Ibrahima Kandja Doukouré
Ibrahima Kandja Doukouré

On aime vraiment la politique en Guinée: au lieu de combattre la réalité, ils se battent naïvement pour l’illusion. Ainsi, on croit qu’il est de notre devoir de préciser ce qu’on appelle par «la réalité » et ce qu’on entend par « l’illusion ».

Les mandats de députés ont expiré depuis un bon moment et personne ne sait avec la moindre certitude à quand les nouvelles élections législatives seront tenues. Sans oublier que rares ont été les élections qui ont été tenues à temps et dans les respects des lois en la matière pendant les (8) huit dernières années du règne de notre fameux professeur. Le pays a été tragiquement dirigé par les humeurs d’un président d’un côté et hypocritement par les apôtres des accords politiques d’un autre côté. La constitution a beaucoup des articles et doit être respectée en entière et pour tout le temps.

Au lieu de se battre pour que les législatives soient tenues maintenant dans la transparence et penser même les gagner, nos politiciens par hasard nous font courageusement croire qu’ils vont lutter contre un projet que personne ne l’a vu à ce jour.

On n’a guère besoin d’être un juriste pour savoir naturellement qu’un projet de ce genre (un troisième mandat) ne passe pas sans que nous ne l’ayons tous vu. C’est sûr et certain que quand les incompétents ont profité d’un régime, ils ne voudraient jamais qu’il ne prenne fin; ils vont même massivement s’agiter pour ça. Cependant, tout projet de lois ou proposition de modification de la constitution doit passer nécessairement par l’assemblée nationale ou par un référendum; on se demande qui a t-il vu ce projet maintenant et ça durera t-il pour combien de temps.

Une précision à souligner, si ce président s’engageait vraiment à modifier la constitution pour rester au pouvoir, alors il ne peut être empêché que par la société civile et les syndicats qui pourraient avoir tout le peuple de Guinée derrière eux. La lutte est lamentablement foutue d’avance quand elle serait animée par les politiciens pour les raisons que tout le monde peut facilement deviner. Avant tout et depuis à peu près dix (10) ans de ce pouvoir, on se demande combien de fois ces gens ont-ils pu empêcher ce président de faire ce qu’il a voulu faire dans ce pays.

C’est qui est troublant dans tout ça est de penser que les hommes comme nos politiciens par hasard n’ont jamais su jusque là gagner aucune bataille contre ce régime car ils n’ont guère compris la nature de combats à mener à un moment donné. On dirait que la notion de priorité (ce qui doit être fait aujourd’hui et ce qui doit attendre demain) n’existe point chez eux. Il est temps de se demander ce qu’on appelle « faire politique » pour eux: le théâtre ou aider leurs compatriotes.

Par Ibrahima Kandja Doukouré