Une semaine après le meurtre de deux jeunes proches de l’opposition républicaine suivi du lynchage d’un policier à Wanidara, les autorités policières ont présenté ce mardi 13 novembre 2018, 25 personnes soupçonnées d’avoir participé à l’assassinat de cet agent des services de sécurité.

Sur la liste des personnes arrêtées, on retrouve de nombreux mineurs, une femme et des personnes âgées dont l’un des muezzins de la mosquée de Wanidara marché du nom de Mamadou Kaba Bah.

Interrogés, les accusés ont rejeté les faits qui leur sont reprochés.

Le muezzin affirme qu’il se rendait à la mosquée lorsque les policiers l’ont agressé en retirant les clés de la maison de Dieu.

J’étais en partance pour la mosquée, mais, quand j’ai vu les agents de la police venir, je me suis retourné chez moi où ils m’ont trouvé. Un d’entre eux, a jeté une pierre sur mon toit. Je lui ai dit de cesser, que je suis le propriétaire de la maison. Ainsi, il a appelé ses amis policiers qui sont venus me gifler. Je leur ai dit de me laisser partir à la mosquée. Un d’entre eux, a directement pris les clefs de la mosquée dans ma poche. Moi, je suis responsable d’une famille de 12 enfants. Je ne suis pas quelqu’un qui sort pour jeter des cailloux dans la rue. Mon âge a dépassé ça. Que Dieu m’en garde”, a-t-il expliqué.

De l’autre côté, aucun présumé auteur du double meurtre des deux jeunes et des exactions subies par des citoyens dans la même localité n’a été présenté.

Depuis 2011, 100 opposants ont été tués par balles au cours des manifestations politiques à Conakry. Le gouvernement a souvent annoncé l’ouverture d’enquêtes qui n’ont toujours pas été fermées.

Comme celles qui les ont précédées, Je suis convaincu que ces deux dernières victimes n’auront pas justice”, disait Cellou Dalein Diallo jeudi 8 novembre dernier en dénonçant les assassinats par balles de deux de ses partisans la veille à Wanidara.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

Tel : (+224) 622 304 942

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