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N’zérékoré: la maison d’exposition artisanale inhérente dans le vivre des artisans

Construit sous le régime de Lansana Conté sous l’appellation « village artisanal », le centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré a été l’un des édifices rénovés dans le cadre du cinquantenaire de la fête tournante de l’indépendance nationale.

Cet édifice flambant neuf accueille divers articles fabriqués par les artisans de la région qui font valoir leur génie créateur. Le correspondant d’Aminata.com dans la capitale de la Guinée Forestière y a fait un tour pour échanger avec les artisans sur les difficultés qui les assaillent en ce moment.

Placé sous la tutelle de la Direction Préfectorale de l’Hôtellerie, du Tourisme et de l’Artisanat, le centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré attire le premier visiteur de par la qualité et la beauté des articles qui y sont exposés.

Marie Françoise Lamah dite « Manéa Né », directrice préfectorale des femmes teinturières du centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré : « j’ai commencé la teinture depuis 1998, mon maitre était là, il s’appelait Siba Kpaye. C’est avec lui que j’ai appris la teinture « forêt sacrée », qui est faite à base des produits issus de la forêt sacrée. D’autres pensent que si on dit « forêt sacrée », c’est quelque chose qui est liée à l’initiation. Non, ce n’est pas ça. Pour la fabrication du tissu « forêt sacrée », je garde ça comme secrets de cuisine. Quand je dévoile les étapes de la fabrication, d’autres s’en serviront pour imiter ce que je fais. Mais, le pagne est fait à l’aide de l’eau de la noix de cola, c’est ce qu’on appelle forêt sacrée. Il y aussi le pagne onidi. Là, c’est les produits chimiques qu’on utilise pour donner soit la couleur jaune, la couleur verte et ainsi de suite. Je suis vieille maintenant, je ne peux pas piler la noix de cola. Je veux une machine pileuse et avoir des équipements pour nous protéger, parce que nous utilisons aussi des produits chimiques, surtout au niveau de la teinture onidi où on utilise la soude caustique. En plus, je demande au gouvernement de m’aider à avoir une petite voiture pour la commercialisation des produits. Ceux qui quittent Boké, Kindia, Labé viennent ici prendre nos produits à bas prix et vont revendre chèrement. Si nous avons un véhicule, nous-mêmes on peut commercialiser nos produits à travers tout le pays. Comme ça, nous pouvons en profiter ».

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Quant à Aboubacar Sidiki Traoré, sculpteur il nous explique comment l’art est né en lui:
« depuis mon enfance, je fais ce métier avec mes oncles. Donc, j’ai grandi avec ça. Mais, cela ne m’a pas empêché d’étudier. On n’étudie pas seulement pour devenir fonctionnaire. Donc, moi j’ai décidé de revenir à mon métier d’enfance au lieu de s’asseoir attendre longtemps pour avoir un emploi. Je travaille le bois rouge, l’iroko, le Gbélé de la Haute Guinée, le bois d’ébène, le bois noir qui vient des pays désertiques. Personnellement, je travaille manuellement. Parce que nous sommes dans un milieu où ne peut pas travailler avec la machine, il n’y a pas de courant. Nos clients ici, ce sont les étrangers. Le peuple de Guinée doit être conscient que la culture africaine lui appartient. Parce que, les plus grands sculpteurs d’Afrique sont originaires de la Guinée, mais le marché de l’art n’existe pas chez nous. Il faut attendre les étrangers, et la Guinée est un pays fermé au monde. Nous devons apprendre à la nouvelle génération que l’art est une connaissance de nos grands parents et que notre connaissance a existé et elle doit continuer à exister. Le prix dépend des articles : les petits tableaux sont vendus à 150 mille FG, les grands à 250 mille FG, les passeports sont à 50 milles FG. Nous rencontrons beaucoup de difficultés parce que quand le pays est fermé, on ne fait que travailler, mais on ne gagne pas. On est obligé de prendre nos objets et aller dans d’autres pays frontaliers pour chercher le marché. Personnellement, fabriquer le bois ce n’est pas quelque chose qui est facile. Parce que, les instruments que nous utilisons blessent et ça peut donner le tétanos. Il y a la fatigue, mais surtout celle du système nerveux ».

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Malgré l’existence du centre d’exposition artisanale de N’Zérékoré, les artisans disent à l’unanimité que beaucoup reste encore à faire pour leur épanouissement. Ils interpellent le gouvernement, notamment les départements du Tourisme et de la Culture, pour les aider à sortir de l’ornière.

Stéphane François TATO depuis N’zérékoré pour Aminata.com

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