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Interview avec Dr Zalikatou Diallo : «le président Alpha Condé a fait beaucoup d’efforts dans les infrastructures… »

Dr Zalikou Diallo, députée au groupe parlementaire de la mouvance à l’Assemblée nationale  guinéenne,  Secrétaire Générale du Forum des Femmes Parlementaires de Guinée et rapporteur de la commission santé, travail et affaires sociales du parlement panafricain, a accordé cette semaine une interview exclusive à notre rédaction . Au cours de laquelle, la députée au parlement guinéen s’est largement exprimée par rapport à certains sujets faisant la une de l’actualité du pays notamment, les raisons valables qui l’ont fait adhérer au le RPG Arc-en-ciel, la nouvelle sur la loi sur la CENI, la problématique de l’organisation  de la CAN Guinée 2023 et tant d’autres sujets brulants  défrayant la chronique dans la cité.
Aminata.com/Justinmorel.info: Après le divorce avec la formation politique sous la bannière de laquelle vous aviez été élue députée à l’Assemblée nationale, vous aviez siégé pendant 18 mois en tant que non inscrite, avant d’adhérer au RPG arc-en-ciel. Pouvez-vous nous expliquer ce choix politique ?
Dr. Zalikatou Diallo : Effectivement, j’ai été élue sous la bannière d’une autre formation politique, mais pour des raisons de dissension du point de vue, j’ai décidé de siéger au parlement le 13 janvier 2014 comme Députée non inscrite, pendant 18 mois. Ensuite, j’ai eu l’honneur d’être désignée Députée du Parlement Panafricain depuis le 03 mars 2014.
Durant ces 18 mois, j’ai été sollicitée par beaucoup de formations politiques. Après mûre réflexion, mon choix s’est porté sur le RPG arc-en-ciel, et ce n’est pas de manière fortuite. J’y ai adhéré pour soutenir le président Alpha Condé et surtout l’encourager parce que vraiment, ce qu’il est en train de faire est bon pour le pays.
C’est lors d’une mission, que j’ai vu les réalisations faites par le Pr. Alpha Condé à l’occasion des fêtes tournantes à Boké et en forêt. J’ai vu toutes ces réalisations et surtout à Mamou, ma ville natale, que j’ai vue transformée. A l’époque, les chantiers de la haute Guinée étaient à 75% exécutés. Vraiment j’ai compris qu’il a restauré l’autorité de l’Etat en termes d’infrastructures pour l’administration décentralisée.
Ensuite, le président Alpha Condé a fait beaucoup d’efforts dans les routes. Quand j’ai vu la route Beyla-N’Zérékoré qui a été entièrement goudronnée. J’ai vu beaucoup d’efforts, j’étais agréablement surprise parce que, je ne pouvais pas penser qu’on pouvait réaliser de telles infrastructures avec le Budget National de Développement.
A l’époque, je me suis dit que le président Alpha Condé est un Monsieur qui mérite d’être soutenu à cause des efforts déployés vers la fin de son premier mandat. Ceci étant, il méritait d’être soutenu pour un second mandat. Donc autant adhérer alors à sa formation politique pour mieux l’encourager à cause de tout ce qu’il est en train de faire pour le pays.
En tant que députée, membre de la Commission Aménagement du territoire, énergie et transport au parlement à l’époque, nous avons visité le chantier de Kaléta qui était à peu près à 75% de niveau de finition. C’est ainsi qu’on a même encouragé la construction de Souapiti qui viendra à la longue bonifier Kaléta et on ne connaîtra plus ces délestages en période d’étiage.
Alors, mon impression a été qu’il est en train de poser des bases de développement durable parce que, quand on résout le problème énergétique et bien ceci implique un développement industriel, c’est la base de tout  développement. Vraiment il faut le dire haut et fort que le président Alpha Condé se bat pour un développement durable du pays.
