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Un homme de 42 ans comparaît ce lundi aux assises pour avoir volontairement transmis le VIH. Trois de ses victimes ont porté plainte.

Il leur disaitque l’amour n’est rien sans la confiance. Parfois, aussi, il faisait mine d’enfiler un préservatif, qu’il laissait au dernier moment sur la table de chevet. Et quand ses partenaires devenaient trop soupçonneuses, il allait jusqu’à exhiber un faux document attestant qu’il n’était pas malade… Sekou Camara, un Ivoirien de 42 ans, est jugé à partir de ce lundi par la cour d’assises des Deux-Sèvres pour avoir volontairement transmis le sida à trois femmes — ex-compagnes ou conquête d’un soir — alors qu’il se savait porteur du virus. Des faits criminels passibles de quinze ans de réclusion qui remontent, pour certains, à 2003.

L’homme, qui vit alors à Niort, est un séducteur impénitent, déjà père de quatre enfants qu’il a laissés derrière lui, en Côte d’Ivoire ou en région parisienne. C’est à cette même époque — son dernier-né est lui-même séropositif — qu’il apprend qu’il est porteur du VIH.

Sekou Camara continue pourtant de passer de lit en lit sans se soucier des conséquences, insistant auprès de ses partenaires pour avoir des relations sexuelles non protégées. Un comportement jugé « irresponsable » par Me Lee Takhedmit, avocat des parties civiles, qui justifie aussi que la justice ait retenu la circonstance aggravante de préméditation. « Il ne s’agit pas d’accidents, insiste le pénaliste, mais d’une attitude dangereuse réitérée à maintes reprises en culpabilisant ses partenaires et en leur mentant ! »

«Il a joué à la roulette russe»

A Niort, des rumeurs sur l’état de santé de Sekou Camara avaient bien fini par faire leur apparition. Mais, grâce à ce faux test — il nie avoir demandé à un ami de faire les examens à sa place et parle d’un (vrai) test de dermatologie… — Sekou Camara a pu poursuivre ses agissements plusieurs années.

Honteuses d’avoir été bernées, effrayées de ne pas être crues, ses premières victimes se sont tues. Mais en 2009, une plainte est déposée. L’instruction démontrera qu’en tout, sept femmes ont été infectées à son contact, une dernière étant miraculeusement épargnée.

« Il a joué à la roulette russe, tacle Me Takhedmit : il a atteint sept fois la cible. Heureusement, la huitième fois, le barillet était vide. » La plupart de ces femmes ont toutefois renoncé à entamer ce combat judiciaire. L’une d’elles est d’ailleurs toujours sa compagne…

«Il a fichu ma vie en l’air»

« Il a conscience d’avoir été imprudent, naïf, voire inconscient, mais on est loin du pervers manipulateur », plaide M e Patricia Coutand, avocate de l’accusé, qui, en dépit d’analyses biologiques poussées, conteste au moins l’une de ces contaminations. Par ailleurs, l’homme, qui avait pourtant été reçu en entretien par un médecin spécialiste dès 2003, assure avoir mal compris : il pensait que la technique dite du retrait suffisait à éviter tout risque de transmission…

Les parties civiles, « qui lui en veulent légitimement, ne sont pourtant pas dans une démarche de vengeance », précise M e Takhedmit, admiratif de leur courage et de leur hauteur de vue. « Grâce à une prise en charge précoce et aux progrès des traitements, elles ont une charge virale faible, qui leur permet d’avoir une santé relativement stable. Mais l’impact psychologique, lui, est énorme ! Ce n’est pas anodin, notamment sur le plan intime et celui de la vie quotidienne. Elles doivent être traitées à vie, bataillent pour obtenir le moindre prêt bancaire et vivent avec la stigmatisation qui reste attachée au VIH. L’autre jour, l’une d’elles m’a dit : Il a fichu ma vie en l’air… » Le verdict est attendu mercredi dans la soirée.

Leparision.fr

 

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