmes porter et utiliser des armes automatiques“, peut-on lire dans le rapport. “Une enquête impartiale et des sanctions à la fois à l’égard des forces de sécurité impliquées dans les violences et à l’égard des manifestants qui ont enfreint la loi montreraient que le gouvernement s’engage à protéger les droits de tous les Guinéens, indépendamment de leur affiliation politique“, espère Corinne Dufka.

Ousmane Cissé pour Aminata.com

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