Mamadou Lamarana Diallo, préfet de Dinguiraye
Mamadou Lamarana Diallo, préfet de Dinguiraye

Interpellé depuis longtemps par notre Rédaction au sujet de la Préfecture de Dinguiraye, le Préfet le lieutenant-colonel Mamadou Lamarana Diallo n’avait pas accepté de communiquer. Désormais, il a choisi de briser le silence.

Interrogé sur certains sujets d’actualité de cette ville Sainte d’Elhadj Oumar Tall il a donné les détails de certaines informations liées notamment à la taxe superficiaire payée par la SMD, le retard du démarrage des travaux du reprofilage de certains tronçons de cette ville et d’autres sujets importants. Exclusif, Lisez !!!!

Aminata.com : Nous allons commencer par cette actualité. Où en sommes-nous avec le paiement de la taxe superficiaire de la commune rurale de Banora ? Nous avons appris que la société SMD a payé un montant très important.

Mamadou Lamarana Diallo : Oui c’est vrai, on nous a informés que le virement a été fait. Donc, nous attendons que les conseillers de cette commune se trouvent et siègent afin d’arrêter quelque chose. Selon le code des collectivités, ils ont 15 jours pour proposer des actions à réalisées avec ce montant. Après concertation, ils vont remonter leurs propositions au niveau de la Préfecture pour validation. Ces propositions peuvent être validées ou non. Si elles sont invalidées, la préfecture à son tour pourra faire d’autres contre-propositions bénéfiques pour la collectivité.

Nous avons appris que les autorités communales ont décidé d’orienter cet argent pour la réalisation de deux actions à savoir : le logement des enseignants et la réhabilitation du siège de la mairie de Banora. Est-ce que ces deux actions sont des actions prioritaires selon vous ?

Ah bon ! C’est ma première nouvelle ; je sais quand même le siège de la mairie a été le théâtre lors de l’installation du conseil communal. Ils ont tout détruit par des jets de pierres. Moi je ne suis pas partant pour la réhabilitation de ce bureau que les habitants eux-mêmes ont détruit et laisser la construction d’une école dans le district de Kolla ; une localité où il y’a au moins 300 enfants qui n’ont pas d’abris où ils pourront étudier. Actuellement, ils grandissent comme ça sans être scolarisés. De toutes les façons, nous attendons à ce que les propositions des conseillers de Banora nous parviennent d’abord.

A combien s’élèverait le montant de cette taxe superficiaire monsieur le Préfet ?

En ce qui concerne le montant, je n’ai aucune idée du montant pour le moment.

Récemment, vous avez effectué un déplacement du côté de Banora avec une délégation de la Société Minière de Dinguiraye (SMD). Quel était l’objectif de cette mission ?

Vous savez, la SMD a signé une convention avec le gouvernement. Cette société doit commencer l’exploitation dans la zone de Banora très bientôt. Donc, avant le démarrage des activités, il était question de venir informer la population le contenu du projet dans lequel, il est prévu la construction d’une unité industrielle à Banora où beaucoup de jeunes vont être employés.

Mais étant donné que ces emplois seront par appels d’offres, il nous a été demandé d’inviter les jeunes à s’orienter dans les écoles professionnelles avant le démarrage des activités dans les prochaines années.

A votre absence, le maire de la Commune urbaine de Dinguiraye a suspendu le président du District de Parawol Djagui. Le département de l’administration du territoire a dans un courrier demandé à ce que cette suspension soit levée. Est-ce que vous avez exécuté cette décision du Ministère ?

L’affaire de Parawol Djagui s’est passée à mon absence. A cette occasion nous avons reçu un message du Ministre et depuis cette date tout est arrêté d’abord.

Que dit le message du Ministre ? C’est de suspendre le président du district ou c’est de lui remettre dans ses fonctions ?

Franchement, rien n’a été dit clairement dans ce message. Aussi, les habitants du district et leur président ne sont pas venus vers moi pour me dire quoi que ça soit ; la commune non plus. Donc, pour le moment, nous restons comme ça on est à l’écoute.

Est-ce que vous avez pu faire des réalisations concrètes pour la Préfecture de Dinguiraye ?  

Moi, je ne peux pas faire des commentaires sur mes actions à Dinguiraye. Mais lorsque je quitterai cette préfecture, les dinguirayekas parleront de bon de moi. Car, j’ai posé des actes qu’aucun préfet n’a pu faire. Allant de la construction à la réconciliation des filles et fils de cette Ville. Même tout dernièrement on a envoyé une mission de réconciliation à Kansato dans la sous-préfecture de Kalinko, une mission qui a été conduite par le secrétaire général chargé des collectivités, Faust Dopavogui. Cette localité dispose de deux marchés dont les marchés hebdomadaires sont le même jour ‘’les lundis’’, chose qui risque de créer d’autres tensions à Kalinko. Nous sommes en train de faire des sensibilisations à ce niveau pour la cohésion sociale.

Vous parlez de construction, nous vous avions toujours recommandé d’inaugurer officiellement les chantiers réalisés dans cette préfecture. Qu’ils soient financés par la SMD ou par le Budget national. A quand la visite ou l’inauguration de ces chantiers ?

