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Environnement: l’Afrique tient encore à sa Grande Muraille verte

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Le sommet Climate Chance de cette année a consacré un débat spécial sur l’avenir de la Grande Muraille verte destinée l’avancée du désert sur le continent. Les discussions ont largement porté sur la concrétisation de cette idée née il y a une décennie.

Anne Raimat, Pôle biodiversité de l’Association Climate Chance, a précisé que le projet grande muraille verte a été lancé en 2007. Elle a rappelé que l’idée remonte aux années 80 avec le président du Burkina Thomas Sankara qui en a eu l’intuition. 

La grande muraille verte s’étend sur 8000 mètres carrés et couvre 11 pays allant de Dakar au Sénégal à Djibouti sur la corne de l’Afrique. D’après Anne, il s’agit d’un programme de gestion globale des écosystèmes et d’amélioration des conditions de vie des populations locales. C’est bien plus un projet de reforestation. Il concerne l’écologie, l’énergie, l’accès à l’eau, la lutte contre l’insécurité et les conflits, a-t-elle ajouté. 

Poursuivant, elle dira qu’en janvier 2021, le projet a été relancé lors de One Planet Summit avec des financements conséquents. 

En ce qui concerne le bilan, Anne Raimat note qu’il n’est pas encore reluisant : « 14 ans après, le bilan est jugé mitigé. Beaucoup a été fait, mais seulement 18%  des terres ont été restaurées.  Les financements peinent à arriver jusqu’aux porteurs de projets. Plusieurs études montrent qu’il y aurait un besoin d’investissement de 4 milliards d’euros par an… »  

Dans ce combat pour la sauvegarde de l’environnement, le Sénégal est en avance sur plusieurs autres Etats. Colonel Moussa Diouf, Secrétaire Général de l’Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille Verte a pris part aux échanges. Il a fait le point sur l’origine dudit projet dans son pays : « au Sénégal, le projet de la Grande Muraille Verte a démarré sur le terrain en 2009 avec la création d’une agence nationale chargée de mettre en place la partie sénégalaise sur une bande de 15 km de large au départ. »  

Notre interlocuteur poursuit en affirmant que la grande muraille verte au Sénégal est une zone de destination de la faune migratrice du sud du pays (parc du Niokolo Koba). Ce parc est d’une superficie d’un million d’hectares qui abrite une grande faune d’antilopes.  Pour le cas du financement, la FAO, la banque mondiale, l’union européenne sont les principaux bailleurs de la grande muraille verte qui traverse trois grandes régions : Louga, Matam et Tambacounda. 

Tout ne s’arrête pas là selon colonel Diouf qui indique que « des actions sont posées comme la régénération naturelle, le projet pilote de création d’oasis sur 100 à 500 hectares des vergers de palmiers, des cultures céréalières. Il y a par ailleurs un grand programme de développement de pépinières villageoises et communautaires ». 

Dans le futur, colonel Diouf évoque un programme de foresterie urbaine très important. Il annonce que son équipe travaille sur plusieurs projets de villes vertes au Sénégal en mettant l’accent sur des espèces d’arbres que les populations elles-mêmes demandent. 

Diouf se réjouit de la volonté politique affichée par les autorités sénégalaises concernant la grande muraille verte « le président de la république a organisé un conseil présidentiel pour donner des instructions et un appui très fort pour que le projet soit pris à bras le corps. Il a fortement instruit qu’on travaille sur la notion de contrat-plan afin de mettre des moyens à la disposition des villageois pour l’exécution de travaux par ces derniers moyennant une rémunération en espèce ou en nature ». 

Pour sa part, Karine Fakhoury, Directrice des Eco-Villages  et Filières Vertes, a regretté la survenue du Covid-19 qui a affecté l’évolution du travail. Cependant, elle admet que malgré tout, en l’espace de 6 mois, 1000 personnes ont été touchées par son projet, 600 autres ont été formées. Par ailleurs, une centaine d’emplois directs a été créée.   

Sarah Toumi, chargé de gestion de programme – Grande muraille verte à la convention des Nations-Unies contre la désertification dira que l’idée c’est d’arriver à construire des projets pilotes mais également des mécanismes qui puissent être testés déjà et ensuite mis à l’échelle de la grande muraille verte pour que d’ici 2030 l’objectif de restauration de 100 millions d’hectares soit atteint. Pour conclure, elle a ajouté que ce pari ne pourra marcher qu’à travers l’implication des acteurs de terrain. 

Mamadou Samba Sow

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