Le journaliste Ibrahim Kalil Diallo
Le journaliste Ibrahim Kalil Diallo

Le projet d’une nouvelle constitution en Guinée continu à faire couler des salives. Des mouvements d’oppositions naissent du jour au lendemain, des leaders d’opinions et des organisations contrent ce projet ne cessent de dénoncer. Ce jeudi, notre rédaction a rencontré le président du collectif des journalistes pour le soutien aux actions présidentielles où Ibrahima Kalil Diallo a exprimé la position de sa structure face à ce projet.

Le collectif a été créé le 3 septembre 2015, l’objectif c’était de soutenir les actions présidentielles en informant et en sensibilisant les citoyens sur les différentes réalisations du gouvernement en matière de développement.

Dans son intervention, Ibrahima Kalil Diallo a indiqué que depuis la création de ce collectif, ils ont eu à mener pas mal d’activité sur le terrain, « mais j’avoue qu’aujourd’hui que nous sommes très déçu du pouvoir en place », a-t-il déclaré.

Sur les motifs de la création du collectif des journalistes pour le soutien aux actions présidentielles, il a laissé entendre que c’est parce que durant la première mandature du président Condé de 2010 à 2015, il y a eu des problèmes qui certainement ont empêché de mettre en œuvre les projets de société. Il s’agit des différentes manifestations politiques qui ont eu lieu mais également d’Ebola qui a causé du tort à l’économie guinéenne.

« Donc, nous avions pensé que c’est cela qui avait vraiment freiné un peu le développement de la Guinée. Mais après 4 ans d’observation, nous avons compris que ce n’était pas ça, c’est plutôt un manque de volonté politique de la part des gouvernants ».

En tant que citoyens patriotes, dit-il « nous n’allons pas continuer à soutenir un tel système, un tel régime, un tel pouvoir qui a de mépris pour son peuple. Si non, on ne peut pas comprendre pendant 9 ans de gestion du pouvoir, vous êtes incapables de construire des bonnes écoles, vous êtes incapables de construire des bons hôpitaux, vous êtes incapables de construire des bonnes routes, vous êtes incapables de construire des logements sociaux, vous êtes incapables d’améliorer les conditions de vie des travailleurs à plus forte raison rehausser le niveau de vie de la population guinéenne », a dénoncé M. Diallo.

Poursuivant son intervention, il a continué à préciser l’incapacité du gouvernement qui les pousse vers un découragement et une déception totale : « étant donné que la Guinée est une nation extrêmement riche. Dieu nous a donné sur le plan naturel tout ce qu’il faut. La bauxite, l’or, le diamant, la pluie… aujourd’hui, malgré toutes ces potentialités que nous avons, tout le monde est témoin que le pouvoir est incapable de nous donner le courant, malgré les sommes colossaux qu’ils ont investi dans ce secteur. Des milliards de dollars investis dans le secteur énergétique, jusqu’à présent on n’arrive pas à avoir le courant à 100%. Le problème de l’eau, on n’en parle pas, vous n’avez qu’à vous promener dans la banlieue de Conakry, bien que c’est la saison pluvieuse, voir les problèmes auxquels aujourd’hui, les citoyens sont confrontés par rapport à ce problème d’eau. Or, nous avons tout ce qu’il faut aujourd’hui pour avoir non seulement le courant mais aussi pour avoir de l’eau parce que nous avons des cours d’eau, on dit déjà que la Guinée c’est le châteaux d’eau d’Afrique de l’Ouest. On a plusieurs cours d’eau qui prennent leur source en Guinée.

Au-delà de ça, nous avons le soleil, avec ça on peut avoir l’énergie solaire. Nous avons les déchets qui sont en train de polluer Conakry, avec ça, on peut se procurer de l’énergie mais malgré tout ça, ce pouvoir a montré ses limites », a-t-il renchéri.

Concernant le projet d’une nouvelle constitution qui a été pris en compte lors du conseil des ministres par le président de la République, le président du Collectif des journalistes pour le soutien des actions présidentielle a souligné : « Nous sommes conscients que c’est l’avenir de la jeunesse qui est en jeu, nous ne pouvons pas accepter un tel projet. C’est un rêve utopique, c’est un rêve irréalisable. On ne peut pas réaliser un tel rêve parce que je crois qu’eux même, ils sont conscients que le peuple est dans sa majorité déçu. Plus de 90% de la population est contre ce projet. Même au sein du pouvoir, les gens sont complètement déçus ».

Avec cette situation, l’avenir de ce collectif se voit vers sa fin dans les prochains jours. En attendant, il reste sous sa réserve avant de se prononcer ouvertement là-dessus.

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

Tel : (+224) 656 77 52 34