Avec tout ça, toute cette vision, je me suis dit que c’est un Monsieur (président) qui se bat réellement pour le pays, c’est pourquoi, j’ai finalement décidé d’adhérer au  RPG arc-en-ciel et de quitter mon statut de non inscrite à l’Assemblée Nationale et de rejoindre le Groupe Parlementaire RPG-Arc-En-Ciel pour qu’on le soutienne.
Ce qui fut fait, il a été réélu dès le premier tour. Jusqu’ici, il se bat, mais comme disent les malinkés ‘’sènè lé kabon’’.C’est-à-dire, le champ est très trop vaste, mais il se bat.  Par exemple, le Plan National de Développement Economique et Social (2016- 2020) a été élaborée. Il s’est battu pour obtenir son financement à hauteur de 21 Milliards de Dollars. US.
Ensuite, au niveau de la Chine, il s’est battu pour élever le niveau de la coopération à un niveau stratégique et il a pu obtenir un financement du développement de la Guinée jusqu’en 2036, si j’ai bonne mémoire avec, 20 milliards de dollars.
Le fait que ; le Président Alpha Condé ait tout mis en œuvre du  Côté des Partenaires Techniques et financiers pour obtenir le financement du (PNDES).
Ce qui dénote, un regain  si j’ai bonne mémoire de 14 millions 600 mille dollars, il a pu obtenir 21 milliards de dollars.
Ce qui dénote un regain de confiance des bailleurs de fonds vis-à-vis de notre pays. Donc 41 milliards d’intention de financement et moi je trouve qu’il a joué sa partition.
Alors, la balle est dans le camp de l’administration guinéenne, de tous les guinéens qui veulent apporter leurs pierres à l’édification nationale.
C’est ce qui est très important. Donc sur le plan de la vision, je pense qu’il est en train de beaucoup faire pour aider le pays. C’est à cause de ça qu’on l’a soutenu et je ne suis pas la seule. Vous voyez au fil du temps, certains qui doutaient et qui luttaient contre lui, sont en train de revenir à de meilleurs sentiments vu tout ce qu’il est en train de faire. On se rend compte qu’il va dans le sens du développement de la Guinée.
Nous constatons qu’il y a eu des avancées considérables concernant les projets agricoles parce que tout ce que le président Alpha Condé voit dans les autres pays, il veut le capitaliser chez nous.
Quand on prend le cacao, le café arabica (qui est une plante cultivée au Rwanda et en Ethiopie dans les hauts plateaux).Le président Alpha Condé ambitionne aussi de propager cette culture chez nous parce que la Guinée a un relief similaire à ces Etats. Pour lui, vaut mieux qu’on vienne développer la café culture dans cette zone et il lie l’acte à la parole.
Avec la journée de l’élevage à Labé, il a planifié l’insémination artificielle pour améliorer les races guinéennes qui sont résistantes mais qui ne produisent pas assez de lait et qui ne donnent pas beaucoup de viande par rapport aux autres.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai adhéré au Parti car il est en train de mettre en œuvre le projet de société grâce auquel il a été élu au bénéfice des populations guinéennes.
Je vais vous le dire clairement, si jamais je n’avais pas vu ces avancées significatives et les actes posés par le président de la République, je n’allais jamais adhérer à ce parti.
Avant, je ne pensais pas que le chef de l’Etat aurait pu poser des actes significatifs concernant le développement durable de la Guinée. C’est au fil du temps que je me suis rendue compte que effectivement, il est en train d’apporter quelque chose de très positif. Je suis sûre que ce n’est pas mon avis à moi seule, beaucoup l’ont constaté, même les partenaires techniques et financiers qui l’accompagnent.
C’est à cause de ces avancées significatives du Pr Alpha Condé que    le président Sidya Touré a accepté de collaborer avec lui, il l’a nommé Haut Représentant du chef de l’Etat. Aujourd’hui certains de l’opposition ont également accepté d’entrer dans son nouveau gouvernement d’ouverture, je veux parler M. Aboubacar Sylla le président de l’UFC et le président du NFD, Mouctar Diallo.
