Ibrahima Kandja Doukouré
Ibrahima Kandja Doukouré

Président Obama a dit quelque d’extrêmement important sur la société et ses lois: «Chaque Démocratie doit être le reflet de chaque nation ». On aimerait bien ajouter ceci à la citation d’ouverture: «Quand on impose une loi qui est contraire aux coutumes ou à la culture d’un peuple, on a une probabilité de cent pourcent qu’elle ne serait jamais respectée. Elle peut même créer plus de problèmes que ne résolve un à moins que les forces coercitives ne soient utilisées pour leur obliger à la respecter».

Tout d’abord, il est extrêmement important de savoir faire la différence entre l’instruit et le cultivé. La différence entre les deux « l’instruit » et « le cultivé » chez beaucoup d’hommes, est comme celle séparant la terre du ciel.

Président Sékou Touré entendait par «l’instruit », celui qui apprend les connaissances sans pouvoir les interpréter ou les adapter aux évolutions et circonstances de sa société. C’est-à-dire, celui qui apprend une chose dans un pays A et tient coûte que coûte à l’extrapoler dans le pays B sans en changer la moindre virgule et même si les réalités sont totalement différentes. Et il sous-entendait par “le cultivé », celui qui apprend une chose dans un pays X et est capable de l’interpréter et l’adapter utilement aux réalités d’un pays Y.

On voulait dire que si la séparation de pouvoirs, le libre choix des élus par le peuple, la liberté d’expression, le libre exercice de religion ou le multipartisme, … sont les valeurs universelles, alors les termes et lois établissant ces institutions doivent dépendre des caractéristiques particulières de chaque pays. Les bons exemples sont les démocraties en Grande Bretagne et en France; bien qu’elles ont beaucoup de choses en commun, elles en ont aussi beaucoup d’autres qui les séparent.

Les malheurs pour nous sont que nos prétendus « juristes », présidents de la république et les députés n’ont pas seulement étudié le Droit dans les pays occidentaux, la France par exemple, ils ont aussi copier-collé sa constitution, ses codes civil et pénal chez nous de telle sorte qu’un président Guinéen ou un citoyen Guinéen est obligé de vivre ou se comporter en président Français et en citoyen Français. Personne n’a besoin de le souligner que c’est ne pas la distance seule qui sépare la Guinée de la France, ils sont différents à tous les niveaux: historiquement, culturellement et même humainement.

En outre, tenir coûte que coûte à faire les Guinéens vivre comme les Français ont donné naissance à des calculs de pourcengages ethniques faussement appelés élections et animés par les regroupements régionalistes et ethniques du nom « multipartisme »; sans oublier les milliards de nos francs dilapidés au moins chaque cinq ans pour un pays en retard à tous les coups et les confrontations inter-ethniques. Le futur est plus inquiétant parce qu’on risque d’avoir aussi les regroupements préfectoraux et pour finir en quatre petites Républiques ou «le trouble social » à moins que nous en prenions réellement et rapidement consciences dès maintenant en envisageant de solutions communes et adéquates.

La polygamie était interdite en Guinée, semble-t-il dans l’ancien code civil? La question mérite bien d’être posée car plus de soixante pourcent (60%) des Guinéens ne le savaient guère et on peut dire qu’aucun Guinéen ne l’avait pratiquement appliquée. Nos députés avaient voté tout récemment un nouveau code civil qui laissait le libre choix à chaque potentiel marié Guinéen de choisir soit la polygamie ou soit la monogamie. Celui-ci était au moins plus mature et répondait à la réalité socioculturelle du pays et ne posait pas de problème majeur à plus quatre-vingt pourcent (80%) des Guinéens qui sont musulmans. Certes, il y a beaucoup de règles en Islam concernant les conditions de la polygamie en commençant, par exemple, par le nombre de femmes à marier aux traitements justes entre celles-ci mais c’est qui n’est fait point le sujet d’un débat chez eux est si la polygamie est autorisée ou non dans cette religion. Il est écrit noir sur blanc dans le Coran et l’exemple du Prophète (psl), ses compagnons le prouvent.

