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Garder l’espoir au moment où nous célébrons la Journée mondiale de l’aide humanitaire

Rendons hommage aux travailleurs humanitaires qui travaillent sans relâche, jour et nuit, pour sauver des vies en danger

FAO/Michael Tewelde

La FAO et ses partenaires ont livré 262 tonnes d’engrais dans la région de Tigray en Éthiopie pour aider la production alimentaire.

Lorsque le navire marchand Razoni a quitté le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, au début du mois avec plus de 26 000 tonnes de maïs destinées aux marchés mondiaux, il a fait l’objet d’une intense attention.

Son passage a été le résultat de mois de négociations entre la Russie, la Turquie, l’Ukraine et les Nations unies, y compris le personnel humanitaire, les logisticiens et les experts juridiques de l’ONU. Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, cinq mois plus tôt, les exportations maritimes des récoltes ukrainiennes allaient reprendre, donnant de l’espoir à des millions de personnes accablées par la hausse des prix des denrées alimentaires et la diminution des approvisionnements, amenant beaucoup d’entre elles à la faim, voire la famine.

Et l’espoir est si rare de nos jours.

Les conflits. La faim. La crise climatique. Les sécheresses. La pauvreté. Une pandémie. Apres plus de 40 ans de travaildans le secteur de l’aide humanitaire, je n’ai aucun souvenir que le monde ait été confronté à autant de problèmes, a une telle situation d’urgence et un tel besoin toujours plus pressant d’agir pour les résoudre. En ce moment même, un nombre record de 303 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

Une lueur d’espoir

En dépit de ce sombre tableau, je garde espoir. Pourquoi ? Parce qu’au fil des ans, j’ai constaté que si les conflits et autres crises font ressortir le pire, ils inspirent aussi le meilleur de l’humanité.

Même dans les profondeurs du désespoir et de la division, il existe des lueurs d’espoir, qu’il s’agisse de nouvelles solutions à des problèmes apparemment insolubles ou d’actes de générosité et de bonté qui apportent du réconfort à ceux qui souffrent.

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Donner de l’espoir et être solidaire sont au cœur même de l’action humanitaire. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, nous voulons célébrer cet esprit, car dans les situations les plus dramatiques, c’est peut-être tout ce que les gens possèdent.

Selon l’adage, « Il faut tout un village pour élever un enfant ». De même, il faut tout un village pour aider une communauté en crise.Ce village est composé des communautés affectées elles-mêmes, qui sont toujours les premières à réagir en cas de crise, soutenues par un système composé des services d’urgence nationaux, des entreprises locales et de la société civile, des organisations non gouvernementales (ONG), des agences des Nations unies et de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Beaucoup sont destravailleurs humanitaires internationaux, mais la grande majorité des humanitaires sont originaires eux-mêmes des pays touchés par la crise.

Chaque jour, à chaque heure, ce « village » humanitaire organise des livraisons de secours, distribue de l’aide en espèces, met en place des dispensaires et des écoles mobiles, construit des pompes à eau, transporte par avion des produits nutritionnels, apporte un soutien psychologique et bien d’autres choses encore, aidant ainsi des millions de personnes à la limite de la survie.

Ce village est peuplé de travailleurs humanitaires comme Zuhra Wardak, championne de l’éducation des filles et desquestions de genre, qui a été l’une des premières à retourner travailler en Afghanistan après la prise du pouvoir par les talibans.

Et Andrii, un chauffeur de l’ONG ukrainienne Proliska, qui risque sa vie pour évacuer les personnes en zones bombardées.

Et Amina Haji Elmi, championne des droits des femmes en Somalie, qui a réalisé qu’aider les femmes était sa missionaprès qu’elle et sa famille aient été déplacées par le conflit dans son propre pays.

Il existe également des lueurs d’espoir à un niveau plus global.

Par exemple, dans le contexte de la violence continue en Ukraine, nous avons vu des milliers de volontaires venir en aide aux personnes prises au piège dans les zones de guerre, et la générosité des communautés qui ont accueilli les réfugiés ukrainiens, faisant écho à une longue tradition d’entraide entre voisins qui se manifeste du Bangladesh à laColombie, de la Jordanie à l’Ouganda.

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Nous pouvons nous inspirer des progrès politiques réalisés dans des crises brutales et sanglantes comme au Yémen, où la trêve a tenu, dissipant un peu la peur constante de la violence.

De l’amélioration de l’accès aux personnes dans le besoin dans la région du Tigré en Éthiopie, qui, grâce à desnégociations soutenues et minutieuses, a permis aux convois d’aide d’atteindre les personnes ayant désespérément besoin de nourriture.

De l’adoption de la résolution 2642 du Conseil de sécurité permettant la poursuite de l’aide transfrontalière dans lenord-ouest de la Syrie, prolongeant ainsi l’aide humanitaire à des millions de personnes, au moins pour les prochains mois.

En passant par le Navi Star, du Polarnet, du Razoni, du Rojen et de nombreux autres navires qui ont transportéles récoltes ukrainiennes vers le reste du monde, offrant ainsi un grain d’espoir à quelques-unes des 345 millions de personnes souffrant de pénurie alimentaire.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, prenons un moment pour rendre hommage à tous ceux quiœuvrent sans relâche, jour et nuit à mettre en œuvre la solidarité, souvent au prix de grands sacrifices personnels. Ils sauvent des vies dans des endroits que le monde choisit trop souvent d’oublier et où les risques sont réels : l’année dernière 461 travailleurs humanitaires ont été attaqués alors qu’ils répondaient à des crises humanitaires – 141 d’entre eux ont été tués. Parmi eux, des membres du personnel national.

Le courage et la conviction de ces travailleurs humanitaires, qui cherchent toujours des moyens d’atteindre les personnes affectées même dans les pires des crises, nous incitent à ne jamais perdre espoir.

Cette année, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, nous commémorons ceux que nous avons perdus. Et nous célébrons tous les humanitaires qui poursuivent ensemble cette noble mission.

Après tout, il faut tout un village.

Martin Griffiths est Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence

Par: 

Martin Griffiths

Pour plus d’informations sur COVID-19, consultez le site https://www.un.org/fr/coronavirus

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