Plus de soixante (60) entreprises dont Areva, CFAO, Chemaf, CNPC, Ernst & Young, Freeport-McMoRan, Glencore, Olam, Sonatel et Total sont mentionnées dans le présent bulletin (voir la liste complète ci-dessous). Alors que beaucoup de cas mentionnés dans le bulletin concernent les industries extractives, une hausse vertigineuse des inquiétudes liées aux entreprises agro-industrielles présentes dans la région a été notée ces deux dernières années. Cela reflète en partie les acquisitions massives de terre récentes pour la culture de l’huile de palme, la canne à sucre, les biocarburants et d’autres cultures, souvent sans le consentement des communautés locales concernées, et dans le contexte d’une croissance de l’insécurité alimentaire sur le continent.
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Depuis 2005, le Centre de Ressources sur les Entreprises et les Droits de l’Homme a invité des entreprises à répondre publiquement à des inquiétudes liées aux droits de l’homme soulevées par la société civile à travers le monde. Plus de cent trente (130) de ces invitations concernent les impacts d’entreprises en Afrique francophone ; les entreprises ont répondu dans plus de 70% des cas. A titre d’exemple, Areva a répondu aux inquiétudes liées aux impacts de ses mines au Niger sur la santé des populations environnantes et aussi Tenke Fungurume Mining a répondu aux accusations concernant son rôle supposé dans l’évasion fiscale de compagnies minières en République démocratique du Congo (RDC).
Cette procédure encourage les entreprises à s’exprimer publiquement sur les inquiétudes de la société civile, à leur assurer une couverture correcte. Elle permet aussi la comparaison des réponses des différentes entreprises. Même si les réponses varient d’une société à une autre, le simple fait qu’une entreprise réponde démontre une volonté de sa part d’engager publiquement avec la société civile un dialogue sur la problématique des droits de l’homme, alors qu’un refus de répondre peut signifier un manque d’engagement inquiétant sur ce sujet.
L’écrasante majorité – 85% – des inquiétudes pour lesquelles nous avons cherché des réponses concernent les industries extractives, en premier lieu le secteur minier, ensuite les secteurs pétrolier et gazier sur des questions telles que :
Certaines entreprises extractives contribuent également à la promotion des droits de l’homme, au développement et à la bonne gouvernance. En plus des projets de développement local, beaucoup de sociétés participent maintenant à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), favorisant ainsi la transparence des paiements qu’elles effectuent auprès des Etats. Il s’agit d’un progrès important même si on note encore une certaine résistance aux appels de la société civile pour une vérification plus détaillée et plus indépendante des données qu’elles publient.
Le plus grand changement de ces derniers temps vient du secteur agro-industriel. De 2005 à 2011, nous n’avons obtenu qu’une seule réponse auprès d’une compagnie de ce secteur suite à des inquiétudes soulevées par la société civile. Durant ces deux dernières années, le taux a drastiquement augmenté, avec treize (13) cas de ce genre en 2012 et en 2013. A titre d’exemple, au Cameroun, des communautés locales ont affirmé que le projet de plantation de palmiers à huile de Herakles Farms entrainerait le déplacement de milliers de personnes loin de leurs terres, seuls moyens de leur subsistance, et sans une compensation adéquate. Des ONG locales auraient également été harcelées et persécutées à cause de leur opposition au projet. Herakles a répondu en disant que sa plantation n’entrainera le déplacement d’aucun village ou ferme, et qu’il a engagé un dialogue durable avec les communautés affectées. Le projet a connu des retards, sa superficie initiale a été réduite et diverses décisions judiciaires négatives ont été rendues à son encontre. Il a aussi connu d’autres problèmes, et tout cela est en partie dû à l’opposition des communautés environnantes. La très grande critique à l’égard de ce secteur vient également du fait de l’impatience grandissante de la société civile face à l’exploitation des enfants dans les plantations de cacao – phénomène vu comme étant la preuve de l’inefficacité des réponses apportées par les entreprises et les gouvernements. Le bulletin mentionne des exemples positifs venant également du secteur de l’agriculture pour montrer que dans ce domaine aussi, les impacts peuvent être améliorés – par exemple au Mali, la protection des droits des paysans est une partie intégrante du projet de Mali Biocarburant.
