La Constitution semble pourtant bien claire, en Guinée, le mandat présidentiel est de 5 ans renouvelable une fois. Mais déjà, une éventuelle modification constitutionnelle hante certains proches du chef de l’Etat qui ne se gêne pas d’en parler publiquement.
C’est le directeur national de la Police qui, en premier lieu, a déclaré être favorable à l’idée d’une éventuelle modification constitutionnelle. Avant d’être reprise l’autre semaine par Mme Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG Arc-en-ciel.
Faisant allusion aux déclarations de la coordinatrice qui, dans ses propos, a fait référence au peuple, le directeur exécutif de l’African crisis group souligne: «Madame Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG, me semble-t-il, a dit que le peuple décidera. Alors, je veux dire que le peuple a décidé et la Constitution en fait foi». Il estime qu’ «une militante historique d’un parti historique peut s’exprimer sans porter de gangs cela ne devait pas poser de problème en ce sens que c’est son opinion politique qu’elle a exprimée parce qu’elle s’est référée au peuple».
Mais, prévient Dr Koureissy Condé, quand de tels propos sont repris par des hauts fonctionnaires de l’Etat, il y a de quoi s’inquiéter. «En ce qui concerne le directeur national de la Police qui est un haut fonctionnaire de l’Etat, c’est autre chose. Les hauts fonctionnaires de l’Etat, les acteurs de la haute administration sont assujettis à une obligation de réserve, d’objectivité et d’impartialité et ils doivent être sélectionnés sur la base de compétence. Je pense que de ce point de vue, il faut faire très attention».
Pour parer à toute éventualité, l’activiste de paix interpelle la justice en cas de récidive de la part d’un haut fonctionnaire. «Il serait important que les magistrats trouvent la qualification pénale nécessaire contre l’incitation à la violation de la Constitution. Cela peut entrainer une poursuite pénale pour une incitation à la violation de la Constitution. Cela ne concerne pas dans une certaine mesure, les acteurs politiques qui s’expriment. Mais, la Société civile doit veiller à ce que la paix sociale soit garantie aujourd’hui et plus tard. L’une des conditions de la paix sociale, c’est le respect de la Constitution».
Après un premier mandat ‘‘certainement difficile pour des raisons politiques évidentes’’, Dr Condé pense que l’amélioration des conditions de vie des populations devrait être la principale préoccupation d’Alpha Condé et non pas la question d’un 3e mandat. «Les conditions de vie des populations, la désorientation totale, l’exaspération, ce flot migratoire à haut risque au niveau des jeunes et cette question de dialogue national en sont les véritables défis qu’il faut résoudre.
Pour l’heure, le chef de l’Etat n’a fait montre publiquement d’aucune intention de modifier la Constitution pour un 3e mandat.
Abdoul Malick Diallo
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