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L’étude de marché est la clé du succès pour les jeunes entrepreneurs

Julie Kubia, directrice de recherche, Africa Field Agents, Kenya

 

Quelles sont les opportunités et les défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs africains dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ? Au nom de la Commission économique pour l’Afrique, Busani Busani a posé la question à Julie Kubia, directrice de recherche d’Africa Field Agents, une société de marketing basée au Kenya.

Julie Kubia

Quelles perspectives commerciales la ZLECAf offre-t-elle à la jeunesse africaine ?

La ZLECAf recèle un immense potentiel. Imaginez ce que cela signifie lorsque les habitants de toute l’Afrique peuvent enfin accéder à un marché unique pour les biens et les services ! La suppression des barrières commerciales offre des opportunités aux jeunes à la recherche de nouveaux marchés. Ils ont l’esprit d’entreprise, l’ouverture d’esprit et une vision différente du risque. 

Nous commerçons beaucoup avec l’Europe, la Chine et d’autres régions, mais aujourd’hui, nous augmentons les possibilités pour un jeune agriculteur ou entrepreneur kenyan de trouver un nouveau marché pour le thé kenyan au Nigeria ou au Maroc, ou d’accéder au thé à la menthe marocain pour le vendre sur le marché kenyan. Il s’agit là d’une grande opportunité.

La ZLECAf encourage également l’investissement et l’industrialisation, et il s’agit donc aussi d’accroître les possibilités d’emploi dans le secteur manufacturier et d’exploiter de nouvelles chaînes de valeur dans le domaine de l’agriculture ou de la technologie. L’un des aspects les plus passionnants est l’accent mis par la ZLECAf sur l’économie numérique, qui encourage les jeunes entrepreneurs à tirer parti de la technologie dans le commerce électronique et à passer à l’échelle. 

Si l’objectif premier de la ZLECAf est de favoriser le commerce intra-africain et de stimuler la croissance économique, le rêve de nombreux jeunes Africains est de voyager dans d’autres pays. Nous pensons souvent aux voyages à l’étranger, mais le protocole de la ZLECAf sur la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Afrique peut changer la donne. Si les jeunes peuvent commercer, voyager et trouver un emploi sur le continent, ils contribueront à la prospérité des Africains.

Si les jeunes peuvent commercer, voyager et trouver un emploi sur le continent, ils contribueront à la prospérité des Africains.

L’accent mis sur les femmes et les jeunes est-il nécessaire pour promouvoir la jeunesse dans le commerce ?

Oui. Nous sommes un continent très jeune. Les experts nous disent que plus de 60 % de la population du continent est jeune et qu’environ 50 % est de sexe féminin. Les jeunes et les femmes représentent la majorité de ceux qui gèrent les petites et moyennes entreprises et les start-ups. Ces deux groupes démographiques sont donc des moteurs essentiels du commerce. 

En faisant participer activement les femmes et les jeunes aux échanges de biens et de services, nous ouvrons la voie à une croissance économique inclusive. Ils sont notre présent et notre avenir.

Quels types de défis les jeunes entrepreneurs africains rencontrent-ils et comment peuvent-ils les relever ?

L’entrepreneuriat est difficile pour tout le monde, quel que soit l’âge. Les jeunes sont confrontés à de nombreux défis, tels que l’accès limité aux capitaux. Nombre d’entre eux ont du mal à obtenir le financement nécessaire au lancement et à la pérennité de leur entreprise. Les institutions financières traditionnelles exigent souvent des garanties ou de longs antécédents en matière de crédit, ce qui exclut de nombreux jeunes entrepreneurs en herbe.

Nous avons besoin d’un meilleur accès aux financements nationaux et de systèmes bancaires qui répondent aux besoins de la jeune génération. Les banques doivent modifier radicalement leur conception du risque. Notre continent ne prospérera pas tant que nous n’aurons pas mis au point de nouveaux modèles d’évaluation des risques.

En faisant participer activement les femmes et les jeunes aux échanges de biens et de services, nous ouvrons la voie à une croissance économique inclusive.

Quelle est l’importance de l’étude de marché pour les jeunes entrepreneurs ?

Je ne saurais trop insister sur la nécessité des études de marché, en particulier pour les jeunes entrepreneurs qui cherchent à se faire une place. Les études de marché fournissent des informations cruciales sur les préférences des consommateurs, les tendances du marché et la dynamique du secteur. Elle valide les idées et affine les stratégies pour les aligner sur les besoins du marché cible. 

Ces idées peuvent sembler abstraites, mais j’ai vu de nombreuses entreprises échouer parce qu’elles n’avaient pas mené d’études ou n’y avaient pas prêté attention. Par exemple, une entreprise utilise à tort les chiffres de vente des marchés australien, américain et britannique pour lancer un purificateur d’eau coûteux au Kenya. L’engouement ne sera pas le même, car le Kenya est un pays en développement dont les priorités en termes de produits de première nécessité et de dépenses de porte-monnaie sont différentes.

La demande de biens et de services augmentant sur le continent, les jeunes peuvent saisir ces opportunités et devenir les principaux catalyseurs de la transformation économique du continent.

Pour plus d’informations sur COVID-19, consultez le site https://www.un.org/fr/coronavirus

Par: 

Busani Bafana

Afrique Renouveau

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