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« Violée par des médecins dans une clinique où elle ne demandait qu’à être soignée d’un petit malaise… » (Par Marietou Bah)

La lutte contre les violences faites aux femmes, un combat réservé uniquement aux femmes ?

Violée par des médecins dans une clinique où elle ne demandait qu’à être soignée d’un petit malaise, M’mah Sylla tombe enceinte de ses bourreaux qui tentent de la faire avorter en procédant à des interventions successives dignes du travail d’un charcutier. Si son pronostic vital n’est plus en danger, dit-on, elle aura eu un coup de chance grâce aux soins que lui procurent actuellement les médecins du service public.

Que va devenir cette femme victime de graves traumatismes qui obscurcissent son avenir ? Que retiendra l’histoire de cette affaire qui défraie la chronique et suscite l’indignation collective ?

Aussi surprenante est la position de ceux qui estiment que les femmes doivent être à l’avant-garde du combat pour leur émancipation et qu’il leur appartient de prendre en premier lieu l’initiative de dénoncer l’injustice subie par Dame M’mah Sylla et tant d’autres victimes connues ou anonymes. Ce combat elles l’assument à toutes les occasions en étant souvent au chevet des victimes et dans les rues pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Elles le font bien et même très bien comme en témoignent les journées de mobilisation et de plaidoyers de nombreuses organisations de femmes et de filles engagées dans la défense des droits des femmes avec l’appui de certaines organisations humanitaires. Ces dernières s’impliquent souvent dans les campagnes d’alerte et assistent les victimes dans leurs démarches pour des soins et pour que justice soit rendue.

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Pendant ce temps que deviennent leur partenaire de vie : les hommes ? Que font également les jeunes pour défendre la cause des couches vulnérables ? Ils sont soit les adeptes d’une tradition aux mille pesanteurs soit, les damnés de l’inculture. Le paradoxe est que nous sommes encore les otages d’une certaine société embastillée par les stéréotypes et les mythes quand il s’agit surtout d’aborder ces impératifs : le viol et les violences sexuelles. Force est de constater que si certains sont des âmes sensibles, d’autres se contentent d’observer et de commenter l’ivresse sans lever le petit doigt…. Ils veulent tout simplement voir les femmes s’activer.

C’est la pire des idées car à la fin pourrait-t-on limiter les victimes aux seules femmes ? Quel homme ne serait pas affecté en voyant une sœur, sa femme ou simplement une membre de sa famille ou juste une proche victime de viol ? À vrai dire, elles ne sont et ne seront jamais les seules victimes, pour qui pense aux éventuels dégâts collatéraux d’une action indélicate en famille ou dans la société. Les conséquences psycho-traumatiques des violences sexuelles sont si imprévisibles qu’elles planent au-dessus de nos têtes. La stigmatisation des victimes a de profondes répercussions sur elles, leur progéniture et la famille tout entière nous disent les spécialistes.

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En se positionnant en simple observateurs on encourage et entretient la culture du viol et sa perpétuation. Là, également les autorités du pays sont interpellées pour qu’elles jouent leur rôle qui est d’abord celui de doter le pays d’infrastructures et institutions dignes de nom capables de protéger les couches vulnérables. Créer ainsi un cadre juridique adéquat et favorable à l’éradication des violences basées sur le genre.

Mais aussi, faut-il que l’application des lois existantes soient effective. C’est le moment de faire écho du plaidoyer qui réclame une loi spécifique sur les violences faites aux femmes qui viendra renforcer celle sur la santé reproductive déjà existante et les outils internationaux ratifiés par la Guinée.

À nous autres, il faut arrêter de trouver une explication aux viols et violences de tout genre qui dédouanent les auteurs tout en présentant les victimes comme étant les seules responsables de ce qui leur arrive.

Il est temps que tout le monde se sente pleinement concerné par le phénomène de viols récurrents car ça n’arrive pas qu’aux AUTRES !

Par MARIETOU BAH une autre citoyenne engagée pour la cause des femmes

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