Il ne faut pas dénoncé pour dénoncer, mais vous dénoncez parce que ça ne va pas, mais vous proposez aussi des solutions au gouvernement pour pouvoir rectifier le tir.
Aminata.com/Justinmorel.info:   Quelle est votre lecture sur la crise sociale tendue entre le gouvernement et les acteurs sociaux à cause de la flambée du prix du carburant à la pompe qui, d’ailleurs était à 8000 GNF  et est devenu à 1000 GNF ?
Dr Zalikatou Diallo : Effectivement cette crise sociale, est de mise. C’est regrettable, on ne l’avait pas souhaité et ceci est dû à une volonté indépendante du gouvernement parce que, c’est le prix du baril sur le marché international qui a occasionné ce réajustement.
Qu’est-ce qui se passe ? Souvent, pour éviter justement ces remous sociaux, le gouvernement subventionne le carburant parce qu’il y a les arrondis négatifs.
Chaque mois, il y a la structure des prix. Et, les importateurs sont des privés,  eux c’est leur bénéfice qui les intéresse. Ils ne peuvent jamais vous aider à perte. Donc, si quelqu’un doit perdre, c’est l’Etat. Et l’Etat aussi a le devoir d’équilibrer son budget. Il y a les recettes, il y a les dépenses.
Les recettes sont fixées au moment de l’adoption de loi des finances initiales. Et après elles sont ajustées au moment de la Loi des finances initiales. Quand le budget est adopté et que ces recettes fiscales causent problèmes, cela va s’en dire qu’il y a un déséquilibre au niveau de l’Etat, ce sont des problèmes.
Le budget de l’Etat en souffre terriblement donc il faut ajuster le prix pour diminuer ces énormes subventions qui grèvent le budget.
C’est dans cet ordre d’idée qu’il a fallu que le gouvernement ajuste le prix du carburant à la pompe. Mais peut-être là où il y a eu problème, c’est la manière par laquelle, la nouvelle de l’augmentation du prix du carburant a été annoncée. Il n’y a pas eu un cadre de concertation tripartite entre le patronat, le syndicat et le gouvernement, même le mouvement social autour de la table de négociation.
Avant, les gouvernements d’alors procédaient toujours à un dialogue concernant la sensibilisation dans le but de montrer pourquoi le prix du carburant a été augmenté à la pompe. Tout ça, c’est une manière de  préserver la paix sociale. Peut-être que cette fois-ci, ce dialogue a dû manquer et il y a eu peut-être une augmentation unilatérale sans qu’il y ait eu concertation et compromis avec les acteurs sociaux. C’est pourquoi la crise s’est peut-être déclenchée et nous la vivons actuellement.
Mais moi, je pense que le gouvernement a expliqué suffisamment maintenant pourquoi, cette augmentation a été faite, parce qu’il  y avait plus de 80 milliards, on parle de 85 milliards de manque à gagner chaque mois. C’est énorme.
Je vais vous dire qu’en Guinée, on prône le dialogue. Ailleurs, même au Sénégal à côté, ça ne se passe pas comme ça. On ne fait pas des bruits  autour de l’ajustement du prix du pétrole.
Pratiquement dans beaucoup de pays, une fois que le baril bouge à l’international, ils ajustent aussitôt. Vous venez le constater à la pompe que le prix est majoré, il n’y a pas de bruit autour de ça.
Si vous êtes pour, vous prenez votre carburant. L’Etat ne s’en mêle même pas. C’est-à-dire, il y a une direction au niveau du commerce chargée des prix qui, dès qu’il y a la flexibilité on ajuste. Si le prix du baril chute aussi vous constatez qu’on diminue.
Mais comme chaque pays à sa spécificité, ici on est habitué à cela, pour qu’il y ait variation des prix, il faut sensibiliser, il faut qu’au niveau du cadre qu’on consulte tels ou tels. Ailleurs, ils ne perdent plus de temps pour ça et nous jusqu’à présent, on est à ce stade.