Entre-temps, il semblait que notre fameux professeur ne voulait pas entendre parler de ce code voté par les députés surtout en sa partie laissant le libre choix à chacun concernant la polygamie ou la monogamie. J’ai du écouter certains de ses arguments qui ne sont non seulement pas des purs enfantillages mais aussi on se demande bien s’ils viennent réellement d’un juriste ou professeur du droit.

Pour lui paraphraser, il a laissé entendre que l’interdiction de la polygamie existait dans le code civil depuis plus de cinquante (50) ans et lui ne changerait pas ça; peu lui importe donc s’il serait respecté ou pas. Aussi, il croyait que les faits que certains députés sont polygames leur poussaient à voter pour ce code en premier lieu. On penserait qu’il s’agissait de lui et pas la vie de ses compatriotes.

Il est sûr que certain qu’il a parlé de la forme en laissant complètement le fond. C’est vrai que l’interdiction de la polygamie existait depuis longtemps dans le code civil mais il n’a jamais été appliqué en Guinée et aucun Guinéen n’a été inquiété dans son action relative à la polygamie. Il faut ajouter que ce code était la pure copie de celui de la France pour probablement à cause du manque des juristes à cette époque qui auraient donné des codes civil et pénal tenant en compte les réalités socioculturelles propres à la Guinée. Maintenant que ces articles ont y été réintroduits en laissant potentiellement la chance à toute femme qui veut s’opposer éventuellement à la polygamie de son mari de le faire, les respects ou pas des ces articles ne dépendraient plus du président de la république.

En outre, Le Général Conte lui-même était un président polygame. Tel n’est pas le cas aujourd’hui car on a suffisamment des juristes qui peuvent nous donner les lois propres à nos réalités et qui ne causeraient aucun problème à aucun Guinéen ni à la Foi de plus de trois quarts de Guinéens. Si aujourd’hui et après plus de cinquante ans, des articles qui étaient dans notre code civil et qui n’avaient jamais été appliqués pace qu’ils ont été contraires à nos réalités socioculturelles et à la Foi de plus de quatre-vingt pourcent de Guinéens y sont réintroduits, le problème n’est plus sur le passé mais il est sur ceux qui n’ont jamais retenu aucune leçon utile sur les faits qui ont fait que ces articles n’avaient pas été respectés.

Une loi est faite pour être respectée, aucune population ne respecterait des lois contraires aux réalités socioculturelles de leur pays; et les élus matures devaient en tenir compte pour accorder de l’importance à la loi qu’ils votent ou promulguent. C’est vraiment élémentaire ça.

Quant aux députés qui ont pris part à ce vote, ceux qui ont changé leurs votes à cause

de l’humeur de notre fameux professeur, il est évident que vous ne pouvez pas défendre vos convictions ni n’ont tenu compte de la situation de plus de quatre-vingt pourcent de vos compatriotes qui sont parmi ceux qui vous ont fait des élus. Cela est absolument de la trahison pour eux et dés immaturités de vos parts. Aucun président de la république ou les députés matures et connaissant le rôle élémentaire d’une loi dans la société ne voteraient ou promulguerait une loi ou certains articles dans un code qui serait contraire aux réalités socioculturelles de leur pays et la Foi de plus de quatre-vingt pourcent de leurs compatriotes. Il serait idiot de penser à une autre situation car nos élus n’ont pas été élus à cause de leurs programmes ou visions mais parce qu’ils ont joué des cartes ethniques. Ils sont les représentants des partis ethniques qui sont plus de dangers pour nous que de nous apporter de solutions à nos problèmes.

Je ne m’en vais pas situer la respectabilité de ces articles dans un monde de plus de quatre-vingt-dix pourcent de Musulmans qui ont une autre lecture de la polygamie; surtout que ceux qui sont soumis à Allah, n’auront rien à faire de ce bout de papier. Non plus, je ne perderais pas mon temps dans les explications coraniques ou de traditions prophétiques relatives au sujet. La question fondamentale est pourquoi ont-ils réintroduit ces articles à nouveau dans notre code?

