S’il est une corporation qui joue son rôle de façon, presque satisfaisante, c’est bien celle des  journalistes guinéens, au four et au moulin, grouillant comme des abeilles, mais, au finish, qui  servent du bon produit au lecteur averti.

Cependant, s’il est à faire une remarque sur les prestations de cette corporation, c’est le fait que les informations spontanément données, dominent les analyses. Très peu de nos confrères s’y essaient sinon que, ceux qui tentent de le faire sont confrontés ou à la non-maîtrise de la langue de communication ou au déficit d’informations justes sur le sujet à traiter, étant entendu que la rétention de l’information du côté des pouvoirs publics est monnaie courante en Guinée. Aussi, serait-il honnête de relever la mauvaise formation  des hommes de la Presse, le manque d’outils pour bien exercer le métier, les difficultés liées au manque d’assistance de l’Etat. La subvention est insuffisante. Il y aussi l’insécurité dans l’environnement où évolue la presse, quand on sait déjà que des journalistes sont en exil et d’autres quotidiennement menacés dans l’exercice de leur métier. La presse écrite sur papier a presque cédé la place à la presse en ligne, du fait du coût élevé de l’impression des journaux et du temps qu’on y consacre. Des journaux sont toujours d’actualité parce que faisant le bonheur de ceux qui n’ont pas accès à l’internet. Ils sont nombreux quoi que la presse en ligne, à la portée d’un petit groupe, reste un support rapide pour servir les toutes premières informations aux toutes premières heures. Il a été évoqué, un moment, l’adoption de la convention collective, pour valoriser l’avoir du journaliste, selon ses références professionnelles, comme c’est le cas ailleurs. Cela n’a pu se faire, étant donné le manque de moyens des patrons de presse dont certains ont des difficultés à se faire héberger. C’est dire que c’est un véritable travail de pionnier qu’abattent les journalistes guinéens, parfois traités de tout, parce que tenus, en certaines occasions, de se laisser manipuler au profit de telle ou telle cause qui leur assure la pitance du jour. Au point de faire croire  à l’existence d’une presse alignée. Un constat douloureux qui  met en cause la qualité de nos productions. Toutefois, il est bien des confrères qui résistent aux tentations de tous genres pour sauver le métier de ce dont beaucoup l’accusent. Il est à faire remarquer, aussi,  la défiance ou, peut- être la crainte des autorités du pays à l’égard de la presse guinéenne. La plupart de nos ministres préfèrent se tourner vers la Presse étrangère pour se faire vendre l’image. En Guinée, la fausse image ne se consomme pas. Il ne faut surtout pas  compter sur la Presse guinéenne pour en faire la publicité. Même le Chef de l’Etat recourt à la Presse étrangère,  pour se faire mieux apprécier de ceux qui ne le connaissent que sur les chaines des télévisons étrangères ou dans les colonnes parfumées de Jeune Afrique. La Presse nationale, c’est le Mauvais témoin du Pouvoir, serait-on amené à le faire penser. C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres, que le journaliste guinéen exerce son métier dans un environnement infernal. Il faut oser le faire, pour le bonheur du peuple abusé.

Par BAH  Boubacar Binany , Journaliste

 

PARTAGER