Le dossier sur le massacre du 28 septembre 2009 est l’un des sujets abordés par Docteur Mamadi Kaba président de l’Institution nationale des droits Humains (INIDH) au cours de l’interview qu’il a accordée à des journalistes dans les locaux de Mosaiqueguinee.com le dimanche 8 octobre 2017.
Dans son exposé, Docteur Kaba a fait savoir que l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA) a par la voix de sa présidente Asmaou Diallo désavoué son institution.
Aux dires de Mamadi Kaba, pendant que l’INIDH milite pour que le procès se fasse le plus vite ou que l’affaire soit transférée à la Cour pénale internationale (CPI), les victimes ont pris leur distance.
«J’ai entendu la Présidente de l’AVIPA dire que la saisine de la CPI est un facteur de retard. Cela est un désaveu, les victimes ont désavoué la position de l’INIDH. C’est un peu choquant, mais puisque les victimes ont plus de droit que l’INIDH dans la conduite de ce dossier, nous ne pouvons être plus royaliste que le roi. Cela nous amène à nous refroidir un peu et à faire en sorte que la volonté des victimes soit faite jusqu’à ce que nous ayons la preuve que la position exprimée par la présidente de l’AVIPA n’engage pas toutes les victimes. Le jour où nous nous en rendrons compte, nous reprendrons notre bâton de pèlerin. L’AVIPA doit cesser de compter sur le soutien de l’INIDH si l’alternative à la non-tenue du procès en Guinée consiste à saisir la Cour de justice de la CEDEAO. Notre institution ne se lancera pas dans cette aventure. Nous pensons que si la Guinée n’est pas capable de tenir le procès, il faut transférer l’affaire à la CPI », a-t-il affirmé.
Poursuivant, le patron de l’INIDH indique qu’il ne doute ni de la volonté du ministre de la Justice ni de la compétence du pool de juges, mais qu’il doute des capacités générales de l’Etat guinéen à pouvoir organiser ce procès dans les plus brefs délais.
«Aujourd’hui, il est évident qu’un procès ne peut pas s’ouvrir en 2017. Cela est désormais une certitude mathématique. Maintenant, nous émettons le même doute pour l’année 2018 qui est une année fortement électorale. Je suis persuadé qu’il n’y aurait pas de possibilité en 2018, que la Guinée se tourne vers un procès d’une très grande envergure alors que des élections déterminantes sont en cours dans le pays », a-t-il renchéri.
Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com
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