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Grève de l’intersyndicale de l’éducation: «dès lundi prochain, nous allons changé de stratégie si le Gouvernement ne change pas», prévient Michel Pépé Balamou

Le secteur éducatif Guinéen est sur le point de renouer avec une autre crise, alors qu’il ne reste plus deux (2) mois pour la tenue des examens nationaux. Malgré la désaffiliation de certains centrales syndicales notamment le SLECG, le SNE, cet autre syndicat dirigé par Michel Pépé Balamou, maintien toujours son mot d’ordre de grève, lancé lundi, 25 avril sur toute l’étendue du territoire national. Bien que partiellement suivi, les meneurs eux se flottent déjà les mains, quant à la réussite. Interrogé ce mardi, 26 avril 2022, le Secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE) a confié que de Yomou à Conakry, la paralysie des cours a été constatée. Avec le retard quant à l’ouverture d’un couloir de négociation entre son camp et le Gouvernement, Balamou n’en compte pas mettre un terme à ce combat, lui qui pense déjà à un changement de stratégie, si rien n’est fait d’ici lundi prochain. Lisez!

www.aminata.com: nous sommes à deux jours de grève et les critiques se fussent de partout quant au manque de suivi de ce mot d’ordre lancé par votre structure. Votre constat ?

Michel Pépé Balamou, secrétaire général du syndicat national de l’éducation (SNE)

Michel Pépé Balamou : depuis le lancement du mot d’ordre de l’intersyndicale de l’éducation, la grève est largement suivie après le lancement à Conakry et à l’intérieur. D’autant plus que moi j’étais à Yomou où il n’y a pas eu cours. À Gueckédou également, à Kissidougou on en parle pas et toute la Haute Guinée est dans la grève, mais aussi une partie de la Basse Côte. Le seul constat que nous avons, c’est que les DPE intérimaires qu sont en train de se battre pour avoir une confirmation de postes, menacent les enseignants, mettent les commissions de reprise des cours par ici et par là, à l’effet de dissuader les enseignants à continuer le combat.
À Conakry, vous avez suivi hier que la Commune de Matoto a connu une paralysie. D’hier à aujourd’hui, les cadres des IRE et des DCE ont envahi des établissements notamment le lycée Léopold Sédar Senghor, pour dire que c’est là le lycée de Pépé. Vous avez vu aussi le DC de Ratoma, où le DCE, M. Kourouma qui vient d’être nommé, continue de menacer les enseignants de sanctions, si d’aventure ils n’arrivaient pas à reprendre les cours. Vu donc tout ce constat, nous serons en mesure de continuer la grève.

Avez-vous eue déjà la main tendue du Gouvernement pour des fins de négociations?

Aujourd’hui, il était question que nous rencontrions l’Inspection général du Travail pour ouvrir des couloirs de négociations, mais à note fort étonnement, ils nous ont fait croire qu’ils vont nous revenir. Et selon nos discrétions, c’est le premier ministre, Mohamed Béavogui, qui refuserait à ce que ce couloir de négociations ne soit pas ouvert avec notre groupe, pour la simple raison que le syndicaliste retraité, Amadou Diallo du CNTG qui est en train de lui mettre la pression. Parce que, vous n’êtes pas sans savoir que ce sont eux, lui Amadou Diallo, Rabiatou Sérah et feu Dr Ibrahima Fofana qui avaient proposé le nom de M. Béavogui comme premier ministre, qui, n’est pas sur le terrain et ne peut comprendre que les enfants de la République sont en train de chômer dans les villages, districts, sous-préfectures et préfectures. Il préfère alors sauvegarder une amitié avec une personne en sacrifiant la vie de toute une nation.

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Que comptez-vous faire donc?

Nous allons faire une déclaration, si jamais le Gouvernement n’arrive pas à changer le tir à partir du lundi prochain, nous allons changer de stratégie.

Comment vous expliquez ce bras de fer entre votre camp et celui de dame Kadiatou Bah et M. Aboubacar Soumah du SLECG ?

