A LA UNEInterview

Récupération des biens de l’Etat, les concertations du CNT,  des manifestations annoncées, l’absence d’un dialogue, Sékou Ahmed Traoré fait le point de la situation (entretien)

L’ex Président guinéen, Alpha Condé, a été renversé par suite d’un coup d’Etat, le 05 septembre 2021. Depuis cette date, les regards sont orientés sur la gestion des affaires étatiques par les militaires qui ont décidé de prendre le contrôle du pays pour disent-ils, redorer le blason et  rendre aux citoyens ce qui les appartient et qu’ils ont peiné d’obtenir il y a longtemps. Sur ce sujet, chacun y va de son commentaire. Interroger par notre média en ligne, M. Sékou Ahmed Traoré, Coordinateur national de la plateforme des participations et l’initiative  citoyenne de l’Afrique, a indiqué que la transition dirigé par Colonel Mamadi Doumbouya, n’a jusque-là pas dérouté, malgré les divergences quant aux appréciations faites par les uns et des autres sur des actes posés par les membres du CNRD.

Aminata.com : de septembre 2021  à mars 2022,  cela fait 6 mois déjà que la Guinée traverse une période transitoire. Votre lecture de cette transition ?

Sékou Ahmed Traoré : il faut s’en féliciter en prenant en compte de tout ce qui été comme les motifs des lutteurs dans le passé, c’est-à-dire qui dénonçait tout ce qui était là comme problèmes mais aussi des difficultés. Et vu qu’on a eu Colonel Mamadi Doumbouya, je crois c’est d’encourager tout ce qui est en train d’être fait et surtout à ce que les choses continuent ainsi.

L’un des chantiers phare du CNRD est la récupération des domaines de l’Etat et quelques hauts cadres comme Amadou Damaro et cie ont été contraints de libérer ces lieux en premiers et l’opération s’est faite sans bruit. Avec les cas récents de Cellou et Sidya, l’on a assisté à des cas de manifestions. Votre observation en tant qu’acteur de la société civile guinéenne? 

C’est une question d’habitude et de nature. Je crois que ceux qui font montre d’agitations sont de natures des agitateurs. Je serai surpris lorsqu’ils allaient rester calmes, vu que c’est devenu une nature pour eux. L’opération de récupération des biens de l’Etat ne me surprend pas.  Ça toujours été la réclamation ou la dénonciation faite par l’ancien Président et je crois sauf par l’acheté, cela a toujours été le souhait des Guinéens. D’abord ça commencé par Capitaine Moussa Dadis mais qui s’est malheureusement fait jouer par les plaisantins et a abandonné par la suite. Alors si le Président Doumbouya a repris, il n’a fait que démontrer qu’il est un homme décisif et déterminé et je ne peux que le souhaiter bonne chance. Cela ne veut pas dire que je suis à 100 % avec lui par rapport à tout ce qu’il est en train de faire. Mais comparativement à ce qui été la dénonciation de certains leaders politiques, je ne peux que féliciter. 

Ça me fait rire quand je vois un leader politique qui aspire être Président demain et qui continue à jouir des biens publics sans pour autant être responsabilisé en cela. Quelle sera donc sa promesse vis-à-vis de la nation ? Il doit peut-être dire à la nation que je vais lutter contre l’injustice, je vais créer de l’emploi ou faire ceci ou cela, mais saut qu’il est foncièrement dans l’injustice, lui qui promet aux citoyens de lutter contre cette même injustice. Je crois que ça ne tient pas la route. Alors le fait qu’on  leur a donné l’occasion de laisser la maison de l’Etat dans le bien public, ils doivent remercier le Colonel Doumbouya de les avoir offert cette opportunité de savoir désormais faire la différence entre  bien public et bien privé. Qu’ils sachent que leur leadership n’était pas crédibilisé dans le passé dès lors qu’ils jouissaient les mêmes titres que le parti au pouvoir qui exerçait une portion de la responsabilité publique. Ils  doivent tous se réunir et aller au palais Roi Mohamed VI pour remercier le Président de la transition.

A LIRE =>  Concours National de Dissertation de la Fondation UBA: les douze finalistes sont connus

Sur  le processus de récupération des biens économiques, le procureur Aly Touré de la CRIEF a été sujet de menace par des inconnus chez lui à la maison. Comment vous comprenez tout cela ? 

