A la tête de l’OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal) depuis 2013, le Guinéen Kabinet Komara a officiellement quitté la tête de l’OMVS ce lundi 19 juin 2017. Il laisse le Haut commissariat de l’organisation au Malien Ahmed Diane Séméga, désigné en mai dernier à Conakry par la Conférence des Chefs d’Etat du 17 mai 2017. Au cours de la cérémonie de passation présidée par Cheik Taliby Sylla, ministre guinéen de l’Energie et président du Conseil des ministres de l’OMVS, Kabinet Komara est revenu sur ses réalisations. Koukoutamba, PGIRE, Fouta Djallon, SOGEOH, Goubassi, sont revenus dans son discours dont nous proposons ici l’intégralité.
« Un adage d’un pays membre de l’OMVS dit que la vie est faite de plusieurs matins, autrement dit que chaque lever du jour peut être porteur d’espoir pour ceux auxquels Dieu a donné la chance de demeurer vivants ce jour-là.
C’est donc animé de ce sentiment d’optimisme et de confiance en l’avenir de notre chère Organisation l’OMVS, que je voudrais très sincèrement, féliciter mon frère Hamed Diane SEMEGA, pour sa nomination comme HAUT-COMMISSAIRE DE l’OMVS.
Je salue à cette occasion, la lucidité des Pères fondateurs de notre Organisation et avec, eux tous leurs successeurs pour avoir compris le sens de l’histoire, et répondu aux attentes légitimes de nos peuples, en créant une Organisation, à nulle autre pareille.
Je salue aussi, la détermination de nos Chefs d’Etats actuels, pour leur soutien responsable à toutes les initiatives de l’Organisation.
Pour moi qui avais été nommé en mars 2013 par les Chefs d’Etats, alors que j’étais sur une table d’opération, et qui vient de passer quatre ans à la tête de l’Organisation, vous conviendrez avec moi, que Dieu le Tout Puissant ne pouvait pas me réserver meilleure récompense que de me permettre de passer le témoin, aujourd’hui en bonne santé, et dans des conditions apaisées. C’est pourquoi j’exprime au Seigneur, mon infinie gratitude, et je réaffirme ma chaleureuse reconnaissance à tous ceux qui ont contribué, par leurs divers sacrifices, leurs conseils et leurs générosités à la réussite de ce mandat.
Je pense en particulier, à tous les Ministres qui ont siégé aux divers Conseils de Ministres, aux Directeurs, Chefs d’Unités, Experts et autres personnel, du Haut-commissariat, sans oublier les Présidents des Conseils d’Administration, Directeurs Généraux, personnel des Agences ainsi que les Coordonnateurs des Cellules Nationales OMVS.
Dans ce cadre, je voudrais relever que ces deux années 2016-2017 ont été des années charnières, au cours desquelles notre Organisation a été sur tous les fronts, pour faire face aux principaux défis de l’heure.
Parmi ces défis, il y a en tout premier lieu la nécessité de concertation, avec tous les Etats membres, pour tirer profit des nouvelles opportunités de financement qu’offre le contexte international actuel, aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral.
En effet, les besoins globaux de financements pour la réalisation des différents projets de l’Organisation se chiffrent aujourd’hui à près de 4 milliards de dollars US. Mobiliser une telle enveloppe, demande un immense effort de connectivité, de suivi et de réactivité. Fort heureusement la crédibilité de l’Organisation aidant, des solutions sont en train de se mettre progressivement en place afin qu’à terme, notre bassin exploite d’une manière exhaustive, son potentiel agricole, ses infrastructures de communication, fluviales et routières et son immense potentiel hydro-énergétique, couplé avec un réseau d’interconnexion qui sera au cœur des échanges énergétiques en Afrique de l’Ouest.
Votre deuxième défi, Monsieur le Haut-Commissaire, sera la modernisation de l’OMVS, par la mise en chantier de deux études majeures déjà lancées, à savoir, le financement autonome du système OMVS, et la revue du mode de fonctionnement et de coordination de notre Organisation.
Le troisième défi concerne la façon dont l’OMVS devra s’inscrire dans la dynamique des acteurs majeurs, pour faire face aux changements climatiques.