C’est de l’hypocrisie. Ce sont des guerres d’écho et de leadership. Personne ne veut que l’autre réussi là où l’autre a échoué. C’est ça un peu le problème du SLECG qui nous accuse de les avoir empêché d’avoir les 8 millions. Et donc, il faut que eux aussi nous empêchent de faire aboutir nos points de revendications, comme si cet argent allait partir dans nos poches. Je pense que c’est égoïste, c’est un complexe de supériorité et nous pensons que nos souffrances et misères n’ont rien d’imaginaire et elles sont connues. Ce qui est important, c’est d’aller en rang serrés, pour que les enseignants aient un statut particulier digne de nom, comme celui que les magistrats ont aujourd’hui. En clair, ils ont dans la logique de confrontations.

Qu’es-ce que vous dites aujourd’hui aux nouvelles autorités à vos camarades syndicalistes et aux enseignants, face à cette incompréhension des choses ?

Je pense qu’on est au temps du CNRD, où on parle de rassemblement qui veut dire qu’il faut écouter tout le monde, avec surtout ces périodes des assises. Il faut donc éviter la frustration, en sachant que si un groupe s’est levé pour faire des revendications, il faut l’écouter et savoir qu’est-ce qui peut être fait. Mais si vous prenez position en faveur d’un camp contre un autre, ça devient en quelque sorte une discrimination et cela ne contribue qu’a la fragilité du tissu social et surtout à la stabilité de notre pays en cette période de transition.

Aux camarades syndicalistes, je pense que l’heure n’est pas à la division, mais plutôt au rassemblement. Nous nous battons pas pour nos propres intérêts, mais pour des valeurs qui défendent des intérêts matériels et moraux de l’ensemble des travailleurs et spécifiquement ceux du système éducatif. Alors qu’ils sachent que ce qu’ils vont obtenir et ce que nous allons obtenir rentre dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. C’est trop enfantin que le syndicalisme Guinéen puisse aussi tomber trop bas, parce que tout le monde veut dire c’est moi. L’écho et le fait qu’on soit induits, font en sorte que les enseignants sont en train de traverser la précarité aujourd’hui. Ils sont obligés aller jusqu’à Kouriah dans Coyah, à Dubréka, parce qu’ils ne peuvent plus payer deux (2) millions de nos francs et pour deux (2) ans pour le logement à Conakry, puisqu’ils reçoivent des primes très désarrois.

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Aux enseignants, je les invite à comprendre que cette grève qu’on est en train de mener est pour eux. On ne peut pas dormir auprès d’un malade et le matin tu dis que tu as les yeux rouges. A tous ceux qui s’aptiennent et qui s’inscrivent dans le boycot, de savoir que que le dénominateur de cette souffrance est à nous tous. C’est de travailler alors à cela pour que nous puissions transformer valablement les conditions de vie meilleure et de travail. Il faudrait que l’on profite de cette transition pour poser les vraies bases qu’un citoyen ne viendra plus nous retirer. À chacun donc de choisir le bon côté, soit on s’engage dans la lutte, ou on s’engage à vivre dans la misère.

Vous êtes un acteur clé de l’éducation Guinéenne. Un mot pour clôturer cet échange ?

Les gens sont en train de dire que la grève n’est pas opportune, que nous sommes en période exceptionnelle, qu’il faut éviter d’aller en grève en ce moment. Nous comprenons cela mais nous avons respecté toutes les procédures. Nous avons déposé un mémorandum avant le préavis, une plateforme revendicative, une note technique avant de venir à l’avis de grève.

Je pense que ce préavis courait 10 jours et nous nous avons pensé que le Gouvernement allait prendre tout son temps, pour qu’on puisse discuter de la faisabilité et de l’opérationnalisation de nos différents points de revendications, mais cela n’a pas été fait. Nous disons donc à la population guinéenne, que leurs enfants ont aujourd’hui une formation au rabais parce que le système éducatif n’est pas un secteur motivant et incitatif. Ceux qui viennent aujourd’hui dans l’enseignement, n’est pas par vocation et par nécessité. Les parents d’élèves doivent donc nous accompagner dans cette lutte, parce que ces enfants sont l’avenir de ce pays.

Propos recueillis par Sâa Robert KOUNDOUNO

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