Monsieur Aly Touré doit savoir que pour la cause de la nation, on doit s’engager avec la mort. C’est vrai que ce n’est pas normal qu’il soit menacé, mais il ne doit avoir peur de la mort. Il doit aller avec ça. Soit il est pour la République, soit pour l’intérêt personnel. Mais déjà qu’il a juré de défendre la cause nationale, c’est donc indiscutable qu’il ait peur. 

Dès sa prise du pouvoir, Colonel Doumbouya a parlé de refondation de l’Etat. Nous sommes à six mois de transition, quel jugement portez-vous de la gestion du CNRD ? 

Ils ont parlé de refondation et nous les suivons car c’est un programme. En ce que je sache, ils ne sont pas un parti politique pour le moment, mais plutôt une sollicitation d’une partie du peuple, même s’ils sont en train de faire une grande satisfaction. En tout cas ce qu’ils ont en train de faire, pour celui qui aime bien sa patrie, doit savoir qu’il y a déjà un changement. Au-delà, ils doivent emmener chaque guinéen à réfléchir sur son comportement personnel. Alors parlant de la limitation du mandat, je crois que dans une ambiance globale, quand le Président de la transition a parlé de la charte qui remplaçait désormais la Constitution, nous acceptons tout ce qu’il dit, lui qui a laissé entendre qu’il reviendrait au CNT de proposer un chronogramme de la transition. Je rappelle que la validation de ce CNT a concerné toutes les entités de la République qui ont mandaté les délégués à aller les représenter dans cette institution. Dès lors, on ne peut plus continuer dans ce comportement injustifiable qu’on a connu sur les confisions relative aux lois, au consensus et à l’entente. Le mieux pour moi est de rester derrière la loi cette fois-ci. Car, nous avons envoyé nos hommes au CNT, demandons leur des comptes. 

A LIRE =>  N'zérékoré: la célébration des journées Diocésaines de la jeunesse dans la paroisse Christ Roi de l'univers de Bowé sud

Votre avis sur les concertations enclenchées par le CNT ?

En tant qu’acteur de la société civile, ces concertations sont un outil de la méthode participative. Je crois que nous allons laisser le bruit et demander des comptes individuellement à nos représentants. Mais au-delà,  je dirai que c’est une bonne démarche parce qu’il faut écouter celui que tu dois servir avant de décider comment le servir. Et dans comment le servir va sortir le quand ? En clair les membres du CNT ne sont pas hors du cadre. 

Comment vous comprenez cette multiplicité des coalitions qui naissent presque tous les jours au sein de l’opposition guinéenne ?

Je dirai tout simplement que c’est une période de recréation en attendant pour eux. Parce qu’il est opposé à qui a été élu, il est élu pour qui a été opposé, je crois ils ont prié Dieu pour qu’il est une transition. Alors qu’ils sachent que nous ne sommes pas en compétition avec les militaires qui occupent juste la période transitoire. Le mieux est pour eux d’attendre qu’il ait des élections. Nous devons donc pouvoir accepter la sollicitation qui a été faite. L’on ne peut pas demander à Dieu de rejeter ce que vous lui aviez demandé.

 Par rapport au dialogue, que les opposant le demandent au CNT et de laisser le Colonel se reposer un peu après cette grande opération et surtout, lui donner le temps de suivre les chantiers qu’il a engagé afin de faire  le nettoyage. Alors le mieux est de discuter entre nous parce que j’ai peur que nous ayons toujours des mêmes manigances d’aller vers des violences ou des situations de trouble. Il faut qu’on comprenne que Mamadi Doumbouya est un chicoter, parce que les politiciens eux-mêmes le savent que c’est une question générationnelle. La génération du Président Alpha, Dalein, Sidya et d’autres ont passé tout leur temps a créé une véritable ambiance. Il a fallu que l’âge de leur fils arrive pour que les leaders politiques sachent qu’ils doivent être dans l’ordre et actuellement ils sont calmes. Autre chose, à partir du moment où on a fini d’adopter la charte, celui qui sort pour manifester, que ça soit côté politique ou FNDC, je crois que c’est de l’indiscipline. Mais je laisse le soin à Colonel Doumbouya, parce que ces gens-là le connaissent.  

Votre  mot de la fin !

  Je souhaite la paix et une très bonne transition parce que c’est une nouvelle aventure. Je profite de l’occasion pour féliciter nos chères mamans pour cette période de calme et sérénité qu’elles ont toujours entretenu. Nous peinons pour elles parce que c’est une culture qu’on est en train d’améliorer peu à peu pour une vie meilleure de nos mères. Je leur  souhaite une très bonne fête de femmes.  

Entretien réalisé par Sâa Robert KOUNDOUNO

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Translate »