A ce niveau, il y a lieu de porter une attention toute particulière à la mise en place rapide, de concert avec la CEDEAO, de l’Observatoire Régional de l’Eau et de l’Environnement des Massifs du Fouta Djallon. C’est dans ces Massifs que partent une bonne partie des 1200 cours d’eau qui arrosent la Guinée. Ces Massifs sont aujourd’hui menacés par toutes sortes de dégradations qui, si des mesures appropriées ne sont pas prises rapidement, risquent de mettre en danger, tous les acquis actuels de l’OMVS par le manque d’eau, mais aussi, la vie de plus de 100 millions d’habitants de l’Afrique de l’Ouest.
Je conclurai cette énumération des défis actuels, par celui qui devient aujourd’hui une préoccupation sous régionale majeure. Il s’agit de la sécurisation de nos ouvrages.
En effet, l’environnement sécuritaire de la sous-région oblige à anticiper une réflexion urgente, sur la prise en compte systématique de la protection et de la préservation de nos acquis stratégiques, que sont nos barrages et nos lignes de transport. Nous avons, à cet effet, déjà engagé des initiatives au niveau de la Direction Régionale des Nations Unies, qui fait de ce sujet de sécurité, un enjeu transversal et sous régional.
En 2013, nous avions eu l’honneur d’être nommé par nos Chefs d’Etat pour conduire les destinées de cette belle Organisation. Même si des écueils ont été rencontrés, il n’en demeure pas moins que beaucoup d’actions ont été menées, tant au niveau sectoriel que de manière globale.
Parmi ces écueils, nous pouvons noter les faits suivants à notre prise de service :
– la dégradation très poussée du barrage de Diama,
– la dégradation de l’Etat des groupes de Manantali qui tombaient en panne, les uns après les autres,
– le conflit entre la SOGEM et la société sud-africaine Eskom chargée d’exploiter le barrage ;
– le climat de suspicion lié au marché de Félou ;
– le développement de la maladie à virus Ebola ;
– les conditions préalables au démarrage effectif des travaux de Gouina ;
– la tiédeur de certains bailleurs de fonds vis-à-vis de l’Organisation.
Face à ce diagnostic de départ, nous avons commencé par renouer le dialogue avec certains partenaires. Cela a donné des résultats positifs dont vous me permettrez de citer les exemples ci-après :
– la Banque mondiale a fait passer de 120 à 240 millions de dollars US, sa participation au financement du PGIRE 2 et allouer 150 millions de dollar en volet d’urgence (initiative SAHEL) pour l’énergie ;
– la Banque Européenne d’Investissement a mis fin à sa menace de suspension de décaissement dans le projet de barrage Félou ;
– La Banque Islamique de Développement s’est engagée dans le programme Energie pour près de 300 millions USD ;
– Le contentieux avec la KFW Allemande qui avait arrêté tout lien avec l’OMVS a été réglé, et cette Institution se dit prête désormais à participer à nos prochains programmes ;
– Le programme Power-Africa des Etats-Unis a apprécié les démarches de l’OMVS et a inclus les projets énergétiques de l’OMVS dans son portefeuille à financer ;
– L’Union Européenne a confirmé la reprise de ses interventions arrêtées depuis près de dix ans ;
– Le Royaume des Pays-Bas a octroyé une contribution, dont une partie sur fond bilatéral, et une autre à travers la Banque Mondiale et a ouvert son guichet ORIO à l’OMVS ;
– L’Agence Française de Développement a octroyé, non seulement l’équivalent de 100 millions de dollars sur le projet énergie, mais s’est engagée aussi pour le financement d’un programme supplémentaire de l’ordre de 300 millions de dollar pour des nouveaux projets (Barrages de Diama, barrage de Gourbassi et autres) ;
– La BAD, après deux missions d’échanges, s’est déclarée disponible pour accompagner dans nos projets de sécurité alimentaire et d’infrastructures ;
– La FAO a mobilisé une enveloppe de 500 Milles Dollars pour la préparation de notre projet de sécurité alimentaire ;
– Eximbank de Chine a reconfirmé son financement pour le barrage de Gouina, après deux années d’intenses interactions et s’est dite disponible, à partir de cette expérience à considérer de nouveaux projets de l’Organisation ;
– Eximbank de l’Inde a inscrit l’OMVS dans ses nouveaux bénéficiaires de financement, et s’est engagée à financer le projet Navigation.
