A moins d’un cataclysme politique, le futur président de l’Assemblée Nationale guinéenne viendra des rangs de la majorité présidentielle dominée par le parti au pouvoir, le Rpg-Arc-en-ciel.

Egalement, à ce niveau, sauf changement de dernière minute, le patron du perchoir sera choisi parmi les députés du parti présidentiel issus de la région forestière.

Depuis la proclamation des résultats définitifs par la Cour Suprême, le vendredi 15 novembre, les réunions et les conciliabules se succèdent les unes après les autres pour départager deux grandes figures, considérées à juste titre comme les potentiels candidats au perchoir. Il s’agit des honorables députés Kory Kondiano et Michel Kamano, tous les deux, fils natifs de Guékédou, l’une des préfectures de la Guinée forestière.

Notons qu’au départ, chacun des deux candidats porte sur lui les chances de devenir Président de l’Assemblée Nationale et de facto, le dauphin constitutionnel de la Guinée et qui sait… Ce qui revêt tout l’intérêt pour les Guinéens de connaître, si possible de plus près, le portrait robot du prochain numéro 2 de l’Etat.

Par ordre alphabétique, tournons les regards vers M.Kory Kondiano, l’un des possibles patrons du Parlement.

Ses atouts : Actuellement à la retraite, il tire sa notoriété à la Banque centrale où il faisait office de Conseiller. Mais avant, cet argentier du Rpg, a fait un passage dans le gouvernement du Général Lansana Conté comme Secrétaire d’Etat à l’industrie, après le discours programme du 22 décembre 1985.

Certains observateurs pensent également qu’il fait parti des cadres de l’ombre ayant soutenus pendant toutes les épreuves, le Pr Alpha Condé. De nombreuses sources affirment qu’il a d’ailleurs les faveurs et le soutien de celui-ci pour accéder à cette fonction.

Ses faiblesses : Ce commis de l’Etat, apparaît aux yeux de l’opinion comme un grand inconnu du public.

Quand à son concurrent, l’évocation du nom de l’actuel Président du conseil économique et social, peut susciter des commentaires favorables ou non à l’homme.

Ses atouts : Ministre de la communication dans le gouvernement constitué en 1996 de l’ancien Pm Sidya Touré, Michel Kamano est connu comme l’un des précurseurs de la libéralisation des ondes en Guinée. Sous son temps, la radio Africa N°1 sera autorisée à animer des émissions « la quinzaine d’Africa N°1 » à Conakry en modulation de fréquence (FM).

Plus tard, avec la mise en place des institutions de l’Etat, il sera nommé Président du Conseil Economique et Social. Depuis, il assume cette fonction. Soit plus d’une décennie. Même après l’arrivée de la junte qui a suspendu la constitution, dissout le gouvernement et les Institutions (et fondamentalement l’Assemblée Nationale), ses compétences et son expérience obligeront les putschistes à le réhabiliter.

Contrairement à de nombreux cadres du pays, Michel Kamano articule avec aisance le français, l’anglais, le poular, le soussou, le malinké et sa langue maternelle. Son éloquence associée à son savoir faire, font de lui un causeur averti devant le public. Sur le plan politique, il est crédité être un cadre du Rpg discret et efficace sous le règne de Conté et militant engagé avec l’avènement du Pr Alpha Condé.

L’autre atout et non des moindres est sans nul doute ses entrées et son carnet d’adresses. A ce niveau, il semble disposer d’une grande longueur d’avance face à son frère.  Et de l’avis de nombreux observateurs, ses entrées dans les chancelleries et son carnet d’adresses fort intéressent et de puissants réseaux d’amis à travers le monde placent Michel Kamano, comme un modèle à la tête de l’institution parlementaire.

Ses faiblesses : Michel Kamano est cité pour être l’un des piliers de l’ancien régime, même s’il n’a pas son nom sur aucun dossier de détournement denier public, établi par les gouvernements précédents et actuels.

En plus d’être ressortissants de la Forêt, les deux candidats partagent la même religion, le catholicisme. A en croire les langues fourchues, Michel Kamano, dans son costume de Président du Parlement, semble avoir plus d’arguments à tenir la dragée haute et surtout à pouvoir contenir les asseaux et les attaques virulentes de l’opposition, lors des débats.

Il appartient après tout aux honorables députés de procéder le moment venu, au choix qui devra intervenir à travers un vote à bulletin secret. D’où l’intérêt pour les deux protagonistes à se comprendre avant cette épreuve fatidique.
Les Guinéens eux, quelque soit celui qui aura la confiance des élus, attendent non sans raison, d’avoir un interlocuteur crédible, disponible et efficace qui servira d’interface entre les citoyens et l’Etat.

B.Abdallah/Aminata.com

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