Le chef du gouvernement d'union nationale en Libye (GNA), Fayez al-Sarraj, le 26 juillet 2017 à Rome | AFP | ANDREAS SOLARO
Le chef du gouvernement d’union nationale en Libye (GNA), Fayez al-Sarraj, s’est félicité lundi du vote par l’Assemblée Constituante (AC) d’un projet de Constitution, appelant à organiser comme prévu un référendum pour soumettre le texte aux Libyens.
La Libye a été privée d’une véritable Loi fondamentale pendant les 40 ans de dictature du régime de Mouammar Kadhafi qui a pris fin en octobre 2011. La Constitution est censée déterminer la structure du pouvoir, le statut des minorités et la place de la charia et mettre en place des institutions pérennes à même de rétablir la stabilité dans le pays, en proie à l’anarchie depuis la chute de Kadhafi.
Le texte a été voté samedi à Al-Baida (1.200 km à l’est de Tripoli) par 43 voix pour sur 44 membres présents de l’Assemblée constituante élue en février 2014. Le vote a été perturbé par l’irruption dans le bâtiment de la Constituante de protestataires qui voulaient l’empêcher, mais il a finalement été validé.
M. Sarraj “s’est félicité du vote par l’Assemblée Constituante du projet de Constitution libyenne”, a indiqué un communiqué publié lundi sur la page Facebook du GNA.
“Il est nécessaire que les libertés d’opinion et d’expression soient respectées par tous ainsi que le droit de tous les Libyens de choisir leur mode de vie sans terreur ni menace”, a souligné M. Sarraj, appelant ainsi la classe politique à “créer un climat adéquat” pour soumettre à référendum le projet de Constitution.
Ce texte de 197 articles stipule que la Libye est une république dotée d’un président, d’un Parlement et d’un Sénat. Que Tripoli est la capitale, l’islam la religion d’Etat et la charia source de la législation. Les langues des communautés arabe, amazigh, touareg et toubou seront reconnues “langues officielles”.
Elue en 2014, l’Assemblée avait 18 mois pour rédiger le projet de Constitution mais le chaos dans lequel est plongée la Libye a gelé le processus de transition politique, divisé le pays et placé la population à la merci des rivalités tribales et régionales ainsi que des nombreuses milices.
Le chef du GNA, contesté par des autorités parallèles dans l’Est du pays, peine à imposer son autorité en dehors de la capitale.
Grâce à une médiation française, M. Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, ont trouvé le 25 juillet un terrain d’entente. Ils se sont engagés notamment à sortir leur pays du chaos et à organiser rapidement des élections, ce qu’une nouvelle Constitution leur permettrait de faire.
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