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‘Soyez responsable quand vous êtes en ligne’

Christensen Mapuranga
Nkosi Kwanele est une scénariste, productrice, auteure et l’une des jeunes cinéastes africains qui mettent leur talent au service de la lutte contre la désinformation.
A la rencontre de Nkosi Kwanele, scénariste, productrice de contenu, auteure et l’une des jeunes cinéastes qui ont contribué leurs talents pour lutter contre la
désinformation sur la COVID-19 grâce à la Multichoice Talent Factory (Afrique du Sud), une académie de cinéma créée par le MultiChoice Group qui collabore avec
l’initiative Verified des Nations Unies pour aider les gens à accéder à des informations factuelles et crédibles et endiguer le flux de fausses nouvelles. Elle
s’est entretenue avec Franck Kuwonu d’Afrique Renouveau de son parcours et des raisons pour lesquelles il était important qu’elle participe à la campagne
« Pause avant de partager » #PledgetoPause : Extraits :

Nkosi Kwanele
Comment est née l’idée de faire un message d’intérêt public sur COVID-19 et les fausses nouvelles ?
L’appel lancé par la campagne « Pause » visait à créer un message d’intérêt public sur les fausses nouvelles. J’ai fait de la COVID-19 le thème de mon message d’intérêt public parce que c’était un sujet d’actualité. J’ai pensé que je pourrais tout aussi bien faire d’une pierre deux coups : sensibiliser à la désinformation de COVID-19, et rappeler ax gens les protocoles et les mesures de sécurité en vigueur.

La fausse nouvelle est-elle quelque chose que vous, ou un de vos proches, avez déjà vécu ?
C’est quelque chose que chacun d’entre nous a vécu ou dont il a été victime. En particulier en ces temps de la COVID-19, nous sommes quotidiennement bombardés de théories de conspiration et de différentes notions sur les causes et les remèdes du virus. Même en dehors de la pandémie, nous avons tous reçu un canular de mort ou des nouvelles qui étaient loin d’être exactes.

Quelle est la désinformation la plus nuisible que vous ayez rencontrée ?
Je pense que les plus récentes seraient les allégations selon lesquelles la COVID-19 aurait été délibérément fabriqué dans un laboratoire, et les masques utilisés pour espionner les gens. Le pire, c’est qu’il y a des gens qui les croient vraiment et qui ne prennent donc pas les précautions nécessaires. Cela met tout le monde en danger.

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Pour attirer l’attention des gens dans votre message d’intérêt public, vous avez choisi de raconter une histoire très ordinaire, mais perspicace. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Il s’agit de l’histoire d’une petite fille dont la tante envoie un message texte prétendant que la COVID-19 a disparu. Alors que la petite fille se rend à l’école, elle rencontre plusieurs personnes qui interagissent avec le message de sa tante. À cause de ce message, les gens ont cessé de porter leurs masques et de prendre des mesures de sécurité et constituent une menace pour tous les autres. Finalement, la jeune fille se rend à l’école où elle exhorte les gens à se méfier des informations qu’ils partagent.

Nkosi Kwanele
L’histoire oppose l’innocence à l’insouciance. Pourquoi ?
Je voulais rappeler aux gens que la sécurité de nos enfants est vraiment entre nos mains. Souvent, à l’âge adulte, nous prenons des décisions dont nous savons que nous pouvons nous remettre sans nécessairement penser à ce que cela signifie pour les plus jeunes. La survie de la prochaine génération dépend de ce que fait la génération actuelle.
L’histoire aurait pu se dérouler de nombreuses façons, mais je voulais insister sur un message spécifique. C’est à peu près à la même époque que les écoles du Zimbabwe ont ouvert leurs portes pour la première fois depuis la pandémie. Je voulais que les gens se souviennent que la sécurité des enfants dans les écoles dépend en fin de compte de notre comportement d’adulte.

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A-t-il été difficile de trouver acteurs ? Ont-ils été payés ou ont-ils accepté  que c’était pour une bonne cause ?
Ce n’était pas si difficile de trouver des gens. Parce que nous voulions un look et une ambiance spécifiques, nous avons sélectionné les artistes avec lesquels nous voulions travailler à partir d’une base de données existante. Nous avons cependant lancé un appel pour notre personnage principal – la petite fille. Nous voulions une petite fille qui exprime l’innocence de l’enfance. Et nous l’avons trouvée dans notre petit trésor,
Haighley Tanyanyiwa, 10 ans.

Vous avez filmé à Bulawayo au Zimbabwe. Le cadre était-il si important pour faire passer le message ?
Le choix des lieux était très délibéré. Nous voulions aller vers des lieux que les habitants de Bulawayo connaissent bien. Nous avons donc choisi les célèbres jacarandas des banlieues et le Bureau des recettes du conseil municipal pour rappeler aux gens que ce message était fait pour eux.

Le fait de voir des enfants jouer sur un sujet aussi grave aurait-il un impact sur les jeunes de votre communauté ?
J’espère que cela aidera à rappeler aux gens d’être plus responsables en ligne. Les jeunes sont parmi les plus grands utilisateurs de l’internet.  S’ils prenaient le temps d’être plus attentifs à ce qu’ils partagent en ligne, il y aurait une diminution significative de la quantité de fausses nouvelles et de désinformation qui se répandent. Je voulais un ton très sincère et j’espère qu’il touchera le cœur de quelqu’un. Mais plus que cela, j’espère que cela aidera les gens à réfléchir à leurs actions.
Pour plus d’informations sur COVID-19, consultez le site https://www.un.org/fr/coronavirus

— Nkosi Kwanele (Zimbabwe)
Par: Franck Kuwonu

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