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N’zerekore: à chaque vacance, les enfants se font exploiter dans le commerce

En cette période des grandes vacances, nombreux sont des enfants qui sont exploités dans les activités commerciales. Au grand marché de N’Zérékoré notamment, beaucoup d’entre eux font le petit commerce pour de quoi subvenir aux besoins de leurs parents. Interrogés, certains de ces enfants affirment d’êtres obligés de vendre des marchandises.

Salématou Kaba, élève de la 3ème année, vend des œufs. Elle accuse sa mère de l’avoir obligée à vendre:  »C’est pour ma maman, c’est elle qui m’a dit de venir vendre les œufs. Quand je vends, le soir j’envoie l’argent. Elle m’oblige à venir faire ça », nous confie la jeune fille.

Comme elle, Oumar Sylla est dans la même situation. Vendeur de bonbons, il rapporte les sanctions qui l’attendent en cas de refus d’obéir à sa mère :
 »Je vends les bonbons de ma maman. Je n’ai pas de force, si je refuse, elle me frappe. Elle m’a dit de venir vendre des bonbons, en attendant que les vacances s’achèvent, avant de pouvoir reprendre les cours », indique l’adolescent.

Visiblement épuisé avec une marchandise en main qui ne vaut pas 20 000 francs guinéens, Adama Kanté fait aussi le petit commerce.

Contrairement aux deux premiers, il s’est retrouvé dans cette activité à cause de son père :  »C’est lui qui m’a dit de venir vendre les plastiques au marché, pour ne pas rester à la maison inutilement », martèle-t-il.

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Interrogé sur ce phénomène devenu récurrent dans la région de N’Zérékoré, le directeur préfectoral de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, dit déplorer la situation.

Yozilé Zaoro dénonce le comportement des parents.
 »Ces vacances devaient être une occasion pour ces enfants de mieux se reposer. Cependant, on les transforme en cultivateurs et en petits marchands de rue. Finalement, avant même la fin de ces vacances, certains vont prendre le goût de la rue. Chose qui cause problème à nous acteurs de la protection. C’est une chose qui n’est pas bénéfique non seulement pour les parents, encore moins pour les enfants et l’État. Avec le taux d’échec de cette année, ça devrait interpeller tout un chacun. Ces enfants devaient suivre au moins les cours de vacances, au lieu de se trouver dans la rue, au marché entrain de revendre ou bien de se retrouver dans les différents champs pour faire des travaux champêtre. C’est très dangereux et une fois dans ces situations là, ils sont exposés aux personnes mal intentionnées », a-t-il déploré.

Par ailleurs, notre interlocuteur indique que le trafic d’enfants est devenu préoccupant à N’Zérékoré :  »Notre préfecture N’Zérékoré est l’une des préfectures où le trafic d’enfants est récurent. A l’heure où je vous parle, plusieurs cas de perte d’enfants sont signalés dans la ville. Les parents doivent prendre soin de leurs enfants. Les enfants sont devenus aujourd’hui une marchandise pour des personnes mal intentionnées », a-t-il fait savoir.

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Stéphane François Tato depuis N’zerekore pour Aminata.com

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