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Guinée : arrestations des manifestants, un fonds de commerce pour les forces de l’ordre

Les forces de l’ordre  guinéens s’offrent désormais un deal, il suffit juste qu’il y ait une manifestation quelques soit sa nature afin qu’ils saisissent de l’occasion. Il s’agit des arrestations abusives des personnes innocentes et des manifestants lors des manifestations dans le pays.
Sans distinctions, des jeunes qui sortent pour réclamer leur droit et des personnes innocentes sont confrontés à des arrestations arbitraires pendant les manifestations politiques et sociales.
Nombreux sont transportés dans les différents postes de police ou de gendarmeries.  Ces gens ne vont être libérés qu’après avoir payé une caution. Ces policiers et gendarmes qui font cela, ne cherche même pas à savoir beaucoup trop sur ta situation. Et plus souvent c’est les pauvres gens  qui sont victimes de ce deal.
Interrogé sur cette situation, Alpha Saliou Diallo, nous a fait comprendre qu’il a été l’un des victimes. « C’était lors d’une marche organisée par l’opposition, je suis sorti avec mes amis pour suivre la grève, arrivé entre Hamdallaye-Bambeto, il y avait des jeunes et des policiers qui se jetaient des pierres. Quand on est arrivé à ce niveau, les policiers nous ont pourchassés dans les quartiers en jetant de gaz lacrymogène, ce jour là j’avais perdu mon téléphone. Malheureusement, on m’a attrapé encore et on nous a envoyé dans un poste de police qui se trouve vers enco 5. On était plus de 10 personnes dans leur camionnette. Arriver là-bas, on a trouvé d’autres. Le lendemain on nous a appelé pour nous auditionner, ils ont demandé à ce que chacun appel son parent. Moi quand mon frère est venu, il a fallu qu’il paye 500 milles pour ma libération. Ça aussi difficilement, si non ils avaient dit que sauf 800 milles ou ils vont me transférer », a-t-il témoigné.
Ce ne sont pas seulement des manifestants qui sont confrontés à cette injustice, il y a aussi des citoyens innocents, c’est le cas de Mamoudou Thiam, habitant à Taouyah,  commune de Ratoma,  qui nous a expliqué sa mésaventure  quand il a été arrêté lors de la grève des enseignants en février dernier.
« Un jour je suis parti voir un ami dans une clinique à Koloma, à mon retour, j’ai vu des jeunes qui couraient pour rentrer des quartiers. Directement je me suis posé la question ce qui n’allait pas ? Mais, je me suis dit que je n’ai pas d’intérêt à courir les suivre parce que je n’ai rien fait. C’est là-bas, que la voiture des gendarmes a garé et ils m’ont envoyé avec eux. Ce jour, j’ai tout fait pour les faire comprendre, mais ils n’ont pas accepté, il y a même un qui m’a donné un coup de pied à poitrine pour que j’arrête de parler. Nous qui étions dans la voiture, on nous frappait avec leurs ceintures. On nous a conduits  à Matam. Ce jour là, jusqu’à 17 heures, je n’ai rien mangé, ni boire depuis que j’ai déjeuné le matin. On est resté dans cette misère trois jours avant qu’on nous auditionne. Cette audition, c’est pour  nous demander si on a un parent qui peut venir nous chercher, tu donne son nom, il l’appel, tu parle avec l’intéressé, quand il arrive, on lui dit de payer de l’argent si non, ils ne vont pas te libéré. Donc, moi j’ai contacté un ami qui vend à Madina qui est venu me chercher en payant 700 milles francs guinéens. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore fini de le rembourser tout son argent. Pourtant, je n’avais rien à avoir dans cette manifestation, parce que je ne suis pas enseignant, ni élève et ni manifestants,  je ne suis qu’un simple commerçant », a-t-il déploré.
Au niveau des arrestations lors manifestations politiques, un opposant  nous a confirmé cela en affirmant que  l’arrestation des gens, la gendarmerie en a fait un fond de commerce. A chaque fois, il y a manifestation, la police ou la gendarmerie  essaye d’interpeller les gens. Et après, c’est de les libérer en les faisant payer de l’argent 300 milles ou 500 milles francs guinéens. C’est qui fait qu’il y a beaucoup d’interpellations lors des manifestations. Ceux qui n’arrivent pas à payer l’argent sont souvent déférés.
C’est pourquoi, poursuit le président du Rassemblement pour la Renaissance et le Développement (RRD), lors de leur dernière marche, il y a eu leurs militants qui ont été arrêtés à Conakry et qui se sont retrouvés à la CMIS de Dubreka.
« Donc, on t’appelle, tu donne le numéro de ton parent, on l’appel et s’il vient, on lui dit bon si tu ne donne pas ça, on ne va pas le libérer. Ils en n’ont fait un fond de commerce. Nous sommes confrontés à ça. Ces choses aujourd’hui n’honore pas la république, il faut que nous soyons dans une république, il faut que les institutions fonctionnent. Il faut que chacun joue sa partition », a dénoncé Abdoulaye Kourouma.
Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com
Tel : (+224) 656 77 52 34
 
 

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