Alpha Oumar Taran Diallo, président de l'ADR
Alpha Oumar Taran Diallo, président de l'ADR

Dans une interview accordée à des journalistes, Alpha  Oumar Taran Diallo leader de l’Alliance démocratique pour le renouveau (ADR) s’est longuement exprimé sur la prorogation du mandat des députés.

Le président de l’ADR  soupçonne le gouvernement de vouloir entraîner un glissement électoral pour 2020 pour leur permettre de se maintenir au cas où “leur histoire de troisième mandat” ne passerait pas.

“Souvent, le débat est un peu biaisé parce qu’avec ce décret, les citoyens s’attaquent beaucoup plus aux députés, au lieu de s’attaquer au gouvernement qui a l’obligation d’organiser les élections à date parce que la constitution est claire. Il y a un cycle établi. Nous connaissons les différentes dates prévues pour l’organisation des élections dans notre pays. Mais, malheureusement, le gouvernement n’a pas eu la volonté nécessaire pour les organiser. Ce n’est pas tellement étonnant puisque depuis 2010 pratiquement nous vivons la même situation. Les élections communales se sont déroulées depuis un an mais jusqu’à présent on arrive pas à terminer le processus d’installation des exécutifs communaux. C’est la même fuite en avant qui est observée. Nous, nous soupçonnons le gouvernement de vouloir entraîner un glissement électoral pour 2020 pour leur permettre de se maintenir au cas où leur histoire de troisième mandat ne passerait pas. Donc, le président de la République est en train de jouer sur ça”, a-t-il entamé.

Pour cet opposant, les gens sont en train de s’attaquer aux députés au lieu de s’attaquer au gouvernement.

“C’est ce gouvernement qui devrait être chassé pour n’avoir pas organisé les élections à date”, a-t-il renchéri.

Et Monsieur Diallo de poursuivre: “Je dis aux citoyens guinéens que le combat pour 2020 commence dès maintenant là parce que si les élections législatives ne sont pas organisées comme il se doit et à date, il va y avoir un impact sur l’élection présidentielle de 2020. Nous devrions pas accepter cela. C’est une question de volonté. Si le gouvernement le veut, il va organiser des élections libres transparentes et crédibles à date. C’est bien possible. Au mois de mars, on peut si on le veut. Pour l’assainissement du fichier électoral, les préalables sont déjà faits. Il a été audité et les experts qui l’ont fait ont déposé le rapport à qui de droit. Qu’est ce qui nous empêche de dérouler le processus permettant de mettre en place les recommandations qui se trouvent dans ce rapport. Du moment que la CENI est déjà en place, je ne vois pas d’obstacles qui nous empêcheraient d’aller vers ces élections. On peut nous dire que dans trois mois ce n’est pas possible, mais dans quatre mois c’est bien possible d’organiser les législatives qui permettront d’avoir une Assemblée nationale crédible, légitime et légale afin que l’élection présidentielle puisse se dérouler comme le prévoient nos lois en 2020”.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

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