– De la France, nous avons reçu l’accord de Madame Ségolène Royal, il y a juste un mois, la mise à Disposition, d’une somme de 500 mille euros, à consacrer à l’actualisation des études du barrage de Gourbassi.
· Messieurs les Ministres
· Mesdames et Messieurs
Ce même élan s’est poursuivi au niveau des Sociétés de gestion du système OMVS et des Directions techniques du Haut-Commissariat.
Ainsi, avec la direction de la SOGED, toute l’attention requise a été accordée à la délicate situation du barrage de Diama. Nous avons ainsi mobilisé des ressources sur le PGIRE 2 pour financer les travaux d’urgence. Les recherches de financement pour les travaux de réhabilitation complète du barrage ont abouti à des engagements de financement pour un démarrage prochain des travaux.
En ce qui concerne la SOGEM, toute l’équipe a travaillé de concert avec le personnel de la SEMAF, de sorte qu’aujourd’hui, le problème des pannes en cascade des groupes de Manantali est un vieux souvenir. Nous sommes à la phase de finalisation du travail d’entretien qui prendra fin en 2018. Grace à ces travaux, les installations sont à présent hors de danger. Avec Manantali 2, un programme de sauvegarde du patrimoine est mis en place. Manantali 2 va aussi accroître notre capacité de transport de l’énergie.
A propos du projet Manantali 2, nous sommes heureux d’annoncer que le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, il y a trois semaines, son cofinancement pour un montant d’environ 100 millions de dollars US.
Le contentieux avec ESKOM a été résolu, et notre Organisation s’est dotée d’une nouvelle société, celle de l’Exploitation de l’Energie de Manantali et Félou (SEMAF sa). Filiale de la SOGEM, la SEMAF est une fierté qui traduit la maturité de notre Organisation.
Les contraintes multiformes au démarrage effectif des travaux du barrage de Gouina ont été levées.
En ce concerne le barrage de Koukoutamba, les instructions reçues lors de l’avant dernière Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement ont permis l’actualisation du DAO et insufflé au projet une grande dynamique. C’est ainsi qu’aujourd’hui l’évaluation des offres techniques est terminée.
Il ne reste que l’évaluation des offres financières dont l’équipe entrant aura la charge. Les Etudes Environnementales et Sociales ont démarré. A ce niveau, il y aura lieu d’être vigilent pour harmoniser avec les exigences de biodiversités dans la zone, en particulier les chimpanzés qui sont l’objet d’une attention toute particulière
Ce barrage de Koukoutamba, d’une capacité de 300 mégas watts, constituera le plus grand ouvrage de l’OMVS.
Dans la foulée, l’Organisation a créé la Société de Gestion des Ouvrages du Haut bassin en Guinée (SOGEOH), dont la responsabilité sera non seulement de développer, gérer, et exploiter le barrage de Koukoutamba, mais également, dans une deuxième étape, les barrages de Bouréya et Balassa, situés sur le fleuve Bafing en Guinée.
Cette société est la première implantation de l’OMVS en Guinée, depuis l’adhésion de ce pays en 2006.
Des efforts considérables ont été déployés en matière d’électrification rurale dans les trois pays-membres de l’OMVS (Mali, Mauritanie, Sénégal). Dans la partie guinéenne du bassin, trois sites de microcentrales sont en cours d’étude et une manifestation d’Intérêt a été enregistrée du côté de l’Espagne.
Nous avons mené, par ailleurs, différentes actions pour mobiliser les financements requis pour Gourbassi.
Avec le PGIRE 2, nous appuyons directement les programmes des Etats dans les domaines de l’agriculture et de la pêche et de la santé.
La gestion environnementale s’est améliorée. Dans ce cadre, nous avons renforcé et diversifié les partenariats.
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