Le «Nyotaimori» en débat en Afrique du Sud. Les fêtes délirantes d’un magnat noir, où des femmes dénudées servent de plateau de dégustation de sushis, ont ouvert un débat enflammé dans le pays, entre partisans d’une bourgeoisie noire décomplexée et ceux qui y voient un affront à la majorité sans le sou.
Kenny Kunene, un ancien détenu qui a fait fortune dans les mines et le divertissement, défraye régulièrement la chronique en dépensant des sommes folles dans des soirées extravagantes. Samedi, pour le lancement d’un night-club au Cap (sud-ouest), il a de nouveau servi du poisson cru que les invités, membres de la jet-set ou hommes politiques, pouvaient gober à même le corps nu de splendides mannequins.
«Servir des sushis sur le corps de femmes est un acte anti-ANC et anti-révolutionnaire», a immédiatement condamné le Congrès national africain (ANC), l’ancien mouvement de lutte anti-apartheid, au pouvoir depuis l’avènement de la démocratie en 1994. De quoi en imposer à l’homme d’affaires. «Je n’organiserai et ne participerai plus à des soirées sushi, parce que je respecte les leaders et les principes de l’ANC», a-t-il annoncé mercredi, dans un mea culpa tardif.
Quelques mois plus tôt, il avait pourtant traité avec mépris les critiques de la puissante confédération syndicale Cosatu, pour qui ces fêtes «reviennent à cracher au visage des pauvres!» «Vous me rappelez la vie sous l’apartheid: vous me dites à moi, un homme noir, ce que ma vie devrait être!», avait rétorqué Kenny Kunene dans une lettre ouverte en revendiquant le droit de dépenser son argent comme il l’entend.
Dix-sept ans après la chute du régime ségrégationniste, le revenu moyen des Noirs est toujours huit fois inférieur à celui des Blancs et 43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Dans ce contexte, le Cosatu ne cesse de dénoncer la minorité de Noirs qui a fait fortune en obtenant des contrats publics grâce à ses contacts politiques, les qualifiant de «hyènes». Au delà du débat politique, la polémique a rapidement pris une tournure raciale, dans un pays toujours obsédé par la couleur de la peau.
«J’ai essayé de me convaincre que cela n’avait rien à voir avec les races, mais quand un millionnaire blanc, Preston Haskell, dépense 12 millions de rands pour une fête, y a-t-il débat?», s’interrogeait ce week-end Gayton McKenzie, l’associé de Kenny Kunene. Et d’enfoncer le clou: «J’ai l’impression que nous, les Noirs, devons juste rester à notre place».
Sous l’apartheid, les Noirs étaient cantonnés dans les emplois non qualifiés et ne pouvaient pas ouvrir d’entreprises dans la grande majorité du territoire réservé aux Blancs. Aujourd’hui, une minorité, surnommée les «Diamants noirs», s’est sortie de la pauvreté et commence à jouir des plaisirs matériels. Sans mauvaise conscience.
Kenny Kunene «essaie juste de profiter de ses nouveaux droits», commentait ainsi un internaute sur le site Internet du quotidien populaire Sowetan. Un autre le qualifiait de «modèle», ajoutant : «Je rêve juste de pouvoir en faire autant». Reste la question féministe, particulièrement épineuse dans un pays où un homme sur quatre reconnaît avoir commis au moins un viol.
«Servir des sushis sur le corps de femmes est affligeant», a tancé la ligue des femmes de l’ANC. «Cela compromet les sacrifices de tous ceux qui ce sont battus pour l’émancipation et le respect des femmes du pays», a-t-elle ajouté.
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