Dr Alia Diaby , président de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humaines (INIDH) a accordé cette semaine une interview exclusive à nos  rédactions. Au cours de cet entretien, l’activiste des droits de l’homme  s’est amplement exprimé  sur certaines actualités défrayant la chronique dans la cité notamment,  sur l’étude du rapport de Monitoring sur les prisons, ses innovations apportées en matière des droits de l’homme  au compte de son institution, la destitution de Kélèfa Sall à la tête de la Cour constitutionnelle et d’autres sujets cruciaux ont été   aussi abordé lors de cette interview.  

Lisez !  

Aminata.com/justinmorel.info : Actuellement, il y a votre institution qui étudie un rapport de Monitoring sur les prisons. Pouvez-vous  dire le niveau d’avancement des préparatifs ?

Dr Alia Diaby : Le Monitoring des prisons a eu lieu du 07 au 27 septembre dernier. Nous avons tenu une clôture qui a permis aux commissaires de l’INIDH de discuter des différents rapports qui sont arrivés au niveau du bureau de l’INIDH.

Nous avons fait visiter les sept régions administratives et discuter avec quelques infirmiers des régisseurs au niveau des différentes maisons centrales. Nous avons également puis discuté avec des détenus.

Donc, il se dégage qu’à peu près 74 unités de police et de gendarmerie ont été visitées et on s’est rendu compte qu’il y a à peu près 1419 détenus dans des prisons de l’intérieurs et 1363 à Conakry. Ça, c’est des chiffres qui peuvent varier qui sont ceux de septembre.

Actuellement donc, un rapport intégré c’est-à-dire qui prenne en compte le contenu des différents rapports est entrain d’être élaboré et il sera mis à la disposition de l’autorité et publié conformément à la loi.  Ça va être un rapport circonstanciel, donc on aura finalement des informations vérifiables comparables aux standards internationaux sur les prisons en Guinée.

Donc, ça a été le travail essentiel qui a pu être fait au compte de la session de septembre 2018.

Aminata.com/justinmorel.info :    Depuis votre prise de fonction à la tête de l’INIDH, quelles sont  innovations que vous avez que vous avez apportées en matière des droits de l’homme au sein de votre institution ?

Dr Alia Diaby : En termes d’activités concrètes, nous avons pour la première fois publiée un rapport annuel.

Donc, le annuel de 2017 a été produit. Nous sommes entrain d’élaborer un rapport circonstanciel et nous avons restauré la confiance et l’image de marque de l’institution et rétablir quelques peu le contact avec les organisations de défense des droits de l’homme, le haut-commissariat aux droits de l’homme.

En termes d’innovation, nous avons envisagé la création d’une clinique pour prendre en compte les plaintes individuelles et pour pouvoir les gérer et aujourd’hui, j’ai le plaisir d’informer que cette clinique a déjà été meublée et la personne qui a été recrutée est à la fois avocat à la cour est docteur en droit.

Donc, nous pensons qu’à partir du mois de novembre, les activités de cette clinique vont démarrer très concrètement.

Nous avons l’intention de faire évoluer l’image de marque de l’institution, nous avons essayé de payer une partie des arriérées que l’INIDH devait au réseau  des INIDH de l’Afrique de l’ouest.

Je dispose de tous les éléments de preuve pour dire que nous avons réduit les arriérés de dette que nous avons à l’égard de cette institution.

Ce qui nous donne le droit à la parole et on ne peut pas par la suite se gêner de participer activement aux réunions de ce réseaux entre autre, nous sommes entrain de faire tout ce qui est de notre pouvoir.

L’INIDH par la participation de ma personne est allée voir ce qui s’est passé au forum mondial des droits de l’homme à Beguine récemment.

Donc, j’ai aussi apporté un certain nombre d’élément. Nous avons vu comment, ils travaillent sur les questions de droits économiques et sociaux et  nous allons essayer de faire tout ce qui est à notre pouvoir pour changer la donne chez nous ici.

Aminata.com/justinmorel.info :    Quelles sont vos perspectives envisagées dans le cadre d’une dynamique de votre institution ?

Dr Alia Diaby : Pour dynamiser l’institution, il faut d’abord prendre à mon avis en compte les plaintes, les gérer et les faire aboutir.

Ça c’est la clique juridique, je vous dis qu’elle va commencer à fonctionner en novembre. Nous avons décidé cette année de lancer la palm nationale des droits de l’homme (PANAD).

Donc, sur la dernière activité de l’année, ça va être la semaine nationale des droits de l’homme. Nous avons l’intention de créer des relations avec les partenaires par exemple, on a l’intention de créer le réseau des journalistes des droits de l’homme et pour organiser quelques réunions régulière avec ces entités là pour développer la prise en charge des questions relatives aux droits de l’homme notamment les questions particulières qui concerne les femmes et les enfants.

Par ailleurs,  il y a aussi et surtout le fait que nous avons l’intention de sortir le rapport annuel  de 2018 et si ce rapport sort, il pourra nous permettre de demander par la suite notre accréditation auprès des institutions du réseau mondial des Institutions nationale des droits de l’homme.

Aminata.com/justinmorel.info :   Certains leaders de la société civile et des partis politiques se sont opposés à la destitution de kelefaSall à la tête de la cour constitutionnelle en defaveur de Mohamed Lamine Bangoura. Quel est en est votre avis ?

Dr Alia Diaby : Cette question puisqu’elle concerne en partie la destitution du président de la cour constitutionnelle, je ne veux pas me prêter à des intentions aux responsables de cette institution.

Et ensuite, les juger sur des intentions que moi-même je leur aurais prêté. Donc, c’est  une question qui n’est pas d’actualité de mon point de vue.

Si un jour, le principal intéressé se prononce sur la question en ce moment-là, la parole aura été libérée. Pour le moment, je considère que la parole n’est pas libérée sur cette question et pour l’instant, je vous renvoie à l’article 27, deuxième alinéa de la constitution qui est très explicite sur la question.

Aminata.com/justinmorel.info :   Ces mêmes leaders pensent que la destitution de Kelefasall à la tête de cette haute institution juridique du pays serait  une occasion pour le président de la république Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Qu’en dites-vous ?

Dr Alia Diaby : C’est une question qui est liée à celle  de la destitution du président de la cour constitutionnelle.

Pour moi, on n’en est pas là et j’ai prêté serment de n’exprimer aucune opinion et de ne prendre aucune position sur les questions revenant  de la compétence de la cour et je n’ai pas non plus l’intention de prêter des intentions à certaines personnes et dans un deuxième temps leurs faire un procès d’intention sur la base d’une intention que moi-même je leur aurais attribué.

Aminata.com/justinmorel.info :    Quelle  est votre analyse sur les différentes crises politiques dans le pays ?

Dr Alia Diaby : S’agissant des violences survenues à Kindia et à Conakry où il y a eu déjà deux morts, l’INIDH regrette cet état de fait et a déjà déployé des commissaires à Kindia pour essentiellement documenter toutes les violences consécutives à la mise en place du conseil communal qui a mal tourné et à Conakry pour documenter sur la mort de deux  jeunes qui ont été arrachés à la fleur de l’âge.

Donc, quand nous aurons toutes les informations, l’INIDH décidera ce qu’il faut faire. Nous tenons cette  occasion pour présenter nos condoléances aux familles éplorées et nous demandons à toutes les parties la retenue pour mettre la Guinée au-dessus de tout.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Barry pour Aminata.com et Léon Kolié pour JMI  

 

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