Nous avons programmé leur inauguration au mois de mars 2019. Ces visites et inaugurations concerne toutes les sous-préfectures. Donc, il nous faut avoir un budget pour pouvoir effectuer ces déplacements avec nos invités ainsi que la presse pour faire la couverture médiatique. Les ressortissants de ces localités bénéficiaires seront également invités pour une mobilisation.

Peut-on avoir une idée sur le nombre de chantiers réalisés dans ces sept 7 sous-préfectures ainsi que dans la commune urbaine ?

Il y’a assez d’actions réalisées dans ces sous-préfectures. Seulement je ne retiens pas le nombre, il me faut des documents auprès des techniciens pour répondre à cette question. En tout cas, chaque sous-préfecture a bénéficié d’au moins une action.

A votre prise de fonction, vous aviez promis l’extension du Lycée Elhadj Oumar Tall. Où en sommes-nous avec ce projet ?

Le projet est monté et déposé à la société minière de Dinguiraye, nous attendons le financement. Parce ce que ce lycée mérite une attention particulière de nous les autorités mais également des populations, on constate des fissures un peu partout. Je viens d’effectuer une visite dans cet établissement, le constat est vraiment déplorable. On a quand même un grand espoir sur le projet.

Comment vous procédez à l’octroi des marchés ? Est-ce qu’il y’a des appels d’offres ? Nous avons appris que plusieurs marchés sont attribués de gré à gré. C’est le cas notamment de la maison du Juge qui est en construction ainsi que les clôtures de la Police et de la Gendarmerie du centre urbain. Expliquez-nous ?

Cette question doit être répondue par le SPD service préfectoral de développement, parce que le Préfet ne procède pas à la passation des marchés. Il n’est pas technicien en la matière. Les passations se font au niveau de chaque collectivité locale avec une commission spéciale.

Nous avons assisté à la pose de la première pierre du tronçon Dinguiraye-Lansanaya-Gagnakaly. C’était, le 5 novembre 2017. Mais malheureusement, depuis cette date aucune action n’a été engagée pour la réalisation des travaux. Quelle est votre réaction en tant que première autorité de cette préfecture qui a également pris part à cette cérémonie ?

C’est vraiment étonnant. Personnellement, je me suis déplacé pour aller rencontrer l’ancienne Ministre des Travaux Publics, Madame Oumou Camara qui a procédé à la pose de cette pierre. Elle a promis mais rien n’a été fait. Ensuite, j’ai rappelé l’actuel Ministre des Travaux Publics, Moustapha Naité à l’occasion de son arrivée à Dinguiraye suite au décès du Journaliste Abdoulaye Bah. Ce dernier m’a dit qu’il est venu au département trouvé beaucoup de programmes qui étaient en souffrance et qu’ils vont chercher des financements pour ces projets. En plus de la route Dinguiraye-Lansanaya-Gagnakaly, il y’a aussi la route Sélouma-Kalinko dont les travaux avaient démarré mais qui ont été arrêtés d’un coup. Donc, cette route est en souffrance, les machines sont là-bas mais on n’arrive pas à mettre main sur l’entreprise qui a bénéficié le marché. C’est pourquoi, nous avons écrit au département des travaux publics. Parce que, nous ne souhaiterions pas que la saison des pluies trouve que ce chantier n’est pas achevé sinon les usagers vont souffrir.

Qu’en est-il du sous-préfet de Gagnakaly, dont le poste est toujours vacant ?

Nous avons fait aussi un écrit sur le cas de Gagnakaly que nous avons adressé au département de l’administration du territoire, dans cet écrit nous avons signalé non seulement du refus des sous-préfets affectés à Gagnakaly de rester en fonction, mais aussi demandé cette fois si de nous trouver un natif de Dinguiraye pour que ce dernier accepte de rester à son poste à Gagnakaly.

Autre sujet d’actualité, c’est celui relatif aux enseignants contractuels de Dinguiraye qui n’ont pas reçu jusqu’à présent leurs primes. Qu’en est-il ?

On a tenu une réunion sur ce sujet, le constat est que la faute ne revient pas aux missionnaires venus de Conakry pour le constat, la faute revient aux responsables de la direction préfectorale de l’éducation de Dinguiraye. Ceux-ci n’ont pas donné l’information selon laquelle, les enseignants contractuels recrutés se trouvaient dans les collectivités et non pas au centre-ville. Au centre-ville, il n’y avait que 5 enseignants contractuels, mais dans les zones reculées, ils étaient nombreux. C’est pour cette raison que nous avons demandé au DPE de faire un écrit adressé au Ministère de l’Education et de l’Alphabétisation dans lequel il a  expliqué  la situation de l’ensemble des contractuels de Dinguiraye. En tant qu’autorité nous avons plaidé pour le paiement des primes de ces contractuels qui ont tenu les classes pendant la grève du SLECG.

Merci monsieur le préfet d’avoir accepté de répondre à nos questions

Merci à vous aussi

Propos recueillis par Oumar M’Böh pour Aminata.com

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