Nous nous attendons à voir à l’avenir le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) jouer un plus grand rôle dans les droits de l’homme en Afrique francophone. Déjà, certaines compagnies telles que Microsoft et Zain jouent un rôle positif sur les questions allant de l’éducation à la santé mobile (m-santé). Mais les TIC doivent éviter d’être complices dans des actes de surveillance abusive et autres violations susceptibles d’être commis par les gouvernements.
Le bulletin se termine par des recommandations pratiques pour les entreprises, les gouvernements et la société civile.
Le Dr Aliou Diouf, qui est le Chercheur et le Représentant pour l’Afrique francophone du Centre de Ressources mais aussi l’auteur principal de ce bulletin, a déclaré :
« Les entreprises ont commencé à apprécier leurs obligations à contribuer au développement local et national, à la bonne gouvernance et à la transparence mais également à éviter de porter préjudice aux communautés. Mais très souvent aussi, les entreprises ignorent les droits des communautés locales en détruisant leurs maisons et en exploitant leurs terres sans compensation adéquate ou en utilisant les forces de sécurité pour réprimer violemment leurs manifestations. Face à la croissance rapide de l’investissement en Afrique francophone, le Forum des PDG de l’Afrique représente une opportunité pour les chefs d’entreprises d’affronter ces questions urgentes mais aussi de montrer un nouvel engagement pour le respect des droits de l’homme. »
Gregory Regaignon, le Directeur de recherche du Centre de Ressources a dit :
« Il n’y a plus de doute sur la question de savoir si les entreprises sont obligées de respecter les droits de l’homme et si les gouvernements doivent protéger les personnes contre les abus impliquant des sociétés. Les cas présentés dans ce bulletin montrent les risques à la fois pour les entreprises et pour les communautés lorsque les sociétés ne respectent pas les droits de l’homme. Et aucune société ne peut prétendre ignorer comment le faire – les entrepreneurs doivent seulement consulter tous les outils pratiques et d’orientation ainsi que les exemples de mise en œuvre par les compagnies des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme sur le site internet du Centre de Ressources, et les mettre en pratique. »
F I N
Note pour les éditeurs :
Le site contient des rapports sur les impacts (positifs et négatifs) sur les droits de l’homme de plus de 5500 entreprises réparties dans plus de 180 pays et fournit aussi des outils d’orientation et des ressources pour tous ceux qui travaillent dans ce domaine. Mary Robinson, ancien Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies et ancienne Présidente de l’Irlande, est actuellement la Présidente du Réseau consultatif international du Centre. L’organisation n’accepte aucune subvention venant des entreprises ou des fondations d’entreprise, ceci pour maintenir son indépendance et prévenir tout éventuel conflit d’intérêts.
Mission : Encourager les entreprises à respecter et à promouvoir les droits de l’homme et aussi éviter de porter préjudice aux personnes.
Pour plus d’informations, voir :
(Note : certaines entreprises sont mentionnées à cause d’inquiétudes liées à leurs impacts, d’autres le sont à cause de leurs actions positives.)
| Addax Petroleum
Agritec Anvil Mining Archer Daniels Midland Areva AXA Beny Steinmetz Group/BSG Resources Blattner Elwyn Group Boss Mining Bouygues Cargill CFAO Chemaf China Minmetals CNLC China National Petroleum Corp. China International Water & Electric China Railway Engineering Corp. China Road & Bridge Compagnie Minière du Sud Katanga Coyne & Bellier |
Daewoo Logistics
Danzer Group Delta Protection Electricity Development Corp. ENRC Ernst & Young Freeport-McMoRan Gécamines George Forrest Intl. Glencore Green Waves Herakles Farms/Herakles Capital Hershey HP Jinchuan Group Lundin Mining Mali Biocarburant Malibya Microsoft Nestlé Oil Libya Olam |
Orange
Pallisco Pfizer Procter & Gamble Ruashi Mining Rusal Sanofi SG Sustainable Oils Cameroon Shalina Resources Siforco Sinopec Soco Intl. Somdiaa Sonatel Sosucam Tenke Fungurume Mining Teranga Gold Total Trafigura Vale Zain |
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