La grève qui touche le secteur de l’éducation occasionne régulièrement des soubresauts à Conakry depuis lundi 13 novembre 2017. Les autorités qui dénoncent une grève “illégitime” font face visiblement à une structure syndicale bien suivie par sa base.
Aminata.com a joint par téléphone Aboubacar Soumah, premier secrétaire général du Syndicat libre des enseignants chercheurs de Guinée pour donner son point de vue sur la situation de la grève. Visiblement optimiste, le leader syndicaliste affirme que le mot d’ordre “est largement suivi“. “Depuis le 13 novembre, la situation est sous-contrôle, tous les enseignants sont à la maison. Les élèves sont dans la rue parce qu’ils n’ont pas trouvé leurs professeurs en classe“, souligne-t-il.
Selon M. Soumah, les autorités ont multiplié ces derniers temps des gestes d’intimidation à l’endroit des grévistes. “Le gouvernement a tout fait pour casser notre mouvement mais il a échoué. Et aujourd’hui le terrain nous a donné raison“, martèle-t-il avant de révéler que la grève est largement suivie même dans les préfectures de l’intérieur du pays.
Le syndicat de l’éducation se dit déterminé à poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction de ses points de revendication. Il y a deux mois, le ministère de l’enseignement pré-universitaire a muté deux principaux leaders syndicalistes accusés d’avoir pris part activement à la grève qui a secoué le pays en début d’année.
Aboubacar Soumah a été nommé Directeur préfectoral de l’éducation (DPE) à Dinguiraye et sa collègue Kadiatou Bah affectée à Dalaba. Après avoir refusé de rejoindre leurs postes, ils ont vu leur salaire bloqué par le ministère de la fonction publique. L’inter-centrale de l’éducation exige l’annulation de ces mutations “fantaisistes“.
Parmi les revendications, les syndicalistes réclament le maintien et le paiement à 1030 le point indiciaire et un salaire minimum de 8 millions de francs guinéens pour les enseignants. Pour le moment, les autorités excluent toute négociation avec les grévistes qu’elles qualifient de “perturbateurs“. Le SLEG de son côté jure de poursuivre la grève. C’est dire que le bras de fer promet d’être long.
Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com
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