Donc il faut qu’on comprenne que les crises à répétition qui entrainent le syndrome qu’on appelle « ni, ni », c’est-à-dire ni paix ni guerre, c’est aussi néfaste qu’une guerre, parce que ça retarde le pays, il faut une paix durable, il faut la stabilité politique.
L’instabilité politique là n’entraine pas un développement durable dans un pays. Il y a beaucoup d’exemples qu’on peut citer.
Quand le Ghana a arrêté ses errements politiques, après la venue de Jerry Rawlings, vous voyez aujourd’hui le résultat, ils ont peut-être quelques difficultés mais au moins, la stabilité et la croissance y sont de mise.
Au Cap-Vert, c’est la même chose. Aujourd’hui, dans ce pays, il arrive des moments après les élections, qu’il y ait une cohabitation. C’est-à-dire que le président de la République n’est pas du même bord politique que le premier ministre à cause des élections législatives. Mais,  la cohabitation se passe au Cap-Vert de manière tellement paisible, parce qu’ils mettent en avant l’intérêt de l’Etat.
Vous n’entendrez jamais qu’il y a trop de dissensions. Il y a des dissensions  mais c’est la force de l’argument qu’on utilise autour de la table et puis on voit l’intérêt de la nation, ce qui est bon, chacun adopte cela.
Ce n’est pas une faiblesse, quand vous faites cela, le président ne se sent pas faible aux yeux de son premier ministre parce que pour lui, ce qui est plus important c’est l’intérêt du Cap-Vert.
Quand vous raisonnez de la sorte, il y aura des dissensions entre l’opposition et la mouvance mais ça ne serait pas de nature à freiner le développement économique du pays, ce ne serait pas de nature à occasionner des manifestations qui vont avoir des dégâts collatéraux.
Parce qu’ici, on dit manifestation pacifique mais, chaque fois, il y a des dégâts collatéraux. Les organisateurs n’ont certes pas l’intention de causer du tort. En ce sens qu’ils se disent, c’est une marche pacifique. Ils font les demandes, l’Etat donne les garde-fous, les services de sécurité pour encadrer mais après, il y a toujours des débordements, toujours des pertes en vies humaines, toujours des gens qui s’infiltrent et qui viennent casser les biens des autres.
La Guinée est un pays, je le dis et je le répète où on a tout pour nous développer. On ne devait pas être à ce stade, si les contradictions n’avaient pas pris le dessus sur nous. Tout le temps, les crises à répétions depuis l’indépendance à nos jours, le risque d’implosion sociale serait  toujours là. Si on avait opté pour une paix stable, durable et une stabilité politique, une démocratie apaisée, on serait loin aujourd’hui.
Les investisseurs les plus courageux vont venir, mais les autres mettront du temps. S’ils peuvent investir 100%, ils viendront investir 10%  juste pour être-là, mais ils attendent d’abord de voir  comment, les choses se passeront.
L’attentisme-là, on ne se rend pas compte, au fil des années qu’on se retrouve à 60 ans d’indépendance alors qu’on a rien fait.
Aminata.com/Justinmorel.info : Le vote sur la nouvelle Loi de la CENI provoque des tensions vives au sein de la classe politique, en tant que députée à l’Assemblée nationale, ne craignez-vous pas une nouvelle crise politique qui se dessine à l’horizon ?
Dr Zalikatou Diallo : Evidement la nouvelle Loi de la CENI a été adoptée  à l’Assemblée nationale au cours de la session des Lois. Il y a eu de vives réactions de certaines formations politiques parce qu’elles s’estiment être exclues. C’est la politique, il y a eu une commission adhoc qui a été mise en place. Et, c’est cette commission adhoc qui a travaillé sur ce texte.
Elle était composée de tous les représentants notamment, des groupes parlementaires du RPG arc-en-ciel, les libéraux démocrates et les républicains. Ils ont travaillé pour sortir ce texte. Ça veut dire que c’est pratiquement un consensus de la majorité des députés à l’Assemblée nationale.
