C’est maintenant bien clair que l’UFDG ne sera pas accompagnée lors de la prochaine manifestation prévue à Kaloum le 16 juillet 2017. En tout cas, pas le RDIG, ni les NFD encore moins l’UFC. Dans cette interview, Jean Marc Telliano, président du RDIG explique pourquoi.   

Aminata.com: qu’est ce qui explique votre refus de participer aux manifestations projetées par l’UFDG?

Jean Marc Telliano: ce n’est pas que nous ne sommes pas d’accord c’est parce que n’avons pas la raison d’être solidaire à cette marche. Hier, nous pouvions marcher, mais de nos jours, logiquement parlant, nous avons aucune raison de marcher parce que la CENI qui avait refusé catégoriquement de participer au Comité de suivi, aujourd’hui elle a commencé à y prendre part. Le point 2 de l’Accord politique, malgré la polémique, a été partiellement adopté par l’Assemblée. L’indemnisation des victimes, certes, cela a pris du retard, mais aujourd’hui la balle est dans notre camp. Il  y a lieu que nous déposions les listes définitives par rapport aux victimes. En ce qui concerne la réforme de la CENI et l’organisation des élections communales, une fois que nous avons repris les travaux au sein du Comité de suivi, je crois que nous devons accepter (…). Je pense que pour être plus responsables et cohérents avec nous-mêmes c’est d’accepter de participer au Comité de suivi et poser nos revendications. Même en temps de guerre lorsque les deux protagonistes se retrouvent autour de la table, on déclare immédiatement un cessez-le-feu. En tout cas, Le Front pour l’alternance démocratique (FAD) ne pense pas participer à cette manifestation.

Vos représentants étaient à la plénière au sortir de laquelle le calendrier des manifestations a été annoncé. Qu’est ce qui explique cette volteface?

Nos représentants sont partis pour juste écouter, mais pas pour donner leur quitus par rapport à la marche. Mais il se trouve que la décision était déjà prise par le chef de file de l’opposition. Moi, je pensais que la réunion était convoquée pour que nous puissions voir dans quelle mesure nous allons manifester.

Mais vous avez vos représentants au sein du comité d’organisation des manifestations.

Le Comité d’organisation devait nous remonter et quitte aux leaders de prendre une décision collégiale de manifester ou pas.

Reprochez-vous à Cellou Dalein d’avoir pris unilatéralement la décision de reprendre les manifestations?

Je ne peux dire que c’est une décision unilatérale, mais quand même je n’ai pas apprécié qu’on prenne la décision sans se concerter. Nous sommes des amis, des alliés et nous avons opté pour un combat. Personne n’est parti dans l’opposition républicaine s’il n’avait pas la conviction pour une alternance. Donc, on ne devrait pas prendre des décisions sans nous concerter.

On ne ressent plus cette unité d’action au sein de l’opposition comme c’était le cas par le passé. Le Bloc libéral n’est plus là et voilà le FAD auquel vous appartenez qui vient d’être créé. N’est-ce pas des signes d’un profond malaise au sein de l’opposition?

Nous avons été très clairs lors de la signature de cette alliance que nous restons et demeurons de l’opposition républicaine. C’est une incompréhension autour de la prise des décisions. Je crois que bientôt nous allons nous revoir pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Je ne vois pas de raison de quitter  l’opposition pour aller où? Pas à la mouvance quand même.

Envisagez-vous de quitter le groupe parlementaire Libéral démocrate?

Nous n’avons jamais envisagé cela parce que ce n’est pas dans mon calcul. Nous serons toujours dans le même groupe parlementaire.

Pour certains, cette distance entre vous FAD et l’UFDG s’expliquerait par l’arrivée de Makanéra qui est devenu porte-parole de l’opposition et Papa Koly. Et que suite à ça, vous vous sentez abandonner par Cellou Dalein? Que répondez-vous?

Se sentir abandonner, c’est un peu trop dit car, chacun joue sa partition. Si Makanéra peut jouer un rôle qui peut nous faire avancer pourquoi ne pas le soutenir. C’est comme moi, vice-versa.

Le FAD va-t-il présenter une liste commune lors des élections communales?

C’est un peu trop tôt de parler de ça. Nous sommes en train de peaufiner des stratégies. Au moment venu, on vous le dira.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que la création du FAD est consécutive à la déclaration de l’UFDG de ne pas tisser des alliances électorales lors des prochaines communales?

Vous pouvez demander ça peut être à un autre parti que l’UFDG a aidé, mais pas au RDIG qui est toujours parti sous propre label. Je n’ai pas été remorqué et les prochaines consultations électorales, j’irai sous la bannière de mon parti le RDIG.

Quel est votre analyse de la situation au sein de la CENI?

Je n’ai pas trop de commentaires par rapport à la CENI. Si ça ne tient qu’à moi, Bakary Fofana et Me Kébé c’est la même salade, la même sauce. Maintenant, ils donnent raison à l’opposition qui a toujours demandé la réforme de la CENI. C’est la CENI qui a créé tous les problèmes que nous avons aujourd’hui en Guinée. Et donc, il faut la réformer.

Ça va encore retarder de plus l’organisation des communales que vous de l’opposition réclamez immédiatement.

Oui, la réforme de la CENI va retarder, mais il vaut mieux avoir une institution électorale qui ne va pas bruler le pays demain au lieu d’en avoir une qui va provoquer une guerre civile. Nous avons besoin de la paix dans notre pays. Nous voulons que les guinéens se regardent en face au lieu de se regarder en chien de faïence.

On vous accuse d’avoir subtilisé une tablette à l’Assemblée nationale. Que répondez-vous?

Là, je n’ai plus de commentaires par rapport à ça. Nous avons pu trouver une solution. Nous sommes en politique et tout est possible. Le discrédit ou les accusations ça arrive. Nous venons de sortir de la réunion avec le président de l’Assemblée nationale, le mis en cause c’était moi et quelques députés m’ont apporté leur solidarité.

 Vous niez donc?

Nous avons trouvé la solution.

Est-ce que vous avez été soutenu par vos collègues de l’opposition?

Le président Cellou Dalein m’a envoyé un message de solidarité.  C’est pour vous dire que j’ai des très bons rapports avec lui contrairement à ce que certains médias pensent. Je ne peux pas le quitter et je serai toujours avec lui.

Vous avez promis de porter plainte. Vous renoncer ou pas?

On m’a conseillé de ne plus porter plainte parce que c’est l’image du parlement qui est en jeu.

Réalisée par Abdoul Malick et Lamarana Diallo

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