Tué par balle, le jeune Safioulaye Bah enterré sans heurts à Cosa
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Tué par balles le mardi 21 novembre 2017 à Cosa dans la commune de Ratoma en banlieue de Conakry, le jeune Safioulaye Bah apprenti ferrailleur originaire de Maci dans la préfecture de Pita en moyenne Guinée a été inhumé ce mercredi 22 novembre 2017 au cimetière de Cosa par une grande foule sans incident.

Dans cette localité, parents, amis et collaborateurs du défunt se disent choqués et révoltés par cet assassinant.

Interrogé, Mamadou Bhoye Bah oncle et tuteur du défunt se remet à Dieu pour la justice.

«C’est mon neveu qui a été tué. Il s’appelle Safioulaye Bah âgé de 16 ans. Il avait presque abandonné l’école. Il était apprenti ferrailleur. Lorsqu’on m’a appelé pour me dire qu’il est décédé, j’étais à Taouyah. A mon arrivée, dès que les jeunes du quartier en larmes m’ont vu, ils se sont jetés sur moi en disant qu’un agent du nom de Kaba a tué Safioulaye. L’intéressé a tiré à bout portant sur lui juste après les rails en allant vers petit Simbaya. Il a reçu des balles aux pieds et au dos entre les deux épaules. Certains responsables des forces de l’ordre sont venus nous rencontrer. Ils ont dit que même si c’est cent personnes qui sont coupables de cet assassinat, eux, ils n’ont aucune preuve. Les autorités communales de Ratoma aussi sont venues constater le fait. A l’hôpital Ignace Deen où le corps avait été transporté après le meurtre, on nous a dit de repartir là-bas pour prendre les dossiers concernant le décès de notre enfant », a-t-il expliqué.

A la question de savoir si le procureur a contacté la famille du défunt pour annoncer l’ouverture d’une enquête, Monsieur Bah a fait savoir qu’il n’a pas encore une information là-dessus.

« Si les autorités ne font pas la justice, Dieu le fera. Nous nous remettons à Dieu le tout puissant », conclut Monsieur Bah qui est inconsolable.

De son côté, Ousmane Bah, un des doyens des jeunes de la localité se dit très choquer à cause de cet assassinant. «Je suis très en colère du fait qu’on continue à tuer nos enfants comme des chiens enragés. C’est inacceptable. Hier matin lorsque je sortais de ma cour, j’ai rencontré le Safioulaye au portail, il m’a dit qu’il va au travail. Je lui ai dit pourquoi tu sors la ville n’est pas calme ? Il m’a dit qu’on lui a dit d’aller. Nous demandons aux autorités, si elles vont envoyer des hommes en tenue chez nous, elles n’ont qu’à envoyer des gens qui viennent pour nous sécuriser avec nos biens et des gens qui viennent pour nous tuer et piller nos biens. Des éléments de la CMIS sont introduits hier dans la concession d’une vieille hier et ils ont tout saccagé dans la maison. Ce sont les éléments de la CMIS de Cité ENCO5 et Petit Simbaya qui viennent semer la terreur à Cosa. Si les autorités n’envoient pas la sécurité pour nous, les jeunes de Cosa vont chercher leur propre sécurité et celle de leurs différentes familles. Nous allons chercher des jeunes qui vont nous sécuriser », a-t-il indiqué.

De son côté, son maître du nom de Monsieur Diallo déplore l’utilisation d’arme à feu pour un maintien d’ordre.

« Je travaille avec Safioulaye depuis un peu plus de 4 ans. Il n’a pas de problème. Il n’a même de groupe. Et quand il s’agit de manifester, il ne sort pas. Selon ce qu’on nous a rapporté, il n’était pas dans la rue. On l’a abattu alors qu’il vaquait à ses occupations. C’est triste pour notre pays. Les gens banalisent la vie humaine. Aujourd’hui, je suis très choqué par cette disparition de mon apprenti. Si on tue tous les jeunes aujourd’hui, qui seront les vieux et les responsables de demain ? Ceux qui tuent sont des guinéens et ceux qui sont en train d’être tués sont des guinéens. Donc, nous sommes égaux dans ce pays », conclut Monsieur Diallo visiblement très attristé.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

(+224) 622 304 942

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