Ils ont eu à corriger les faiblesses de la Loi 016 qui était en vigueur. Surtout parce que, la composition de la CENI était pratiquement pléthorique. Il y avait trop de commissaires, ensuite il y avait des incidences financières énormes.
Alors, la commission s’est inspirée des CENI d’autres pays pour pouvoir vraiment amender les dispositions de la Loi 016, afin qu’il y ait une CENI raisonnable, une CENI moins budgétivore et aussi une CENI où les rôles vont être répartis entre le ministère de l’administration du territoire et la CENI elle-même.
Cette Loi réduit le nombre de commissaires, de 25, on passe à 17. Elle affecte aussi tout ce qui est non électoral, qui a trait à la logistique et qui n’a pas une influence directe sur les résultats au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Par ailleurs, cela va un peu alléger le budget de cette institution Républicaine.
Ensuite, ils ont quand même tenu compte de la représentativité des partis sur l’échiquier politique. Là il faut que les partis membres de la future CENI aient au moins 2 députés à l’Assemblée Nationale.
Il y a certains partis qui ont une très forte adhérence, beaucoup de militants, des parti qui se disent vraiment implanter sur toute l’étendue du territoire national qui, participent à toutes les élections, ça veut dire qu’ils fournissent beaucoup plus d’efforts, ils se disent qu’ils ne peuvent pas être sur le même pieds d’égalité que certains partis qui ne participent pas à toutes les échéances électorales et  qui n’ont pas de députés à l’Assemblée nationale  ou qui ont un seul député.
Chacun à sa raison, ce comité donc a fait le travail, il a été soumis, ça a été voté à plus de 2 tiers parce que, n’oubliez pas que c’est une Loi organique et une Loi organique, il faut les 2 tiers des députés pour qu’elle soit adoptée.
Ainsi, si vous réussissez à faire voter par les 2 tiers des députés,  cela signifierait vraiment qu’il y a eu presque le consensus.
Il y a certains qui sont frustrés, c’est la démocratie, ils sont libres aussi de manifester leur mécontentement. Mais pour le moment, le texte a été adopté.
Alors, si maintenant, il y a des dispositions qu’il faut modifier, le comité adhoc se retrouvera également et voir qu’est-ce-qui ne va pas dans ce texte. Et moi-même, j’ai quelques remarques à faire dans ce texte. On va en discuter le moment venu pour pouvoir rectifier cela, pour qu’on puisse avoir une base juridique, afin que la nouvelle loi sur la  CENI qui sera mise en place, soit beaucoup plus efficace et efficiente et qu’elle soit vraiment raisonnable aussi pour alléger l’escarcelle de l’Etat.
Aminata.com/Justinmorel.info:   Qu’en pensez-vous de la décision du ministre Bouréma Condé qui souhaiterait installer de façon partielle les conseillers communaux dans les circonscriptions non litigieuses ?
Dr Zalikatou Diallo : Ça, c’est dû à l’inquiétude du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, que moi-même je partage. L’élection des conseillers communaux a eu lieu depuis le 04 février 2018. Les résultats ont été proclamés.
Selon le code électoral en vigueur, il y a les recours. Les recours sont  au niveau de la base et c’est nous-mêmes les députés qui avons voté ce code électoral pour dire que, une fois que les tribunaux ont tranché, il n’y a plus de recours.
Parce qu’une loi, au moment où vous examinez, vous amendez pour voter, vous pensez que vraiment la Loi, qu’elle est sans problème. Mais au fur et à mesure de la mise en œuvre, vous vous rendez compte qu’il y a des difficultés, il y a des amendements à faire, il y a des problèmes pour la mise en œuvre de tels ou tels.
Donc ceci a amené des problèmes parce qu’il y a des zones litigieuses où certains partis estiment vraiment qu’il faut revoir. Mais le code ne  prévoit pas.
Nous avons voté à l’Assemblée nationale le code des collectivités où il y a eu une mutation, l’Etat se dessaisit de beaucoup de ses prérogatives au sommet pour, rendre de plus en plus les collectivités autonomes.
