Alpha Condé, président de la République de Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée

Trois chefs d’inculpation ont été retenus contre Vincent Bolloré qui a été mis en examen : « corruption d’agent étranger », « complicité d’abus de confiance » et « faux et usage de faux ». Cette mise en examen s’inscrit dans le cadre de l’enquête sur les conditions d’obtention de plusieurs concessions portuaires en Afrique. Notamment celle de Conakry, en 2011. Trois mois seulement après l’arrivée au pouvoir du président guinéen Alpha Condé, le groupe français Necotrans a été brutalement évincé du port de Conakry au profit du groupe Bolloré. Pierre-André Wiltzer, ancien ministre français de la Coopération et ex-conseiller de la présidence du groupe Necotrans répond aux questions de Clémentine Pawlotsky.

RFI : en mars 2011, le président Alpha Condé, élu trois mois plus tôt à la tête de la Guinée, résilie la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry qui avait pourtant été confié à Getma International, filiale de Necotrans. Comment cela s’est-il passé ?

Pierre-André Wiltzer : C’est l’histoire d’un hold-up ou on peut dire en tout cas d’un acte tout à fait arbitraire. Quand le président Alpha Condé a été élu – c’était en décembre 2010 – des rumeurs ont commencé à courir. On a appris par le directeur de la concession de Necotrans sur place qu’une équipe de chez Bolloré était venue se promener dans le port. Il y avait quelques signaux un peu inquiétants. Je suis allé rencontrer le président Alpha Condé. Il se trouve que nous avons fait nos études ensemble il y a de nombreuses années à la faculté de droit. Je lui ai demandé s’il avait des reproches particuliers à faire à la gestion de Necotrans. Il était assez gêné. Il n’avait pas envie d’en parler. Il m’a dit qu’il fallait voir cela avec ses collaborateurs. On ne nous a rien dit sur d’éventuels manquements qui auraient pu se produire. Mais très rapidement, on a appris un jour par une déclaration à la télévision que la concession était annulée, et qu’elle était confiée à Bolloré. Là-dessus, comme la presse en a rendu compte d’ailleurs, il y a eu une irruption de l’armée qui a expulsé le personnel de Necotrans. Et les équipes du groupe Bolloré, qui étaient installées à l’hôtel pendant tout ce temps-là, se sont installées aux commandes et ont pris en main à la fois l’ensemble du matériel, y compris l’informatique, etc.

Comment les autorités guinéennes justifient-elles l’éviction de Necotrans ?

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