Ibrahima Kassory Fofana, premier ministre lors d'une conférence de presse sur le bilan de sa première année à la tête de la primature
Ibrahima Kassory Fofana, premier ministre lors d'une conférence de presse sur le bilan de sa première année à la tête de la primature

Carburant et électricité : le gouvernement Kassory Fofana prépare la flambée des prix

Parmi les réformes pour la mobilisation des ressources internes, le gouvernement guinéen envisage la réduction de la subvention de l’électricité et du carburant qui va être concrétisée avant la fin de ce premier semestre 2019.

L’augmentation des prix, devenue inéluctable, n’est plus qu’une question de jours.

Actuellement, la tendance est à la réduction de la subvention que l’Etat guinéen accorde à la société Electricité de Guinée (EDG).

Et pour cause, le coût de production du Kwh est de 1400FG, alors que le prix moyen de revente est de 700FG, soit la moitié du prix.

Pour combler ce gap, le ministre de l’Economie et des finances, Mamadi Camara et ses collègues du gouvernement avaient envisagé il y a quelques mois plusieurs mesures à concrétiser au cours du premier semestre 2019. «Parce que, argue-t-il, il faut permettre à EDG d’avoir un compte d’exploitation qui tient la route. Il ne faut pas que la société continue de revendre l’électricité à la moitié du coût de production».

Cette réduction de la subvention de l’Edg est l’une des recommandations du Fonds monétaire international (Fmi) pour permettre la mobilisation des revenus et des recettes fiscales.

«Les autorités ont commencé une réforme afin de réduire la subvention de l’électricité pour réduire la charge budgétaire et libérer plus de ressources pour les dépenses prioritaires et afin de s’assurer que les ressources qui sont libérées soient utilisées pour les subventions ciblées pour augmenter les dépenses sociales. Autant avoir une subvention qui bénéficie à tout le monde qu’une subvention qui bénéficie uniquement aux plus riches», indique Georgia Albertin au cours d’une conférence de presse, samedi 4 mai 2019, à Conakry.

Concernant le carburant, le ministre en charge des Hydrocarbures, Zakaria Koulibaly, avertit que l’Etat ne peut pas continuer à supporter les charges liées

à la subvention. «Ce mois de mai, l’Etat a été obligé de subventionner le prix de carburant pour 40 milliards de FG environ, dit-il.

Vous vous imaginez une renonciation à hauteur de 40 milliards de FG ! Ce sont des écoles de moins, des hôpitaux de moins, c’est aussi un dérapage considérable au niveau des finances de l’Etat. Donc, une situation comme ça n’est dans l’intérêt de personne parce que l’Etat si nous voulons qu’il soit efficace dans la mise en œuvre de sa mission, il faut lui donner les moyens».

Accessoirement à la flambée du prix du baril au niveau mondial, actuellement à 59 dollars US, accentué par le risque de crise latent entre l’Iran et les États-Unis, il faut ajouter la dépréciation du Franc guinéen (FG) face au dollar (1 USD pour 9.125FG) sur le marché de change. Cela «a contribué à renchérir le coup d’importation du produit. Donc, ce phénomène n’est pas que guinéen», précise le ministre Koulibaly.

Dans les pays voisins de la Guinée, la Côte d’ivoire a été le premier pays à augmenter le prix le 3 mai. Le Mali l’a fait le 14 mai. La Guinée s’y prépare. Une date n’a pas encore été annoncée.

Mais déjà, une équipe de techniciens chargés d’aménager la structure du prix est à l’œuvre. Le gouvernement veille à ce qu’ils tiennent compte de l’évolution du contexte international pour calculer la structure et lui présenter la physionomie du nouveau prix du litre à la pompe à appliquer à la date qu’il fixera.

En juillet 2018, le prix du carburant avait été revu à la hausse. De 8000FG, le prix est passé à 10.000FG soit 25%. En décembre 2018 le prix a été réduit de 10.000 FG à 9.500FG. A présent, la hausse devient inévitable. En Guinée, c’est devenu une habitude, le gouvernement n’est prompt à appliquer la flexibilité des prix que lorsque la tendance est haussière. Une très mauvaise nouvelle pour les consommateurs habitant la capitale Conakry et ceux des localités de province qui seront impactés. Surtout pour les ménages pauvres et très endettés qui parviennent difficilement à bouillir la marmite deux fois par jour en cette saison des pluies.

Par Le Populaire

Apropos Alpha Oumar Diallo

Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

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