Etienne Soropogui, Directeur des opérations de la commission électorale nationale indépendante (CENI)
Etienne Soropogui, Directeur des opérations de la commission électorale nationale indépendante (CENI)

La semaine dernière, le Directeur des opérations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a brisé le silence. Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à Aminata.com, Etienne Soropogui dénonce la pression des autorités exercée sur les magistrats lors des élections locales de février dernier.

Une sortie qui a soulevé un important tollé dans classe politique. Quelques heures après ces révélations, les uns et les autres s’interrogent sur le moment mis à profit par le commissaire pour condamner le parti au pouvoir. Etienne Soropogui répond à notre rédaction, pourquoi c’est maintenant qu’il dénonce des agissements qui se sont déroulés sept mois plus tôt. Lisez.

« C’est important quand on est dans ces environnements publics, à un moment donné qu’on soit en mesure de dénoncer ce genre de choses. Naturellement la question pourrait se poser pourquoi c’est maintenant je dis ça ? Pourquoi je ne l’ai pas dit à l’époque ? Ça n’a absolument rien à avoir. Je le dis maintenant à l’époque quand j’étais au courant de ces agissements de la part du pouvoir en place à l’égard de magistrats, ils avaient clos toutes les étapes liées à ce processus. J’étais tenaillé entre l’obligation de réserve que je dois avoir normalement en tant que commissaire mais aussi le devoir et ma conscience. Je crois que ma conscience a prévalu. L’objectif étant pour moi non pas de dénoncer pour dénoncer mais surtout de faire en sorte que dorénavant, ce genre de pratiques disparaissent de nos mœurs politiques surtout que nous allons encore vers d’autres élections. Nous aurons besoin de ces mêmes magistrats pour présider les PACV. Nous avons besoin de magistrats notamment au niveau de la cour constitutionnelle pour gérer les questions du contentieux. C’est important que les uns et les autres, chacun dans son positionnement puisse comprendre qu’il peut être observé et ce n’est pas bien de se laisser faire. Il faut être solide ce n’est pas évident, je sais que c’est des pères de famille. Mais il faut rester solide pour ne subir ce genre d’influences parce que ce n’est pas bien pour notre pays »

Propos recueillis par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

+224 628 38 98 39

 

PARTAGER