Pour la première fois, l’administration parlementaire guinéenne dispose de son statut. Notre pays quoiqu’ayant été à la queue du peloton des Assemblées nationales dont les administrations étaient laisées pour compte a enfin comblé un vide juridique indispensable. Car, désormais les fonctionnaires parlementaires guinéens ont droit à un salaire, à des avancements en échelons, en grades, à une protection sociale et à une retraite.
Le Conseil national de la transition a perçu dès son installation en 2010 cette situation déplorable des travailleurs parlementaires et a prêté une oreille attentive à leurs revendications légitimes. Delà, commençaient des contacts avec de nombreuses assemblées de la sous-région pour s’inspirer des statuts de leurs administrations parlementaires.
Sous l’impulsion de la Présidente du CNT Hadja Rabiatou Serah DIALLO, un appui technique inestimable d’experts de l’Assemblée nationale française a permis d’élaborer un statut qui a été minutieusement examinée et amendée par la commission constitutionnelle. C’est justement grâce à une véritable solidarité nationale, africaine et internationale que ce statut a été signé et officiellement remis à l’administration parlementaire le mercredi 6 novembre au Palais du peuple. Cet acte n’est que justice rendue à des travailleurs parlementaires dont certains ont passé plus de 18 ans sans reconnaissance officielle.
Puisque l’assemblée nationale est un haut lieu de protection et de promotion des droits de l’Homme, il évident que la classe politique guinéenne ne peut que se réjouir de ce statut. En effet, pour qui connait la lutte que cette classe politique et la société civile ont engagée depuis plusieurs décennies pour le triomphe des idéaux de démocratie et de respect de l’Etat de droit, ne se doutera nullement de leur satisfaction. Car, c’est un geste de portée historique. Et cette signature est indiscutablement à l’image de ceux des autres administrations nationales, africaines et internationales. Que des individus se frustrent de la signature de ce statut est compréhensible en ce sens que l’unanimité est souvent du domaine de l’impossible. Surtout pour des individus très souvent mal informés et quelque fois de mauvaise fois.
Mais, puisque la Guinée s’est engagée vers un changement positif, il est certain que la liberté d’expression qui est aujourd’hui notre grande richesse, permettra de combler des vides, de surmonter des faiblesses et hisser notre pays dans une position confortable sur l’échiquier politique international. La culture démocratique en construction fera des guinéens un peuple multiculturel uni et déterminé à sauvegarder les valeurs de justice, de paix et d’équité.
En tout cas, les fonctionnaires parlementaires guinéens qui avaient pris part à la rencontre des personnels des parlements africains à Rabat en 1998 où la Guinée était le seul pays dont l’administration parlementaire ne disposait pas de son statut, mesurent à sa juste valeur la portée de l’acte historique pris par le CNT.
Elhadj Abdoulaye DIALLO pour Aminata.com
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