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L’Agriculture au secours des Négriers du Rio Pongo.

L’Agriculture au secours des Négriers du Rio Pongo.

 

Prenons la période entre 1830 et 1840 par exemple, les navires Anglais qui patrouillaient à la recherche des bateaux négriers, avaient un quasi contrôle sur plusieurs centres négriers sauf le Rio Pongo. Thomas Curtis, bien qu’Américain comme son père Benjamin et John Ormond Jr, Anglais, et d’autres Négriers firent un déplacement à Freetown, en Sierra Leone pour dire au Gouverneur de la Sierra Leone, pour prêter allégeance à la Couronne Britannique et renoncer à la vente des esclaves. Je n’ai pas mes documents pour donner la date précise de cette démarche.

 

L’ile de Room fut la première à devenir une possession Anglaise et plus tard, toutes les Iles de Los devinrent Anglaises. Les navires qui patrouillaient en mer, avaient donc leur base sur les Iles de Los. Normalement, selon les lois votées en Angleterre et en Amérique, qui interdisaient les transports des esclaves des côtes Africaines vers l’Amérique et l’Europe, les navires ne devaient faire des patrouilles qu’en haute mer. Ce que les Gouverneurs de la Sierra Leone ne respectèrent pas.

 

Ces Gouverneurs successifs de la Sierra Leone, vont se comporter au Rio Pongo comme si c’était un territoire Anglais. Je ne sais pas encore toutes les méthodes de transmission des informations aux Gouverneurs de la Sierra Leone, je sais par contre qu’ils avaient régulièrement des informations sur chaque négrier. Il faut dire que tous les irréductibles de la traite négrière avaient pour refuge, le Rio Pongo. Des Sénégalais, des Goréens (l’Ile de Gorée n’était pas encore rattachée au Sénégal) et d’autres nationalités, s’y installèrent pour échapper aux patrouilles Anglaises. Le Rio Pongo était l’endroit idéal pour une partie de cache-cache des négriers et navires Anglais.

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L’introduction de la culture du café (je n’ai pas la date en tête), va constituer une bouffée d’oxygène pour les négriers. Les documents Anglais disent qu’en 1830, Mary Faber avait 6 000 esclaves, alors imaginez la gestion d’un si grand nombre d’esclaves pendant la saison pluvieuse quand les bateaux n’arrivaient pas du tout et pendant la saison sèche quand les bateaux se faisaient rare à cause des patrouilles. Des révoltes d’esclaves qui n’en finissaient pas.

 

Les esclaves seront occupés dans les plantations de café et plus tard dans les champs d’arachide. L’arachide avait supplanté le café. Quand un navire Anglais arrivait dans une factorerie, le négrier avait l’Agriculture comme alibi pour expliquer l’augmentation de la population de la factorerie. Le manège était ceci : Quand un bateau arrivait, le négrier allaient chercher des esclaves aux champs, il remplissait le bateau qui pouvait repartir incognito.

 

Quand les Anglais tombaient sur un négrier entrain de charger un bateau, ils prenaient les esclaves qu’ils installaient plus tard en Sierra Leone et bombardaient la factorerie. Deux exemples qui illustrent bien cette période.

 

• Des négriers furent surpris à Bashia, leur factorerie fut bombardée. Le chef Baké de Lisso, leur tuteur, s’énerva contre les Anglais. Il alla demander de la poudre à canon aux Missionnaires Anglais, pour tirer sur le navire Anglais. Pure folie. Les Missionnaires refusèrent évidemment mais sous la menace de mort du chef Baké, ils allèrent se réfugier dans le navire Anglais. Il avait fallu l’intervention du chef Katty pour faire plier le sulfureux chef Baké et permettre aux Missionnaires de repartir dans leur école.

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• La Dame Nyara Beli, fut surprise à son tour, sa factorerie fut bombardée et pire, elle fut arrêtée et passa trois jours en prison dans le navire. Les documents de Bruce Mouser, l’historien Américain, ne parlent pas des conditions de sa libération. A Farinya ou Faringhuia, j’avais évoqué ce sujet avec Karamoko Baba (un des descendant de Nyara Beli et de son troisième mari), sa version : « En effet, Nyara Beli fut prisonnière des Anglais, elle avait autour du bassin, trois chaines en or. Elle utilisa une pour corrompre les gardes pour sa libération ». Toujours est-il que Nyara Beli en garda un souvenir amer à tel point qu’elle faisait appel à un interprète pour communiquer avec les officiels britanniques qui allaient à Farinya. Elle sera par contre, une bonne alliée des Français, c’est une autre histoire.

 

L’Agriculture aida les négriers à tel point que, selon les documents Anglais, ils continuèrent à se faire de l’argent même après la fin de la traite négrière. C’est l’esclavage interne qui n’est pas dans mon domaine de recherche.

 

Source : la thèse de Bruce Mouser.

J’ai profité d’un petit temps libre à Dakar pour écrire ce texte.

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