Je me souviens quand j’ai suivi le cours du droit civil, notre professeur nous a dit que: « Comment pourraient-ils les Guinéens respecter ces articles lorsqu’on peut y trouver même des juges, procureurs ou avocats, … polygames? » On peut ajouter que la probable femme plaintive est même la fille d’un polygame ou qu’il y avait des polygames parmi ceux qui ont rédigé ces codes. Bien sûr que la polygamie a certaines conséquences négatives comme d’ailleurs toute pratique humaine. Celles-ci peuvent se manifester entre les femmes d’un même mari ou entre les frères et soeurs d’un même père. Dans plus de quatre-vingt-dix pourcent des cas relatifs à la polygamie en Guinée, ces familles se portent bien et n’ont jamais connu des réels problèmes; si tel était le cas général, la société Guinéenne aurait été autrement aujourd’hui. Nos élus ne savaient-ils pas aussi ces articles étaient opposés aux cultures, à l’histoire de la Guinée et à la foi de plus de la majorité de Guinéens. Ou bien voulaient-ils que nous soyons des pures copies occidentales? Le contraire de la polygamie généralisée serait pire pour la société guinéenne. On n’en parlerait de ça après.

On peut comprendre que tous les hommes ne peuvent pas être polygames car les moyens financiers, la physique et même l’esprit de management de la famille polygame en empecheraient beaucoup; mais dire qu’aucun homme n’a le droit de l’être, est purement une immaturité juridique chez nous; ou de faire l’acceptation de la première femme comme une condition de la polygamie est plus aberrant. Je serais heureux de savoir que combien d’entre elles autoriseraient leurs maris de le faire dans le futur à condition que ces maris se rendent bien dans les mairies quand ils ont décidé d’épouser des deuxièmes femmes. Je m’en doute vraiment. Il ne s’agit guère de considérer les seules humeurs des femmes dans cette affaire mais d’épargner de la société des conséquences de la perversion qu’on commence déjà en à assister parmi les fonctionnaires. Certains hypocrites qui sont monogames au yeux de la société mais suivent et sans mariage les jeunes filles dans la réalité.

Quand un homme aime une femme, la meilleure manière pour eux seraient de se marier aux yeux de la société car dans le cas contraire, elle sera une tentation pour lui et un raccourci pour pervertir la société de bonnes moeurs. Tout musulman sincère et même tout african qui n’est pas culturement aliéné, ne toucheront qu’à leurs femmes. L’infidélité n’a pas sa place dans ce monde de bonnes coutumes.

Par ailleurs, le ridicule est que ceux qui s’offusquent à l’idée de la polygamie, ne lèvent pas le petit doigt quand il y a le concubinage dans l’infidélité généralisée. Que feraient-ils de surplus de femmes qui resteront après que tous les hommes hypothétiquement marie une? Ou bien préférent-ils que chaque homme ait femme à la maison et une dizaine de maîtresses dehors avec les cortèges des enfants sans familles? Avant tout, ce sont les coutumes de leurs maîtres.

Enfin, ces immaturités juridiques se manifestent à tous les niveaux en Guinée. L’histoire a donné raison au Général Conté sur sa proposition du bipartisme en Guinée. Bien que sans diplôme universitaire, il a été beaucoup plus sage, patriote et le mieux qui connaissait la réalité guinéenne plus que ceux qui se disaient professeurs de Sorbonne ou Havard, agrégées en Droit, … qui étaient plus préoccupés d’avoir le pouvoir et même s’ils marcheraient sur les cadavres de Guinéens et leurs biens envolés futilement en fumée. Le pouvoir était plus important pour eux que l’entente de Guinéens. C’est pourquoi, nous aurons besoins de vrais professeurs ou juristes cultivés qui nous donneront de lois propres à nous, celles qui nous permettront d’élire nos présidents, députés ou maires matures dans la cohésion sociale et le progrès économique. Celles qui nous donneront plus des entreprises que partis politiques et plus de politiciens compétents que les néfastes à l’unité, à la paix et au développement en Guinée. Ils aideront à construire un pays dans lequel chacun peut être un bon citoyen et en même temps, être un bon musulman ou chrétien.

Par Ibrahima Kandja Doukouré