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Mamadou Baadiko Bah : « Ce n'est pas avec des mésurettes que nous allons régler le problème du système éducatif guinéen »

La suspension de la grève des enseignants déclenchée depuis un peu plus d’un mois continue de susciter des réactions en Guinée. Dès après l’annonce de la nouvelle tard dans la nuit du mardi 13 mars 2018, Mamadou Bah Baadiko leader de l’Union des forces démocratiques (UFD) a réagi sur sa page Facebook.
“Nous sommes très heureux de cette sortie temporaire de la crise qui pendant des semaines a minée notre système éducatif, ayant entraîné des manifestations avec leurs cortèges de destruction de biens et de morts ; Cependant, nous ne devons pas oublier que ce n’est pas avec des mesurettes et des accords rafistolés que nous allons régler le problème du système éducatif guinéen. Rappelons-nous qu’il y a environ 12 ans de cela (juin 2006) nous faisions face aux mêmes problèmes. Si nous ne voulons pas que le même scénario se répercute dans les mois, ou les années à venir, il faut aller en profondeur. A mon avis, «aux grands maux, les grands remèdes»”, a entamé le président de l’UFD.
Selon Monsieur BAH, pour sortir la Guinée de cette crise multiforme et de cette décadence sans fin, il faut prendre le taureau par les cornes, dans tous les domaines (santé, agriculture, sécurité, administration, etc.), en commençant par le l’éducation, la pierre angulaire de tout édifice voué au progrès économique, social et culturel.
“Il faut qu’en Guinée, on cesse enfin de « caresser » les problèmes, plutôt que de s’y attaquer à fond. Pour moi, la solution-choc ; la solution révolutionnaire, devrait se résumer ainsi :
– Faire un test national rigoureux de tous les enseignants. Faire le tri entre ceux qui peuvent être maintenus à leur poste, ceux qui devraient recevoir une formation avant d’être réaffectés à des postes compatibles avec leur niveau et ceux qu’il faudrait redéployer ailleurs dans la fonction publique ou l’administration locale. D’autres peuvent être purement et simplement remerciés avec des indemnités consistantes.
– Dans le cadre d’un code général de la fonction publique, adopter un nouveau statut de la fonction enseignante en revalorisant substantiellement les salaires et en y introduisant un système incitatif basé sur l’assiduité, la conscience professionnelle, les résultats prouvés.
– Faire un test national de tous les élèves et étudiants afin de déterminer leur niveau réel. A la suite de ce test qui devra être d’une extrême rigueur, les enfants seraient répartis dans les classes correspondant à leur niveau réel pour un nouveau départ.
– Refaire tous les programmes scolaires et universitaires et adapter l’enseignement aux exigences de développement économique du pays.
– Allouer une quote-part importante du budget national à l’éducation.
Bien entendu, pour la réussite d’une telle réforme en profondeur, il faudra totalement sortir l’éducation du ghetto actuel de la politisation à outrance, qui fait que les nominations et même le choix des surveillants d’examens et les correcteurs d’épreuves sont basés prioritairement sur des critères de militantisme politique !”, a-t-il posté sur sa page Facebook.
Et Monsieur BAH de conclure: “Nous devons bâtir un système éducatif progressiste, d’avant-garde, offrant d’égales chances de réussite à tous les enfants, de toutes conditions, à la ville comme à la campagne, pour l’honneur retrouvé de la noble profession enseignante“.
Mamadou Aliou Barry pour Aminata. com
Tel: (+224) 622 304 942

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