Les partenaires techniques et financiers ont les moyens à mettre à la disposition des collectivités pour que le développement à la base soit effectué.
On perd du temps. Ce sont des fonds qu’on octroie à un pays à  un moment donné, quand les dates limites passent, les partenaires et les bailleurs de fonds retournent. Il n’est pas rare de voir qu’on réaffecte ces fonds à d’autres pays qui sont beaucoup plus aptes, où la situation politique est stable et ils sont en train de développer leur pays, on perd des ressources.
C’est pourquoi peut être, le ministre de l’administration du territoire et le gouvernement a trouvé que là où il n’y a pas de litiges, installons les conseillers communaux. Et aussi, Là où il y a les litiges, le jour où on trouvera une porte de sortie on s’entendra. Ce qui va être fait grâce à l’accord politique en fin trouvé.  Ainsi, les nouveaux maires  vont se mettre au travail parce que, je vous assure  que les autres pays évoluent et nous sommes là encore, on ne s’entend pas sur le minimum, c’est grave. Vraiment, j’ai le cœur serré quand je sillonne certains pays.
Nous, la colonisation nous a fait ceci, nous a fait cela, mais en attendant au moment où on accédait à l’indépendance, on était sur le même niveau de développement que la Chine, les Indes, les pays d’Amérique Latines, c’était la même chose. Mais, aujourd’hui, vous voyez comment ceux-ci  se sont développés, ils sont devenus émergeants.
Quand vous voyez la Chine, on vous dit, on était presqu’au même niveau dans les années 50 ou 60, aujourd’hui la Chine a la première réserve mondiale de changes même avant les Etats Unis, 3081 milliards de dollars de réserve de changes.
La Chine aujourd’hui  est une puissance économique, c’est parce qu’ils ont mis en place une politique de développement vraiment cohérente et le développement durable est de mise actuellement.
Ce n’est pas une baguette magique, mais il y a des stratégies, des attitudes à adopter pour qu’on puisse évoluer.
Heureusement, la classe politique a trouvé une issue favorable au contentieux post-électoral.
Aminata.com/Justinmorel.info:   La Guinée doit organiser la CAN 2023, mais malgré la mise en place du comité de pilotage du Co-CAN et ses sous commissions, aucun jalon n’a été posé. Qu’en-est-il ?
Dr Zalikatou Diallo : C’est trop dire qu’aucun jalon n’a été posé non !
Depuis que le comité de pilotage a été mis en place, on s’est attelé à la mise en œuvre d’un programme.
Les commissions ont été mises en place effectivement, il y a eu peu de retard dans la signature de l’arrêté du premier ministre. Mais,  ça a été fait, on a un siège provisoire, on a élaboré le budget de fonctionnement et malheureusement jusqu’à présent ce budget de fonctionnement n’est pas encore à la disposition du Co-CAN. Ce sont les présidents et vice-présidents qui mettent la main à la poche pour essayer de financer le peu d’activités que nous faisons.
Ils ont mis la main à la poche pour aménager un local au niveau de l’immeuble Kakandé où nous avons nos bureaux, on a un personnel qui est encore payé par ces vice-présidents également.
C’est un peu difficile, mais en dépit de tout cela, il y a eu des avancées parce que, une mission a été envoyée par le Co-CAN, qui a sillonné tout le pays pour aller voir tous les sites qui étaient réservés à cet effet.
Cette mission technique a fait tout le pays et a produit un rapport clair où les sites sont bel et bien disponibles, les gouvernorats et les préfectures ont mis à la disposition du COCAN les différents sites avec le nombre d’hectares requis, tout a été répertorié.
Ensuite, il y a eu un problème parce qu’au moment où on nous octroyait l’organisation de la CAN 2023, il y avait un cahier de charges qui parlait de 4 sites.
