Paul Théa, cinéaste-réalisateur

Après la publication de mon texte « Entre la bauxite et le Tourisme il n’y a pas photo », le directeur de l’Office du Tourisme le sieur Laye Junior Condé a fait un commentaire que je résume « Nous ne pouvons pas développer le Tourisme en Guinée tant que les routes ne sont pas bitumées et les villes électrifiées… C’est ce que le Roi du Maroc a dit au Président Alpha Condé ».

La française Marie Françoise Rigaud qui a 50 ans d’expérience dans le tourisme, Sidikiba Keita, Amadou Bonè Diallo pour ne citer qu’eux, ont apporté leur contribution pour appuyer mon texte mais le directeur de l’Office du Tourisme reste campée sur sa position. Je lui dis que je vais écrire un texte, il dit « cela ne va convaincre personne ».

D’abord je ne fais pas des textes pour convaincre qui que ce soit mais pour partager mes expériences. Si nous suivons la logique du sieur Condé, des questions me viennent à l’esprit :
1. En 9 ans de leur gouvernance, la capitale Conakry n’est pas électrifiée comme il le faut et les routes ne sont pas de bonnes qualités. A ce rythme, il faudra combien d’années pour électrifier toutes les villes et faire toutes les routes de la Guinée.

2. Toujours dans ce cas, l’Office du Tourisme n’a pas sa raison d’être. Il y a un budget de quelques milliards (je ne me souviens plus du chiffre), annoncée par Laye Junior Condé en personne, au siège de Harmattan (j’y étais) ; cette somme profite à qui ?

Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ; des spécialistes lui donnent des conseils et il ne veut pas les écouter. Ce Monsieur à des compétences ailleurs mais pas dans le Tourisme ; il étale chaque jour ses lacunes dans le domaine. Passons car je ne répondrai plus à ses commentaires et il n’est pas la bienvenue sur mon mur.

J’ai eu un entretien avec Amadou Bonè Diallo et nous avons décidé de refaire une nouvelle collaboration. Souvenir, en 2010, Aminata.com, Media d’Afrique et la Radio Togbo Gérard (ma radio qui portait le nom de mon père sur mon site de l’époque Musicafricana.com), avaient couvert les élections présidentielles en Guinée, des records d’audience battus (pour ceux qui se souviennent).
Aminata.com (qui a un site touristique sur la Guinée qui n’est pas encore activé) et Paul Théa Communication vont faire des collectes d’informations pour faire marcher le site et faire des livres par Région sur le Tourisme culturel.

Dans le Rio Pongo par exemple, mes recherches ne seront plus seulement que sur la Traite Négrière, nous prendront des informations sur l’histoire, les danses, la cuisine locale, etc.
Ainsi quand un touriste doit aller à Boffa, il aura toutes les informations et les contacts sur où habiter chez l’habitant ainsi de suite.

Il y a des jeunes diplômés sans emploi comme on dit chez nous, en histoire, en sociologie, en Tourisme que nous allons recruter pour aller collecter ces information par ville.
Nous ferons ainsi ce que l’Office du Tourisme ne sait pas faire.

A savoir : Les Ballets Africains de Guinée furent des grands ambassadeurs de la culture guinéenne, ils étaient mondialement célèbres. Cette troupe fut fondée par Keita Fodéba qui la laissa plus tard à la Guinée. A cause des Ballets Africains, le chanteur américain d’origine Jamaïcaine, Henry Belafonte débarqua en Guinée pour avoir une telle troupe pour l’accompagner. Les Ballets Djoliba furent crées au départ pour cet artiste. Mamady Keita Djimbé folla, qui était membre de cette troupe me raconta cette histoire lors son interview à la Radio. Pour des raisons qu’il ignore, la troupe resta finalement au compte de la Guinée.

Après le documentaire sur Mamady Djimbé fola, beaucoup d’européens vont en Guinée pour apprendre à jouer au Tam Tam. La Guinée a tout ce qu’il faut pour développer le tourisme culturel.

J’ai fait un documentaire sur les Ballets Africains et lors de la présentation du film, j’avais remis des médailles à ces grands artistes ici sur la photo.

Commentaire de Sidikiba Keita

La mise en scène du folklore africain pour en faire un objet de spectacle et un moyen de promouvoir l’identité africaine fut inventée par KEITA Fodéba, à la fin des années 40.
Les Ballets Africains qui en requièrent furent non seulement la carte de visite de la Guinée, mais aussi l’une de ses principales sources de devises aux côtés de l’usine d’alumine de Fria et avant le lancement de la CBG.

D’où la pertinence du post qui relativisait les ressources bauxitiques face au potentiel du tourisme culturel.
Le tourisme culturel est la voie royale pour la Guinée.
Il faut rappeler que cette filière à attiré en Guinée des sommités mondiales telles Harry Belafonte dans les années 60, sa protégée Myriam MAKEBA et, plus récemment, Morgan FREEMAN dans les années 90, par effet des ensembles nationaux, notamment les Ballets Africains qui présentaient un assortiment attractif des variétés folkloriques du pays.
Et cette influence culturelle doit être valorisée par le tourisme immersif, dans nos différentes localités et chez l’habitant au fin fonds de nos terroirs…

Avec extension sur les particularités écologiques dont, par exemple, les eaux thermales du FOUTAH, ainsi que les particularités historiques de la zone des estuaires ( Rio Pongo, Rio Nunez), dont les cours navigables servirent de point d’implantation de vraies industries très florissantes et axées sur la verroterie…
Par ailleurs et pour répondre à la question de Mamady Djembefola sur l’abandon des Ballets Djoliba par Harry Belafonte.

Cet abandon est survenu suite à l’arrestation, en 1968, de Achkar Marof, qui, en tant qu’ambassadeur de la Guinée à L’ONU et ex-directeur adjoint des Ballets de KEITA Fodéba, avait mobilisé des acteurs et artistes de premier plan au sein du comité onusien contre l’apartheid dont Marlon Brando, Harry Belafonte.
Et l’idée de la création des Ballets Djoliba était conjointement portée par Achkar Marof et Harry Belafonte.