Fodé Diakité, président de l’de l’association guinéenne pour l’unité et la Transparence (AGUT)
Fodé Diakité, président de l’de l’association guinéenne pour l’unité et la Transparence (AGUT)

Le 13 janvier à 00h00, la législature est terminée et, par conséquent, le mandat du pouvoir législatif, c’est-à-dire le contrat signé avec le peuple de Guinée. Le bilan des 114 députés élus cinq ans pour servir notre pays au cours de la période qui vient de s’achever est-il positif ?  qu’ est-ce qu’ils ont travaillé pour promouvoir l’amélioration des conditions de vie des citoyens censés représenter, la consolidation de l’état, du droit démocratiques et la création d’un cadre de coexistence pacifique dans notre pays, la République de Guinée.

Actuellement, la Guinée est plongée dans une situation d’instabilité et de conflit préoccupants qui  met gravement en danger la démocratie fragile du pays obtenue après une longue dictature suivie d’une douloureuse période de transition.

Comme nous nous en souvenons tous, le 5 février 2018, il y a eu des élections municipales au cours desquelles le parti au pouvoir n’a gagné dans aucun des cinq districts de Conakry, la capitale. Et en réponse à ce fait, des mouvements  ont essayé d’invalider les résultats devant la passivité du président

Il est inquiétant que ni le président de la République ni aucun des 114 députés qui forment le pouvoir législatif n’aient rien dit contre ces manœuvres suspectes, mais il est encore plus inquiétant noter que le président compte demander à la Cour constitutionnelle de prolonger la période qui vient de se terminer créant un dangereux précédent violant ainsi la législation en vigueur

Il est préoccupant et beaucoup que, malgré la situation critique dans laquelle se trouve notre pays, aucun député, pas même un seul, n’a été en mesure de présenter une seule proposition fiable, malgré les innombrables défis auxquels nous devons faire face pour faire sortir notre pays du bourbier dans lequel il se trouve, démontrant ainsi un manque absolu de patriotisme et de confiance envers les institutions dont ils font partie. Mais il est encore plus inquiétant de constater que, lorsque quelqu’un s’est manifesté publiquement, c’est pour défendre sa propre position, qui équivaut à dire défendre ses propres intérêts.

       A ce moment, le pays présente la radiographie suivante:

– Un parlement en attente, c’est-à-dire inactif.

– Sur les 342 mairies du pays, 14 ne sont toujours pas constituées après les élections communales tenues il y a presque un an.

– La coexistence interethnique est fragile, car nous n’avions toujours pas de cadre juridique et politique pour la promouvoir et la protéger.

Face à un tel tableau sombre, tout ce qui est arrivé à notre président est d’envisager de prolonger le mandat récemment terminé, sans tenir compte du mauvais équilibre
de leur travail, laissant en suspens la date de convocation des prochaines élections législatives. C’est une décision qui, à mon avis, au lieu de fournir le calme et la sérénité dont notre pays a besoin à l’heure actuelle, constitue une menace sérieuse pour notre démocratie, dans la mesure où elle va intensifier la flamme du conflit et l’instabilité. C’est comme si notre président agissait à la fois comme un pyromane et un pompier.
Lorsqu’un politicien au pouvoir adopte la mauvaise voie, sa première action est généralement de changer la constitution en sa faveur, en sautant les lois qu’il a juré de respecter pour rester au pouvoir,  les laissant sans valeur. Ce type d’action s’appelle fraude judiciaire

J’espère que notre président n’adopte  pas cette voie de l’illégalité constitutionnelle.
Et comme les problèmes de subsistance de la population ne font qu’aggraver, de plus en plus de gens sont plongés dans l’aventure de l’immigration, risquant leur vie dans la clandestinité et sans aucune  opportunité de recevoir une inhumation digne, conformément aux préceptes de notre religion

Le panorama décrit, grosso modo, suscite de vives inquiétudes et suscite beaucoup d’incertitude parmi la population et les investisseurs potentiels susceptibles de s’intéresser à certains des secteurs très attractifs de l’activité économique du pays. L’État démocratique qui nous coûte si cher est en danger.

   C’est pourquoi je lance l’appel suivant:

  1. Aux représentants du peuple guinéen pour participer à la préservation de notre ordre constitutionnel et lutter pour maintenir la légalité en vigueur afin d’éviter la perte de prestige international de notre pays et d’éviter l’apparition d’un nouveau conflit catastrophique  provoquant une régression des acquis déjà obtenus.
  2. A tous les Guinéens et à tous les Guinéens conscients de la gravité de la situation actuelle afin que nous puissions nous élever et faire entendre notre voix contre le mauvais gouvernement dont nous sommes victimes et assumer notre destin de manière civique et pacifique afin de rétablir la normalité effective des institutions et du gouvernement.
  3. A toute la diaspora guinéenne disséminée dans le monde entier, de sorte que, si l’extension de la législature est confirmée, nous demandons le renvoi et le retour de nos ambassadeurs dans le pays, à titre de mesure de protestation et de pression contre la situation actuelle.
  4. Au président Alpha Condé, rappelons qu’il s’est battu pendant 45 longues années pour la démocratisation de notre pays et recouvre les valeurs qui l’inspiraient et le poussaient à s’engager dans ce travail digne et admirable, et à ne pas être manipulé. Qu’il utilise ses capacités intellectuelles et morales pour ne pas décevoir les Guinéens et les Guinéens qui lui ont fait confiance
  5. Nous demandons à notre président de laisser un bon souvenir et une bonne image de sa figure dans la mémoire de son peuple afin qu’il puisse servir d’exemple aux générations suivantes
  6. Aux dirigeants sociaux, culturels, religieux et économiques, je vous demande d’utiliser leurs influences respectives pour calmer les esprits et ramener le calme et la paix sociale dans notre pays, valeurs indispensables pour continuer à envisager notre avenir avec optimisme.
  7. Enfin, je m’adresse aux membres des hautes instances de notre État afin qu’ils comprennent qu’ils sont les principaux responsables du bon gouvernement et du destin du pays et de sa population.

Nous ne pouvons et ne devons pas tomber dans l’irresponsabilité de laisser notre pays sombrer à cause d’un clan ou d’un groupe de bandits et de criminels infidèles, qui agissent uniquement en raison de leurs intérêts égoïstes et peu favorables, se consacrant à la vente de fausses illusions et au déshonneur de la République. Créant, pour leur propre bénéfice, la méfiance, la haine et la confusion parmi nous, provoquant ainsi une situation dans laquelle la grande majorité des citoyens et citoyennes sont des victimes innocentes et étrangères à la cause qui l’a provoquée.

VIVE LA GUINEE !!


VIVE LA PAIX !

Fodé  Diakité.

 Résident de la diaspora, président de l’AGUT.