Maintenant, la CAF a revu ces textes et le nombre de sites a été revu à la hausse, avec maintenant 6 sites. Donc, le cahier de charges est non seulement lourd, mais il est devenu encore plus lourd et en tenant compte de ça aussi, il faut revoir le nombre de sites.
Ainsi, on ne fait certes pas trop de bruits mais, on est là-dessus, on est en train de se battre.
Aminata.com/Justinmorel.info :   Vous espérez que la Guinée peut organiser cette CAN en 2023 ?
Dr Zalikatou Diallo : Oui !  On peut bien l’organiser, on peut être dans les délais parce que le problème, c’est quoi ? C’est celui des infrastructures, la construction des stades.
A ce niveau, il faut rester tranquille, avec la technologie actuelle du bâtiment en général les stades peuvent être construits en 12 mois ou 18 mois au maximum pour les grands gabarits.
Nous n’avons pas besoin pour la CAN 2023 de gros stades de 50 milles places non, ce n’est pas cela. Dans les sites à l’intérieur du pays, avec la population, on peut construire  peut-être des stades entre 5000 ou 10000 places.
Donc, il faut être raisonnable, des stades maximum de 10 milles, 12 milles places pour les autres sites et pour les grands stades à Conakry, on a le stade de Nongo, s’il est homologué, l’ouverture de la compétition et la clôture pourra se faire là-bas.
A Conakry, on peut aussi opter pour un deuxième site, au stade de 28 septembre qui est homologué depuis. Là aussi il peut être mis à neuf. Et, aussi voir les autres sites, construire les stades, ça ne prendra même pas 12 mois pour construire un stade parce que, les entreprises qui vont être sélectionnées, il y aura beaucoup de critères, le rapport qualité/ prix, mais on prendra des entreprises qui feront le travail, qui ont des équipes qui travailleront 24h/24.
Tel que par exemple, quand vous voyez les chinois, ils ont des équipes qui travaillent, qui se relaient. A ce niveau, je pense que le travail avancera rapidement et même il y a des sociétés guinéennes qui, si elles soumissionnent, si elles sont retenues par l’appel d’offre, elles peuvent faire aussi le travail. Donc, moi, je pense qu’il faut être moins critique envers le comité de pilotage.
Le ministre BantamaSow qui est là, il est à pieds d’œuvre pour pouvoir vraiment faire bouger les lignes. Ça, il faut le reconnaitre, d’abord c’est en son temps que l’initiative a été prise à l’époque et il a quitté entretemps pour la première fois le département. Il y a eu gain de cause cela va s’en dire qu’étant de retour à ce même département, je vous assure qu’il ne dort pas, il est à pieds d’œuvre pour la réussite de ce projet.
Ensuite, on a une pile d’offres de la part des sociétés étrangères et même nationales pour pouvoir investir. Une fois qu’on lancera les appels d’offres, les appels à candidature pour pourvoir démarrer les choses sur le plan infrastructurel, vous allez voir.  On a une pile de dossiers comme ça, dès que ça sera sélectionné, ça va aller, en tout cas, la volonté politique y est.
Le président Antonio Souaré est un fan du football, il se bat, il fait de son mieux. Puis les vice-présidents, le général Mathurin Bangoura, le PDGKerfala Camara ils se battent, ils n’hésitent pas à mettre la main à la poche en attendant qu’on puisse avoir le budget de fonctionnement qu’il faut.
Aminata.com/Justinmorel.info : L’humanité vient de fêter la journée internationale Panafricaine des femmes. Votre mot s’il vous plait.
Dr Zalikatou Diallo : La Panafricaine des femmes est une institution que j’apprécie personnellement à plus d’un titre.
Quand je pense que la Guinée a occupé la première place à travers Hadja Jeanne Martin Cissé comme présidente du mouvement Panafricain des femmes. Et aujourd’hui, nous aussi en tant que députées, honorable Djantou Traoré et moi siégeons au Parlement Panafricain. Donc à ce niveau nous continuons cette lutte.
Au niveau de la République de Guinée, la ministre de l’Action Sociale, tout son département, les femmes des ONG, les femmes guinéennes en général, mènent aussi cette lutte dans le cadre de l’équité.
