Les constructions dans les domaines de l’Etat: le cas de Kaporo-Rails

Des ruines après le violent deguerpissement de Kaporo rails
Des ruines après le violent deguerpissement de Kaporo rails

Il est important pour les Guinéens de faire la part de choses : partout dans le monde, tout quartier, petit soit-il, doit avoir de places pour les écoles, les hospitaux, les terrains de sport, le marché, … des places où les gens peuvent s’asseoir pour respirer pendant les soirs après le travail et pendant les week-ends. On les appelle par les domaines de l’Etat ou les zones réservées, et qui peuvent être aussi utilisés pour construire d’autres bâtiments administratifs si le besoin en est.

Dans le passé, les chefs de quartier, certains cadres véreux en vendent leurs titres fonciers aux citoyens corrupteurs. Il n’y a jamais eu des corrompus sans les corrupteurs; les deux évoluent naturellement ensemble. C’est pourquoi dans beaucoup de pays du monde, les tentatives de corruptions sont sévèrement punies en premier lieu avant que l’acte ne prenne place. Par exemple, donner de cadeaux à un cadre administratif dans le seul but d’être favorisé peut faire l’objet de poursuites judiciaires.

En Guinée, ceux qui vendaient les domaines de l’Etat et ceux qui en achetaient, savaient tous qu’ils vendaient ou achetaient des terrains qui ne doivent pas être vendus ni achetés; donc, tôt ou tard, ils en seraient demandé les comptes. Ils ont tous fermé les yeux en oubliant qu’aucun pays ne demeurerait éternellement dans la pagaille, dans la corruption, dans les irrespects de lois ou dans le désordre total.

Par exemple, il était très courant que certains citoyens avec les malhonnêtetés de certains cadres, construisaient même sur les terrains déjà achetés par d’autres Guinéens comme ils pouvaient manipuler la justice et certains cadres de justice parce qu’ils se disaient tout simplement : «une fois que je construit sur un terrain, peu importe à qui il appartient, cette construction ne serait pas démolie». On a même vu les gens vendre et acheter de cimetières en Guinée.

En outre, si l’Etait a besoin de ses domaines, il a le droit de les récupérer et les Guinéens doivent savoir que ça soit celui-ci représenté par ce gouvernement ou un autre dans le futur, ça arriverait immanquablement. Les politiciens qui sont en train d’en faire leurs fonds de commerce doivent savoir qu’ils peuvent être les représentants de l’Etat demain et ils récupèreraient aussi les domaines de l’Etat pour ses besoins. Certes, on doit être compatissant envers les autres mais penser exploiter les situations tristes de nos compatriotes pour des fins politiques et leur dire qu’ils sont les ennemis de l’Etat, peu importent les actes qu’ils ont commis ou même s’ils sont en désaccord avec les lois du pays, risque de créer de précédents graves dans le futur.

Maintenant, on doit être d’accord sur certains points:

1) Avant de démolir une maison battue sur un domaine public, il faut que l’Etat ait besoin immédiatement de ce terrain sinon ça peut attendre tout en avertissant les occupants. Car il ne servirait à rien à démolir une maison si on n’est guère prêt d’utiliser ce domaine pour l’intérêt immédiat national;

2) Ceux qui sont sur les domaines de l’Etat doivent être avertis de la décision de l’Etat pour leur permettre d’avoir suffisamment du temps dans le but de se préparer sur les éventuelles conséquences;

3) Les déguerpis ne doivent pas subir seuls les conséquences des ces actes, les cadres et les institutions qui leur ont aidé doivent être aussi traqués et mis à la disposition de la justice pour dissuader non seulement les citoyens de ne jamais acheter un domaine de l’Etat mais aussi les cadres corrompus qui leur aident;

4) L’Etat doit discuter avec les déguerpis sur les mesures d’accompagnement avant les opérations dans le but de ne leur laisser sans toits au cours de celles-ci. Il est aussi le devoir de l’Etat de protéger tous ses citoyens.

5) Les récupérations des domaines de l’Etat doivent être réalisées partout dans le pays et les mêmes citoyens dans les mêmes conditions doivent subir les mêmes conséquences si non l’Etat se monterait injuste et partial; ses actions, dans ce cas, feraient plus de mal que bien.

Enfin, la seule chose qui ne doit pas faire un sujet de débat est si l’Etat a le droit ou pas de récupérer ses domaines, les débats doivent plutôt être focalisés sur les manières de récupérations et éventuellement, sur les mesures d’accompagnement.
Par Ibrahima Kandja Doukouré