Au niveau du parlement de la  CEDEAO également, les femmes de Guinée y sont représentées. Il y a Hadja Nantènin Chérif Konaté du RPG arc-en-ciel, honorable Aissata Daffé de l’UFR et honorable Marie Anne Fofana de l’UFDG, qui siègent au niveau du parlement de la CEDEAO.
Elles sont dans le groupe parlementaire des femmes de la CEDEAO et Mme Daffé est même la vice-présidente de ces femmes au niveau de la CEDEAO. Vraiment, cela démontre que nous en sommes à l’offensive. Et honorable Djantou Traoré qui est ma collègue, nous sommes les deux députées guinéennes qui sommes dans les bureaux des commissions au parlement panafricain.
Il faut ainsi signaler que l’honorable Djantou Traoré est la vice-présidente du groupe de l’Afrique de l’Ouest qui siège au niveau du bureau des femmes du parlement panafricain. Ça, c’est un honneur pour notre pays. Moi-même je suis rapporteur au niveau de la commission santé, travail et affaires sociales ce  parlement.
Donc à ce niveau, nous sommes tous membres de ces groupes parlementaires des femmes, nous traitons toutes les questions  concernant les femmes. Et quand on célèbre la panafricaine des femmes, nous nous sentons intéressées à plus d’un titre, pour continuer  cette lutte. Il y a eu des avancées significatives, il faut le reconnaitre avec le protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes, le protocole de Maputo.
Il y a également beaucoup de conventions sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, il y a la CEDEF qui doit être  mis en œuvre.
Surtout au niveau de l’Afrique, c’est le protocole de Maputo qui a été signé et ratifié par la Guinée et beaucoup d’autres d’Etats membres. Le protocole est rentré en vigueurs mais sa mise en œuvre peine, jusqu’à présent.
Mais au niveau de la Guinée beaucoup d’efforts ont été  faits parce qu’on a internationalisé ces dispositions dans les codes pénal et de procédure pénal que nous avons votés à l’Assemblée nationale. Et, actuellement même le code civil qui est entrain d’être révisé, qui va être examiné et voté  bientôt.
Il est en cours d’examen peut être qu’on va le voter à l’Assemblée nationale  où beaucoup de dispositions de ces instruments juridiques ont été mis dans nos Lois nationales en faveur des femmes pour diminuer la discrimination.
Et aussi, au niveau du forum des femmes parlementaires de Guinée, nous avons élaboré une proposition de Loi sur la parité. Et le forum des femmes parlementaires, j’en suis la secrétaire générale, nous avons la présidente également qui est honorable Hadja Fatoumata Binta Diallo.
Nous avons bénéficié de l’aide du gouvernement du Canada, l’ONU Femme et le PNUD. Nous avons initié une proposition de Loi sur la parité en République de Guinée. La proposition de la Loi qui a été rendue recevable par le bureau de l’Assemblée nationale. Elle suit le circuit, elle a été envoyée au gouvernement pour avis favorable du président de la République.
Nous attendons cela. Si le gouvernement donne l’avis favorable et cette proposition de Loi revient à au parlement, nous allons l’examiner, la faire voter pour la mise en œuvre de la Loi sur la parité en République de Guinée concernant les mandats électifs et les fonctions électives.
Donc vraiment nous ne pouvons que saluer les efforts du gouvernement parce que le président de la République a dédié son mandat aux femmes et aux jeunes, saluer l’action du ministère de l’Action Sociale à sa tête Hadja Mariame Sylla qui se bat et toute les ONG féminines, toutes ces femmes dynamiques qui ont toujours lutté pour l’émancipation des femmes, qui ont toujours lutter pour l’application du cadre national de mise en œuvre de la protection des droits des femmes et leur promotion pour que l’égalité des sexes soit de mise.
Interview réalisée par Ibrahima Sory Barry et Léon Kolié pour Aminata.com et JMI

 

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